La photographie publiée dans la dernière livraison de Paris-Match, montrant des combattants talibans qui posent devant l'objectif affublés des
prises de guerre qu'ils ont faites, a suscité une nouvelle polémique en France.
Cette polémique est révélatrice à un double titre. D'abord en ce qu'elle révèle de l'état de l'opinion française quant à son armée : des militaires, oui, pour défiler sur les Champs-Elysées tous
les 14 juillet, tuer quelques émeutiers africains, pourquoi pas, mais engagées sur des théâtres de conflits, vraiment pas. C'est une insulte aux soldats vivants, et encore plus aux morts, que de
remettre en cause la pertinence de l'engagement de l'armée française, et plus encore le leur, dans des opérations conjointes qui révèlent l'importance accordée au dispositif militaire
français.
Ensuite, cette polémique démontre la cécité française face au monde. Les mêmes qui brocardent l'isolationnisme américain, se voile la face quand on leur montre ce qu'est le monde
actuellement.
La photo montrant des talibans couverts d'uniformes français est choquante, mais elle a le mérite de révéler qui sont ces gens, tant on a tendance à l'oublier en ce moment. Oui, ce sont eux que
nos soldats affrontent, des groupes de civils (comment distinguer pertes civiles et pertes combattantes puisqu'aucun ne combat en uniforme ?), luttant viscéralement et archaïquement, pillant,
égorgeant, paradant dans les dépouilles des victimes.
Toutes comparaisons gardées, on retrouve là l'essence des images des soldats américains de la Delta Force, traînés nus et morts, dans les rues de Mogascio : choquantes oui, mais encore une fois
révélatrices de ce qu'on affronte... nécessairement.
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Dimanche 7 septembre 2008
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18:19
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L'intervention supposée de Nicolas Sarkozy pour faire muter le responsable de la sécurité en Corse à la suite de l'investissement de la maison
de son ami Christian Clavier fait scandale. Comment est-ce possible qu'en République, en démocratie, en France quoi, le chef de l'Etat puisse confondre charge publique et relations privées ?
Ce qui est surprenant c'est la coïncidence de cette agitation médiatique avec le voyage du président de la République en Syrie, mettant ainsi fin à l'ostracisme dans lequel la France avait placé
ce pays.
Pourquoi cette mise à l'écart ? Parce ce que le régime de Damas était soupçonné par le président de la République d'alors - Jacques Chirac - d'avoir commandité et/ou fait réaliser l'attentat qui
a coûté la vie à Rafic Hariri, alors premier ministre du Liban.
Or, M. Hariri était un ami personnel de Jacques Chirac et ce dernier, contre toute logique diplomatique, a fait passé ses sentiments personnels avant les intérêts du pays qu'il dirigeait. La
question est autrement plus lourde que le limogeage du premier flic de Corse puisque la Syrie est fortement soupçonnée d'être à l'instigation de certains des attentats qui ont frappé Paris dans
le milieu des années 1980... période durant laquelle Jacques Chirac était premier ministre.
La confusion entre mission publique et intérêts privés est toujours de mise s'agissant de l'ancien président, qui demeure dans un appartement mis à sa disposition par la famille Hariri depuis la
fin de son mandat.
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Mercredi 3 septembre 2008
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13:44
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Un site internet (http://dev.igenea.com/index.php) propose de découvrir ses
origines par le biais d'une analyse ADN. L'en-tête du site est ainsi rédigé : " Voulez-vous savoir d’où vous venez?
Peut-être avez-vous des racines celtes, vikings ou juives ? Un échantillon de salive suffit pour
déterminer votre origine du côté maternel et paternel. Après analyse de votre ADN, vous obtiendrez un résultat détaillé vous donnant votre peuple d’origine, votre pays d’origine et votre
haplogroupe. Le résultat contient des cartes et des explications précises."
Ne reste plus qu'à se procurer un peu de salive de telle ou telle personne pour connaître ses "vraies" origines... on se croirait dans le film Bienvenue à Gattaca dans lequel les gens
sont estimés à partir de leur patrimoine génétique...
Sans commentaire...
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Lundi 1 septembre 2008
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Sans esprit partisan, il convient de saluer le génie politique quand on le voit s'appliquer. Le choix par John McCaine de son vice président
est un coup de maître : une femme, conservatrice, mariée à un Inuite, mère d'enfants métis... Alors que Barack Obama a
fait un choix défensif en sollicitant Joe Biden, pour palier son inexpérience en politique internationale, McCain fait un choix offensif qui prive Obama de la plupart des arguments qu'il aurait
pu utiliser.
Mère de métis, Sarah Palin, ne pourra pas s'en faire remontrer en termes de diversité, pour reprendre un terme français, et McCain coupe l'herbe sous le pied de son rival en matière d'ouverture
"raciale". En choisissant une femme, le candidat républicain tend la main à toutes celles et tous ceux des démocrates qui auraient bien voulu voir une présidence démocrate féminine, en la
personne d'Hilary Clinton.
Mais là où il y a génie, c'est que dans le même temps, tout en donnant des gages à la gauche du spectre politique américain, en rendant sa candidature jouable pour beaucoup de démocrates, il
choisit une personnalité très marquée à droite, notamment sur la question des armes à feu et celle de l'avortement, contrebalançant ainsi son image trop centriste pour une partie de l'électorat
républicain.
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Samedi 30 août 2008
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La concomittance de deux événements dramatiques vient mettre en lumière une nouvelle fois l'ambiguité dans le traitements médiatiques des faits
divers.
Une tornade ponctuelle et particulièrement dévastratrice a jeté à bas de nombreuses maisons dans village d'Haumont (Nord) et alentour. Quasiment au même moment, un bébé a été tué dans les bras de
sa mère, frappé par un caillou jeté du haut de la falaise de Bonifacio par deux adolescents.
Dans un cas, perte de matériel ; dans l'autre, perte d'un nouveau né dans les propres bras de sa mère. On aurait pu imaginer que l'accent aurait été mis sur le désespoir de la mère et du père de
l'enfant... Et bien non. Les journaux télévisés se sont délectés des pleurs, du désarroi, de la détresse des gens ayant perdu qui leur maison, qui leur voiture, qui leur équipement ménager.
Quant aux parents de l'enfant tué en Corse, nulle nouvelle, pas d'envoyés spéciaux filmés "en direct" devant la maison du couple martyrisé, pas d'enquête de voisinage, chez le boucher, le
boulanger, comme à l'accoutumée dans ce genre de circonstances...
Pourquoi ? Il faudrait poser la question aux responsables de rédaction. C'est d'autant plus surprenant qu'en la matière il a été impossible de distinguer le service public des chaînes
commerciales de télévision. Il est peut-être stupide, comme le disait le président de France télévision, d'affirmer qu'il y avait peu de différences entre service public et chaînes
commerciales ; c'était pourtant le cas cette fois... à la seconde près.
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Samedi 9 août 2008
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