Vendredi 2 mars 2007
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La mondialisation est parfois tenue en France pour le nouvel épouvantail. Ses dimensions sont pourtant multiples : économique (la grande menace), mais aussi culturelle (l'arrivée de la "World music" qui nous permet d'apprécier Ali Farka Touré, Nusrat Fateh Ali Khan ou Toumani Diabaté), gustative (mangues, longans, kakis... et autres délices exotiques en vente sur nos marchés).
S'agissant de l'économie, on notera trois points qui nous concernent plus particulièrement en France. En premier lieu, si la mondialisation des marchés du travail provoque sans nul doute une remise en cause des normes du travail dans les pays occidentaux, dans un mouvement inverse, elle conduit à l'imprégnation du droit du travail occidental dans les pays en développement - en particulier en ce qui concerne la prohibition du travail des enfants.
En second lieu, il peut paraître contradictoire de promouvoir l'aide au développement à coup de grands discours, en insistant sur l'émergence d'une autosuffisance économique dans des pays longtemps stigmatisés pour leur attentisme et - dans le même souffle - pousser des hauts cris quand ces mêmes pays, devenus compétitifs, vendent sur nos marchés domestiques des produits moins chers que ceux que nous produisons.
Le problème, et c'est le troisième point, ce n'est pas que tel ou tel pays nous vende, par exemple, des vêtements à bas coûts ; le problème c'est qu'aujourd'hui, en France, on fabrique encore des vêtements à la chaîne. Il y a belle lurette qu'Alfred Sauvy a postulé la théorie du déversement : les emplois perdus dans les secteurs en perte de vitesse doivent se déverser dans les secteurs les plus compétitifs. Encore faut-il pour cela que le système de formation - initiale et continue - s'ajuste aux évolutions de la connaissance : technologique, scientifique, sociale.
Par Robert H.
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Jeudi 1 mars 2007
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16:44
L'un des des leitmotivs des personnes publiques en France, le passage obligé de toute prise de position, est qu'il manquerait de personnels dans les hôpitaux. Le problème est qu'on nous ne dit jamais de quel type de personnel il s'agit : personnels de soins ? administratifs ? techniques ?
La Cour des Comptes vient de rappeler que sur les 743 471 agents composant la fonction publique hospitalière, 80 % appartiennent au personnel soignant (dont 53 340 au personnel médical), les 20 % restant se répartissant entre les personnels administratifs, socio-éducatifs, ouvriers et techniques. Elle a également rapporté que le personnel non soignant se compose à 38 % de personnels administratifs (y compris les secrétaires médicales, dont les 22 000 membres exercent en majeure partie leur activité dans les services de soins), de 6 % de personnels socio-éducatifs et de 56 % d’agents des services ouvriers et techniques.
C’est ce dernier chiffre qui pose particulièrement problème : plus de 87 000 personnes travaillent dans les services ouvriers et techniques alors que 35 000 agents appartiennent au personnel médico-technique. Les personnels des services ouvriers et techniques sont affectés dans les services support des hôpitaux qui, longtemps, ont tendu vers l’autonomie, pour ne pas dire l’autarcie, en internalisant l’ensemble des activités nécessaires à leur fonctionnement : bâtiment, restauration, automobile, blanchisserie, entretien, etc. La filière médico-technique, quant à elle, est composée des personnels chargés de faire fonctionner les plateaux techniques des hôpitaux : imagerie médicale (radiologie, scanner, IRM…), pharmacie, laboratoires, stérilisation, rééducation. On y trouve ainsi des manipulateurs en électroradiologie médicale, des laborantins, des techniciens de laboratoire, des kinésithérapeutes…
En d’autres termes, dans les hôpitaux publics français, il y a deux fois plus de salariés dédiés à l’entretien des voitures et des jardins, à la fabrication des repas, la blanchisserie et le ménage, que d’agents dont le rôle est d’assurer le fonctionnement des laboratoires, des scanners et des IRM, de préparer et de distribuer les médicaments. Ce constat est d’autant plus préoccupant que le recours des hôpitaux publics aux entreprises de travaux et de maintenance ne se dément pas… loin de là.
L'hôpital manque-t-il alors de personnels ? Ou bien en a-t-il trop dans certains domaines ? A l’heure où l’activité des hôpitaux est soumise à une pression financière sans précédent, on peut se demander s’il est bien raisonnable de continuer de faire prendre en charge toutes les activités support par des personnels des établissements de soins.
Par Robert H.
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Mercredi 28 février 2007
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La ligne 6 du métro parisien (Nation/Charles de Gaulle Etoile) devient aérienne au passage de la station Bercy. On peut apercevoir, admirer pour certains, le Palais omnisport Paris Bercy (POPB), à l'architecture caractérisée par des toits en pente couverts d'herbe.
Le lecteur attentif du Canard Enchaîné ne peut s'empêcher de se rémémorer les commentaires de ce redoutable journal d'investigation faits durant le chantier de construction : erreurs multiples, manque de centimètres empêchant l'homologation par les ligues sportives nationales et internationales, experts en horticulture (si, si, ça existe...) affirmant l'impossibilité pour l'herbe de pousser dans de telles conditions, supputations multiples sur le gouffre financier qu'allait constituer ce nouveau projet pharaonique...
Or le succès du POPB ne s'est pas démenti : spectacles, concerts, tournois divers, de la neige, de l'eau, du ski, de la planche à voile... la liste est longue des activités accueillies, des salles combles. Qui pourrait aujourd'hui argumenter sérieusement sur l'échec du POPB ? A l'extérieur, le spectacle est original et tout aussi heureux : des pans entiers de gazons poussant dans des conditions extrêmes, comme une préfiguration des murs végétaux de Patrick Blanc, une revanche de la nature sur le béton.
Morale de l'anecdocte ? On aimerait voir dans le Canard Enchaîné un véritable hebdomadaire d'investigation, plutôt que le croisement surprenant entre l'émission Combien ça coûte animée par Jean-Pierre Pernaud et une feuille de choux d'extrême droite dénonçant à longueur de colonnes gachis éhontés, prévarication des élites, et pourriture du régime démocratique.
Par Robert H.
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Mardi 27 février 2007
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16:59
Ce matin, sur France Inter, une chronique de Bernard Guetta encore plus ébouriffante qu'à l'ordinaire. Il ne s'agit pas cette fois de nous décrypter les arcanes de telle ou telle dictature et de nous expliquer en quoi l'immobilisme est la solution la plus subtile et la plus pertinente. Non, ce matin, il attirait notre attention sur un arrêt de la Cour de Justice internationale de La Haye ayant qualifié de génocide le massacre de Srebrenica.
Pour bien nous faire comprendre que l'usage de ce mot est erroné (ce en quoi il a raison au passage), il nous dit que : "...un génocide est le meurtre d’un peuple, comme cela s'est produit au XXème siècle contre les Arméniens, les Juifs, les Tsiganes et les Hutus." Oui, les hutus... victimes d'un génocide. Vérification faite sur le site internet de France Inter (http://www.radiofrance.fr/franceinter/chro/geopolitique/), c'est bien des Hutus qu'a parlé Guetta.
Faut-il rappeler qu'au Rwanda, il y a un peu plus de dix ans, plus de 800 000 personnes - la quasi-totalité appartenant à l'ethnie des Tutsis - ont été massacrées, les meurtriers appartenant dans leur quasi totalité à l'ethnie des Hutus ? Depuis ce matin, aucune rectification apportée à cette énormité. En est-ce bien une au fond ? Dans l'obsession de réhabiliter l'intervention française au Rwanda, n'y a-t-il pas une forme de glissement freudien manifesté par cette incongruité ?
Par Robert H.
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Mardi 27 février 2007
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14:43
Ni gauche ni droite, voilà qui semble - provisoirement en tout cas - emballer une part non négligeable des français sondés : François Bayrou surfe sur ce slogan qui n'est pourtant pas vide de sens.
"Ni gauche ni droite, Français". C'était l'affirmation tonitruante de l'extrême-droite française il n'y a pas si longtemps. C'est aussi l'axiome du centrisme historique, celui de la quatrième république et de son instabilité institutionnelle. Pour paraphraser Winston Churchill, on pourrait dire que la Vème République est le pire des régimes pour la France à l'exception de tous les autres. C'est à elle qu'on doit la stabillité et l'alternance politiques. Les vieux démons du parlementarisme échevelé sont toujours présents en France : il n'est que de voir le nombre de candidats cherchant à se présenter à la prochaine échéance électorale.
Ni gauche ni droite, un slogan patelin et débonnaire ? Gentil comme tout et conciliant ? Sûrement pas. C'est l'honneur des politiques d'avancer découverts et d'assumer ce qu'ils sont. Depuis quelques années, on a semble-t-il perdu de vue que la démocratie c'est proposer un projet aux électeurs et, une fois élu, de le mettre en oeuvre. Pas de faire croire qu'on contentera tout le monde.
Par Robert H.
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