Mercredi 21 février 2007 3 21 /02 /Fév /2007 15:04

On peut espérer que si Ségolène Royal était élue les contraintes de la vie politique et de l'environnement international la conduiraient à modifier son discours et sa pratique.

Pour l'heure, sa campagne glace le sang. Non pas en raison de son inexpérience (bien réelle), de ses bourdes (suprenantes à ce niveau) ou de ses propositions, mais des outils symboliques qu'elle instrumente.

Ségolène Royal utilise une partie du décorum et du discours fascistes. La couleur blanche, la présence solitaire du chef dans les meetings, l'introduction des termes de "propreté", de "pureté" même, dans le débat politique, ne peuvent manquer de résonner historiquement d'une façon malsaine. L'association de certaines termes contradictoires - "Ordre juste" par exemple - sonne comme des mots d'ordre de dictature sud-américaine des années 1960.

Pureté et politique ne font pas bon ménage, à l'aune des critères des démocrates en tout cas. Son positionnement est d'autant plus surprenant venant d'une personnalité politique classée à gauche, censée donc représenter le multiculturalisme, le cosmopolitisme... l'internationalisme, s'agissant du parti socialiste français encore pétri de marxisme. On préférera y opposer le "Plaidoyer pour la décadence" de Raymond Aron, le caractère incomplet, insatisfaisant, inachevé, des démocraties... le pire des régimes à l'exception de tous les autres pour reprendre l'aphorisme de Winston Churchill.

Par Robert H. - Publié dans : robert.holcman
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Lundi 5 février 2007 1 05 /02 /Fév /2007 18:06

Philippe Douste-Blazy, ministère des Affaires étrangères, vient de répercuter la forte parole présidentielle quant à l'innocuité de la future arme atomique iranienne. Comme à l'accoutumée, le génie français s'est niché dans la terminologie.

Utiliser le terme de "Nucléaire employé à des fins non militaires" pour qualifier la démarche de l'Iran qui serait acceptable par la communauté internationale, c'est à la fois prétendre ne pas avoir tergiversé sur les principes qui gouvernent la démarche de sanctions menées au Conseil de sécurité des Nations unies et à la fois accepter que l'Iran détienne l'arme atomique.

Il suffirait qu'ils y mettent un peu du leur, Chirac et Douste-Blazy viennent de leur montrer la voie : l'arme nucléaire française étant réputée être une arme de "non-emploi", elle peut donc être qualifiée de "Nucléaire employé à des fins non militaires". L'Iran n'aurait plus qu'à déclarer qu'à l'instar de la France, son armement atomique n'est qu'une arme de dissuasion censée prévenir les intérêts vitaux de l'Iran.

A ceci, de mauvais esprits (j'en suis !) objecteront que le concept de dissuasion du fort au faible de la France, sa doctrine de non-emploi, sont à ce point incompréhensibles par de potentiels ennemis, que la France s'est dotée d'armements nucléaires tactiques (employables sur un champ de bataille) et d'un corps de doctrine ("l'ultime avertissement") justifiant l'emploi éventuel de bombes atomiques de moindre puissance... Jacques Chirac est même allé plus loin encore. Dans son discours du 19 janvier 2006 aux forces aériennes et océanique stratégiques de Landivisiau/l'Ile Longue (Finistère), il a affirmé que : "...les dirigeants d'Etats qui auraient recours à des moyens terroristes contre nous, tout comme ceux qui envisageraient d'utiliser, d'une manière ou d'une autre, des armes de destruction massive, doivent comprendre qu'ils s'exposent à une réponse ferme et adaptée de notre part. Et cette réponse peut être conventionnelle. Elle peut aussi être d'une autre nature." En d'autres termes, la France pourrait utiliser ses armes atomiques contre des Etats envisageant de recourir à des armements non conventionnels pour s'en prendre à elle.  Pour une doctrine censée être de "non-emploi", du "Nucléaire employé à des fins non militaires", c'est bien guerrier...

Pour dissiper le doute, il suffirait que les autorités françaises utilisent la terminologie employée jusque là, en opposant le nucléaire civil (centrales fournissant de l'énergie) au nucléaire militaire (armement atomique, quel que soit son emploi). Mais le problème est que la France a envoyé 1 600 militaires au Liban et qu'elle craint les représailles de l'Iran via le Hezbollah (qui a déjà à son tableau de chasse un ambassadeur et plus d'une centaine de militaires français). En d'autres termes, Jacques Chirac a poussé des hauts cris durant la guerre au sud-Liban de l'été dernier, exigeant l'envoi de casques bleus ; maintenant qu'ils y sont, il se rend compte du piège dans lequel il a mis la France et flatte l'Iran pour obtenir sa mansuétude. Du beau boulot pour le "dirigeant le plus expérimenté au monde", comme l'affirment certains médias français.

Par Robert H. - Publié dans : robert.holcman
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Vendredi 2 février 2007 5 02 /02 /Fév /2007 18:50

Climatologues et météorologues sont des gens surprenants : incapables de prévoir le temps exact qu'il fera dans quelques jours, ils parviennent en revanche à nous dire la température que l'on supportera dans cent ans.

Il y a une quinzaine d'années, ils démentaient - chiffres à l'appui - le constat que tout un chacun pouvait faire de sa fenêtre : le temps se dérègle et il fait plus chaud. Quelle bêtise ce populo à ressasser qu'il n'y a plus de saisons et qu'avec leur bombe ils nous ont déréglé le climat... nous faisait-on comprendre.

Aujourd'hui, c'est l'inverse : c'est à celui qui aura les arguments les plus convaincants pour nous expliquer ce que - encore une fois - nous pouvons tous constater : il fait plus chaud et les événements climatiques violents s'accroissent. C'est à celui qui fera preuve du plus grand catastrophisme, sans toutefois convaincre sur l'essentiel : les bouleversements climatiques à l'oeuvre sont-ils le résultat exclusif de l'activité humaine ou bien y a-t-il d'autres facteurs explicatifs ?

Par Robert H. - Publié dans : robert.holcman
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Jeudi 1 février 2007 4 01 /02 /Fév /2007 19:28

Jacques Chirac vient de nous refaire une des bourdes dont il a le secret. En 1986, déjà, en pleine vague d'attentats à Paris, il avait affirmé que tout cela n'était que de la "petite bière" (!) en comparaison des ravages que l'islamisme était susceptible de provoquer.

Aujourd'hui, il fait savoir (et essayer de corriger) que le fait que l'Iran possède une bombe atomique n'a au fond que peu d'importance parce qu'à l'instar des pays qui l'ont actuellement elle n'oserait pas l'employer. A titre d'exemple, il signale qu'à partir du moment où une bombe atomique serait partie de son territoire vers Israël, il ne faudra que quelques minutes pour que Téhéran soit rasée. Bon... Mais la bombe atomique partie à destination d'Israël, que deviendrait-elle ? Elle irait exploser sur un territoire grand comme deux départements français et peuplé de huit millions d'habitants !

Quant à la certitude que l'Iran n'utiliserait pas une arme, dissuasive par essence (dans le corpus des militaires et des responsables politiques français), souvenons-nous que durant la guerre Iran/Irak, les deux pays ont utilisé la totalité de leur arsenal - gaz asphyxiants compris. Si l'Irak n'avait pas été privé de l'arme nucléaire par l'attaque israélienne sur le réacteur Osirak (livré par la France...), il est probable qu'il l'aurait utilisé ; si l'Iran avait possédé l'arme atomique, qui peut croire qu'elle ne l'aurait pas utilisée ?

Ce que tout cela signifie ? D'une part que le bilan international de Chirac a été outrageusement surestimé (quand, il faut le reconnaître, son bilan intérieur a été sous-estimé) et, d'autre part, que bon nombre de dirigeants occidentaux sont disposés à passer Israël par pertes et profits si nécessaire... et qu'Israël a bien raison de ne compter que sur lui-même.

Par Robert H. - Publié dans : robert.holcman
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Lundi 29 janvier 2007 1 29 /01 /Jan /2007 19:09

On a tout, ils n'ont rien ; et pourtant, ils sont heureux et nous ne le sommes pas. Retour du Sénégal, l'un des pays africains qui s'en sort le mieux. La pauvreté est saisissante, l'échelle des valeurs bouleversée.

Et pourtant, les malheureux semblent se trouver dans les autocars et les privilégiés pieds nus dans la poussière. Nos visages sont tristes, nos corps tendus et corsetés, le poids du monde sur nos épaules, alors que leurs visages sont resplendissants de sourire, leur démarche gracieuse et libérée.

Notre organisation sociale est sans pareil, la protection des plus faibles, le niveau des services de santé, la qualité de la nourriture des quelques pays les plus développés sont sans équivalents dans le monde. Mais il semble que ce soit au prix de notre développement personnel, de notre richesse intérieure, comme si la quasi perfection de notre structuration collective nous coûtait infiniment.

Par Robert H. - Publié dans : robert.holcman
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