Samedi 1 novembre 2008 6 01 /11 /Nov /2008 18:59

Les commentaires médiatiques consacrés à la campagne présidentielle américaine, l'enthousiasme quasi compulsif qui a saisi les leaders d'opinion en France, se colore - si l'on ose dire - d'une teinte paternaliste qui confine au racisme.

Sans s'arrêter à s'étonner de l'unanimisme - toujours suspect - quant à la nécessité absolue que constituerait l'élection de Barak Obama à la présidence des Etats-Unis, et les perspectives presque miraculeuses qui en découleraient, force est de constater que les observations et les interviews menées sur place brossent le portrait d'une communauté noire "évidemment" prête à voter pour le sénateur Obama.

En d'autres termes, un noir américain est censé voter pour Obama parce que ce dernier est métis et que l'électeur concerné est noir. On ne peut imaginer qu'un noir américain ait des idées de droite, qu'il souhaite voter pour MacCain, ou même que les idées réactionnaires de Sarah Palin le séduisent... au fond qu'un noir ait le loisir d'être rétrograde, passéiste, vieux jeu si l'on veut.

De même, les interviews menées "sur le terrain", rapportent les propos de gens simples, le plus souvent vivant dans les états du sud, et - de façon préférentielle - ayant l'âge d'avoir vécu la ségrégation. Ce portrait là est infâmant pour les noirs américains, pour la variété de leur situation sociale, de leurs opinions, de leurs aspirations, de leur humanité en somme. On aurait aimé entendre aussi des avocats, des médecins, des présentateurs télé... des partisans de MacCain et - surtout - d'Obama, votant pour d'autres raisons que celles renvoyant inlassablement à la couleur de leur peau.

Le plus étonnant est que ce traitement médiatique provienne de la France, pays où la représentation des minorités - celle des noirs en particulier - n'a rien de comparable avec celle que l'on constate aux Etats-Unis. Le paternalisme véhiculé dans les commentaires actuels est d'autant plus insupportable que la France est loin, très loin, d'égaler les Etats-Unis en termes d'intégration des populations noires.

Par Robert H.
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Vendredi 31 octobre 2008 5 31 /10 /Oct /2008 19:02
La relative inexpérience de Barak Obama, pour l'heure favori des sondages dans la campagne présidentielle américaine,  ne fait mystère pour personne. Le risque de cette inexpérience ne fait pas davantage de doute : par le passé, l'élection de présidents américains réputés faibles ou inexpérimentés a provoqué des secousses géopolitiques majeures. L'élection de Jimmy Carter a été immédiatement suivie de la prise en otage des membres de l'ambassade des Etats-Unis en Iran et de l'invasion de l'Afghanistan par l'Union soviétique ; celle de Georges Bush a été saluée par les attentats du 11 septembre 2001.

Mais que de hauts responsables américains, qui plus est appartenant au parti politique du prétendant au poste suprême, mettent en avant ce manque de familiarisation avec la politique de haut niveau laisse pantois.

Ainsi, Joe Biden, candidat au poste de vice-président aux cotés de Barak Obama a-t-il déclaré être persuadé que l'élection de ce dernier donnerait lieu à des événements internationaux destinés à tester la volonté et la résistance du président nouvellement élu : Russie (avec l'éventuelle envahissement de l'Ukraine !!!) ; Iran ; Corée du Nord... Il a ainsi brossé le paysage des risques qui adviendrait en cas d'élection du sénateur Obama.

De même, Bill Clinton, dans un meeting de soutien organisé en Floride, a textuellement dit que Barak Obama avait pris contact avec Hillary Clinton et lui-même afin de savoir quoi dire quant à la crise financière actuelle. On peut observer ironiquement qu'avec de tels soutiens Obama n'a pas besoin d'ennemis politiques... On peut à l'inverse inférer que son élection suscite une inquiétude que les ténors de son propre camp n'arrivent plus à masquer.

Par Robert H.
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Dimanche 19 octobre 2008 7 19 /10 /Oct /2008 18:09
Les suites politiques apportées au match amical de football entre la France et la Tunisie, en particulier les recommandations quant aux réactions que les autorités fédérales devraient avoir en cas de réitération des sifflements de l'hymne national, ont suscité un flot de commentaires concernant l'impossibilité pratique qu'il y aurait à interrompre un match pour ce motif.

Si l'argument de la sécurité n'est pas à négliger - n'y aurait-il pas danger à faire évacuer des dizaines de milliers de personnes frustrées d'une rencontre attendue et payée ? - il est sans doute surestimé : les forces de police sont habituées à gérer des match de footbal difficiles, dont on craint les débordements entre groupes de supporters opposés.

Le second argument - cette fois plus spécieux - établit qu'il serait impossible de déterminer quand procéder à l'annulation du match en cas de sifflements au moment où l'on joue la Marseillaise. Quel critère objectifs choisir ? Le nombre de décibels ? Le nombre de "siffleurs" ? La durée des sifflements ?

En réalité, la question se pose déjà dans le cas d'insultes racistes proférées contre certains joueurs : les arbitres sont désormais habilités à interrompre un match... on leur a suffisamment reproché - à juste titre - de ne pas le faire quand cela s'est produit. On pourrait dès lors retourné les mêmes arguments : quels critères objectifs choisir en cas d'insultes racistes ? Le nombre de supporters qui en profèrent ? Leur répétition ? La nature de ces insultes préalablement recensées dont certains entraîneraient l'interruption d'un match et d'autres pas.

Pire encore, les manifestations du racisme dans les stades passent souvent pas des bruits ou des onomatopées : pour insulter des joueurs noirs certains supporters imitent des cris de singe ; les adversaires du club de l'Ajax d'Amsterdam aux Pays-Bas, quant à eux, imitent le sifflement du gaz entre leurs dents en référence au soutien supposé de la commmunauté juive à ce club. Que faire alors dans ces cas là ? Comment déterminer que tel cri est censé imiter les cris d'un singe ? Que tel chuintement est une référence abjecte aux chambres à gaz ?

La réponse, s'agissant des insultes racistes qui empuantissent les stades de football, repose sur le bon sens, l'appréciation des arbitres quant au caractère massif et réitéré de ces insultes. Pourquoi n'en serait-il pas de même s'agissant des sifflements contre l'hymne national français ?
Par Robert H.
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Jeudi 16 octobre 2008 4 16 /10 /Oct /2008 10:28
La Marseillaise a donc été une nouvelle fois sifflée, les joueurs de l'équipe de France de football hués, d'autant conspués qu'ils étaient issus du pays dont la France affrontait la sélection nationale, en l'occurrence la Tunisie. Fait nouveau, le pouvoir politique s'est emparé immédiatement de l'affaire et a contribué par là à une médiatisation plus marquée que celle qui avait accompagné les sifflements contre la Marseille durant les matchs amicaux contre l'Algérie et le Maroc. Gesticulation politique ? Et alors ? C'est une forme d'action politique qui a fait ses preuves, qui permet d'adresser un message d'autant plus fort qu'il émane du sommet de l'Etat.

Une fois encore, l'attitude des jeunes Français d'origine tunisienne qui ont offensé l'hymne national a été mis sur le compte d'un sentiment de frustration bien compréhensible, provoqué par les carences dans l'intégration de populations émigrées du Maghreb.

Sans revenir sur le renversement de la charge de l'effort (de tous temps et en tous lieux, l'immigration a été une souffrance et a appelé des efforts d'adaptation des immigrés), si l'on prend comme hypothèse que l'insuffisance des efforts faits à destination des populations concernées serait à l'origine de leur intégration inefficiente, on fera deux remarques.

La première remarque pour rappeler qu'il y a dix ans, le discours dominant rapportait les succès de l'intégration à la Française, qui passait tout particulièrement par les "beurettes", censément motivées par les études, voie d'accès au statut de la femme dans notre pays. La victoire de la France en coupe du monde de football, emmenée par Zinédine Zidane, fils d'immigrés algériens, faisait annoncer par les plus enthousiastes la naissance d'une génération "black, blanc, beur". Dix ans plus tard, l'émergence de l'association "Ni putes ni soumises", les sifflets contre la Marseillaise, les émeutes de banlieues, permettent de juger de la pertinence de ce discours.

La deuxième remarque pour s'interroger sur les prétendues ratées de la "machine à intégrer française", si abondamment décriées par les intéressés eux-mêmes. "On ne fait rien pour nous ! ", "On ne fait rien pour nous !", entend on asséner pour justifier la situation actuelle. Mais la question qu'on peut légitimement se poser est : "Qu'a-t-on fait pour les autres immigrés que l'on ne ferait pas pour ceux originaires du Maghreb ?". Non seulement les immigrés d'origine asiatiques arrivés en France à la même période s'adaptent sans difficultés majeures, mais l'observation révèle que jamais il n'y a eu autant d'associations pour le soutien des immigrés, pour le droit au logement. Une part importante du contentieux administratif est suscité par ces associations.

Est-ce vraiment la France qui n'intègre plus ses immigrés, ou bien y a-t-il un problème post-colonial spécifique avec le Maghreb ? Les événements des dix dernières années semblent plutôt confirmer la seconde explication.
Par Robert H.
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Mardi 14 octobre 2008 2 14 /10 /Oct /2008 19:47
Les commentaires abondants sur la crise financière qu'on traverse à l'automne 2008 portent pour une bonne part sur la caractère déviant de pratiques financières mises ainsi en lumière. Haro, nous dit-on, sur les financiers pervers qui font de l'argent avec de l'argent, sans que leur activité n'ai plus aucune connexion avec l'économie "réelle".

En d'autres termes, l'activité financière n'aurait de justification aux yeux des moralistes qu'à condition qu'elle soutienne une "vraie" activité, c'est-à-dire une activité qui conduise au final à la production de biens matériels, que l'on peut toucher. Sans pousser la cruauté jusqu'à rappeler que l'économie de service est tout aussi utile que l'activité de biens (tout ceux qui ont à aller chez le dentiste peuvent le confirmer), il convient d'attirer l'attention sur le fait que ce qui est important en économie c'est la production de valeur.

La belle affaire que le monde de la finances internationale développe une activité consistant à s'échanger des valeurs immatérielles dans le temps, l'essentiel est qu'elle produise de la valeur, qu'elle fasse vivre autour de cette industrie de l'immatériel, qu'elle emploie, qu'elle distribue des revenus.

Si, en effet, on devait porter l'anathème sur toutes les activités économiques qui ne correspondent pas aux critères à partir desquelles on voue la finance aux gémonies, il faudrait alors se pencher sur les coach, les coach vêtements, les multiples conseillers en tout et en n'importe quoi, les agences dont l'unique activité est de mettre en relation deux parties, les commentateurs, la presse pourquoi pas... que fait donc la presse si ce n'est produire une matière périssable renouvellée chaque jour ? Un flot d'information dont le monde s'est passé pendant des lustres.

Ce n'est pas au motif que l'on traverse une crise profonde qu'il faut se mettre à rejetter tout ce qui contribue depuis longtemps maintenant à notre confort économique.
Par Robert H.
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