Vendredi 6 octobre 2006 5 06 /10 /Oct /2006 19:46

Les efforts de Ségolène Royale tentant de rassembler les concepts les plus contraires finissent pas provoquer un effet comique... sans doute involontaire. "Ordre juste" devrait réunir la famille socialiste qui veut de l'ordre mais sans se déjuger ; "Révolution démocratique" est sans doute le plus beau et le plus ambitieux grand écart, qui doit fusionner gauchistes cacochymes et démocrates impénitents toujours un peu effrayés par le Grand soir.

Tout cela finit par rappeler le sketche des Inconnus qui ont poussé la logique en prenant les traits de publicitaires décider à fusionner droite et gauche au sein d'une nouvelle formation la "Droiche", et à argumenter jusqu'à l'absurde pour vendre leur produit.

Par Robert H. - Publié dans : robert.holcman
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 26 septembre 2006 2 26 /09 /Sep /2006 14:16

Il y a quelques jours sur Europe 1, Pierre Rosanvallon - éminent intellectuel français s'il en est encore - nous a délivré ses augures : ne nous ne berçons pas d'illusions, la France de 2040 ou 2050 ressemblera à la Réunion, c'est-à-dire sera métissée comme elle.

Faut-il ne jamais sortir des beaux quartiers parisiens pour s'imaginer faire ainsi révélation. Des populations métissées ? Mais c'est ce que peuvent déjà observer les habitants des périphéries des très grandes agglomérations françaises - Paris, Marseille, Lyon et Lille - et de plusieurs de leurs quartiers parmi les plus populaires.

Ce qui pose problème n'est pas que la France ressemble à la Réunion, ce qui est déjà en partie le cas, c'est qu'elle ressemble à Harlem... enfin à Harlem d'il y a une quinzaine d'années, parce qu'aujourd'hui on peut de nouveau y déambuler paisiblement. Il n'y a que quelques intellectuels du in-Paris pour s'imaginer encore que les Français sont dans leur ensemble choqués par le mélange des couleurs de peau et des origines ; ce qu'ils ne supportent pas, en réalité, c'est la violence, l'insécurité, les crachats, l'obligation de baisser les yeux devant quelques petits cons attroupés sauf à prendre le risque de se faire casser la gueule pour ne pas l'avoir fait, la signification qui leur est ainsi infligée qu'ils ne sont plus chez eux...

Il y a quelques années, interrogé sur un plateau sur cette question, Bertrand Tavernier avait rétorqué qu'il avait réalisé un film sur les banlieues et que mise à part quelques anicroches on lui avait réservé le meilleur accueil... alors, où est le problème ?

Alors ? Et bien il aurait plutôt fallu que Bertrand Tavernier, un homme honnête, fasse l'inverse : qu'il aille travailler où il veut et que le soir il rentre habiter dans la banlieue où il n'a passé que des journées de travail. Ce qui insupportable, ce n'est pas d'avoir des jours de travail difficiles - qui n'en a pas ? - c'est d'avoir des soirées en état de siège, harcelé par le tapage, la crainte de sortir...

Seuls des journalistes suisses ont eu le cran de prendre une chambre en banlieue parisienne après les émeutes d'il y a un an, et d'en rendre compte dans leurs colonnes. La description qu'ils en ont faite ne relève pas du panachage des origines, d'un carnaval des couleurs de peau, mais de la haine sociale et ethnique subie par les résidents.

Par Robert H. - Publié dans : robert.holcman
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 18 septembre 2006 1 18 /09 /Sep /2006 19:27

Il faut franchement être un mauvais esprit pour accorder encore un quelconque intérêt au concept de choc des civilisations, on ne voit d'ailleurs pas ce qui dans les relations internationales accréditerait toujours cette idée fumeuse.

Le pape fraîchement élu vient ainsi d'inaugurer une nouvelle modalité de rapprochement avec le monde musulman. Les fidèles à Mahomet prient  à genoux ? Qu'à cela ne tienne, Benoit XVI a pris le premier prétexte venu pour adopter la même posture : non, on l'avait sans doute mal compris, la citation qu'il avait faite ne reflétait pas sa pensée, n'allait même pas dans le sens de son propos, non... c'était juste histoire de discuter et chemin faisant d'user un peu la soutane au niveau des genoux.

D'ailleurs, un grand spécialiste des relations internationales, Bertrand Badie (vous ne le connaissez pas ? c'est normal... personne ne le connaît, sauf quelques journalises anti-choc-des-civilisationneurs), Bertrand Badie, donc, interviewé sur Europe 1, nous a révélé que le prétendu choc des civilisations ne relevait que d'une mauvaise utilisation des concepts économiques de base. Ben oui, c'est évident ! Non ? Et bien selon Badie, il y a deux manière de lutter contre Al-Qaida (faut lutter quand même, pas de choc de civilisation, mais faut lutter contre eux) : par l'offre et par la demande ! Du vrai velours... par l'offre, c'est la stratégie américaine, on s'attaque à Al-Qaida et les groupes terroristes ; par la demande, on fait en sorte d'assécher les bases du terrorisme en supprimant les causes de son apparition. Comment n'y avait-on pas pensé plus tôt  ? Il suffit de détruire Israël, peut-être pas en une fois, le plaisir serait trop rapide et l'humilliation arabe insuffisamment effacée (quoique les arabes ne représentent qu'un tiers du monde musulman, mais enfin...). Non, le mieux serait pas zones de 10 km² ou bien par tranches d'âge... on ferait un référendum au sein des populations à rasséréner pour connaître la plus salvatrice. Ensuite, obligation du voile islamique pour toutes les femmes, séparation des hommes et des femmes dans tous les lieux publics, etc. Le champ d'action est vaste et, sans nul doute, a dû être cartographié par Bertrand Badie.

Si l'on a pas encore engagé ces réformes salutaires, c'est parce qu'en matière de relations internationales règne un prêt-à-penser : tout le monde habillé intellectuellement de la même façon. Et, Badie, certainement familiarisé avec les bons faiseurs sur-mesure autour de la rue Saint-Guillaume, est totalement opposé au prêt-à-porter : que du sur-mesure, c'est-à-dire, la finesse des analyses du dit Badie. Avec des arguments comme ça, il n'y a plus grand chose à ajouter...

Si, peut-être en passant, Badie ne nous dit pas comment il arrive à concilier le fait qu'il n'y ait pas opposition entre deux civilisations et le fait qu'Al Qaida et consort ne survive parce que soutenu par la "rue arabe", mais bon... on ne va chicaner face à la luminosité d'une telle analyse !

Par Robert H. - Publié dans : robert.holcman
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 12 septembre 2006 2 12 /09 /Sep /2006 15:52

Une question lancinante me taraude : comment se fait-il que les équipements publics en France soit systématiquement sous-dimensionnés ? Les esprits chagrins me rétorqueront que la taille moyenne des Français a augmenté et qu'il n'y a pas de quoi en faire un plat... Et bien si ! Ce constat n'est pas nouveau et tout un chacun a pu en faire l'observation personnelle depuis des décennies.

Sièges de car, de métro, de trains,  banquettes, escaliers mécaniques, tapis roulants, etc. Toujours quelques centimètres manquent pour que l'on passe du tassement au confort, de la gêne à la décontraction, de la tension à la fluidité. Car ces quelques maudits centimètres pourrissent la vie à des centaines de milliers, pour ne pas dire des millions de "Françaises et de Français". Qui n'a pas observé l'évolution du comportement de deux personnes assises sur une banquette trop étroite ? L'apparition progressive et inéluctable de la gêne, de la tension, parfois même de l'énervement et du conflit.

L'explication de cette carence centimétrique ne vient toujours pas : la différence financière est négligeable,  alors pourquoi ? Sans doute une imprégnation culturelle, la soif de micro-souffrances rédedemptrices au quotidien, sans même s'en rendre compte, des micro-pêchés accomplis par le bon peuple de la fille aînée de l'Eglise.

Par Robert H. - Publié dans : robert.holcman
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 12 septembre 2006 2 12 /09 /Sep /2006 08:50

Sylvain Cypel est journaliste au quodidien Le Monde depuis quelques années maintenant, où il tient le rôle disputé de Grand Inquisiteur et de démonisateur en chef d'Israël. Pas un écart, pas une turpitude qui ne lui échappe. L'affaire Finkielkraut, qui s'était imprudemment gaussé du pourcentage élevé de  joueurs noirs dans l'équipe de France ? C'était lui. Les conséquences de la guerre au Liban cet été ? Encore lui ! La présentation de la guerre des six-jours dans le supplément du week end, où il nous apprend qu'Israël n'était pas menacé dans son existence en 1967 ? Toujours lui...

Cypel n'est pas correspondant du journal en Israël, ce qui le contraindrait inutilement à donner quelques informations objectives, et il n'en a aucunement besoin. Car, et cela explique tout, Sylvain Cypel connaît très bien le pays maudit (Le Monde nous précise même qu'il parle couramment l'hébreu), et pour cause : adolescent, il fut membre de mouvements de jeunesse sionistes, accomplit son alya (immigration) vers la terre promise, fut un haver (un camarade)...

Et de tout cela, il doit se croire désormais tenu d'expier, comme d'erreurs de jeunesse, d'un engagement délétère dont il conviendrait de se laver, de s'absoudre, de se flageller à longueur de colonne... Sylvain Cypel ou la haine de soi... Comme le disait Léon Poliakov à propos de l'antisémitisme : "L'origine de la haine, c'est la haine de l'origine", les Juifs sont haïs parce que ceux qui les haïssent souffrent de la filiation religieuse qui les mène au judaïsme, de là où en réalité ils sont issus. La haine de Cypel pour Israël, n'est tout bonnement que la haine qu'il porte à sa propre origine, la détestation d'un part indélébile de lui-même.

Cette haine de soi est terriblement judéo-chrétienne, si occidentale : qui a jamais lu, entendu, vu, un journaliste ou un commentateur d'origine musulmane et/ou arabe soutenir Israël ? Fustiger les errements des société arabes ? S'indigner du sort qui y est fait aux femmes ?

Par Robert H. - Publié dans : robert.holcman
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés