L'élection présidentielle aux Etats-Unis est loin d'être jouée, on pourrait assister à une surprise
tonitruante au moment du dépouillement des résultats.
Alors que les commentateurs français semblent tenir pour acquis que l'avantage pris par Barak Obama
sur John McCaindans dans les sondages préfigure le succès du candidat démocrate, on peut au contraire y voir un risque potentiel très important pour ce dernier.
La candidature d'Obama suscite beaucoup de réticences, et pas seulement - loin de là - en raison de la
couleur de sa peau, même si cet élément de contexte n'est pas négligeable. Pour s'en convaincre, essayons de songer à ce que la candidature de Colin Powell ou celle de Condoleezza Rice auraient
suscité... la couleur de leur peau aurait sans doute fait débat, mais un consensus se serait dégagé quant à leurs compétences et leur aptitude pour le poste convoité.
S'agissant d'Obama, les réticences portent sans aucun doute sur la couleur de sa peau, mais aussi
(surtout ?) sur son inexpérience et la caractère inquiétant de son positionnement politique : le manque de précision de son discours de candidat tranche singulièrement avec ses prises de position
marquées et l'orientation de son réseau relationnel d'avant candidature.
C'est la raison pour laquelle sa confortable avance dans les sondages pourrait paradoxalement lui
faire beaucoup de tort. Pas chez ceux qui n'avaient pas l'intention de voter pour lui : au contraire, cette prédiction de succès pourrait mobiliser l'électorat républicain
convaincu.
En revanche, chez les démocrates nostalgiques de la candidature Clinton, chez les indécis, et tous
ceux agacés par sa candidature sans oser l'avouer publiquement, la quasi certitude de son élection pourrait former le prétexte à ne pas voter pour lui. Certains électeurs pourtant prédisposés à
voter démocrate pourraient se dire : "De toutes façons il va être élu, si je ne vote pas pour lui ce n'est pas grave".
Cette posture dans la course à l'élection pourrait - il ne faut pas se le cacher non plus - donner la
même "bonne" raison aux racistes de ne pas voter pour un noir.
L'engagement de l'acteur de cinéma Richard Gere en faveur du Tibet ne date pas d'hier et ne s'est jamais démenti. Objet de sarcasmes et de
doutes quant aux raisons qui l'ont conduit à mettre son influence supposée au service de cette cause, Richard Gere en est venu à susciter le respect sous l'effet de la prise de conscience de
l'oppression et de l'impérialisme chinois.
C'est ce qui rend d'autant plus surprenant la publicité télévisée pour une marque d'automobile qui le
met en scène dans un décor tibétain, comme si son engagement politique formait désormais un argument de vente. Si c'est bien le cas, on ne peut qu'être estomaqué par le cynisme qui présiderait à
ce comportement... sauf à imaginer que Richard Gere reverse les revenus tirés de ce contrat à la cause tibétaine, mais on se demanderait bien comment et à qui...
La photographie publiée dans la dernière livraison de Paris-Match, montrant des combattants talibans qui posent devant l'objectif affublés des
prises de guerre qu'ils ont faites, a suscité une nouvelle polémique en France.
Cette polémique est révélatrice à un double titre. D'abord en ce qu'elle révèle de l'état de l'opinion française quant à son armée : des militaires, oui, pour défiler sur les Champs-Elysées tous
les 14 juillet, tuer quelques émeutiers africains, pourquoi pas, mais engagées sur des théâtres de conflits, vraiment pas. C'est une insulte aux soldats vivants, et encore plus aux morts, que de
remettre en cause la pertinence de l'engagement de l'armée française, et plus encore le leur, dans des opérations conjointes qui révèlent l'importance accordée au dispositif militaire
français.
Ensuite, cette polémique démontre la cécité française face au monde. Les mêmes qui brocardent l'isolationnisme américain, se voile la face quand on leur montre ce qu'est le monde
actuellement.
La photo montrant des talibans couverts d'uniformes français est choquante, mais elle a le mérite de révéler qui sont ces gens, tant on a tendance à l'oublier en ce moment. Oui, ce sont eux que
nos soldats affrontent, des groupes de civils (comment distinguer pertes civiles et pertes combattantes puisqu'aucun ne combat en uniforme ?), luttant viscéralement et archaïquement, pillant,
égorgeant, paradant dans les dépouilles des victimes.
Toutes comparaisons gardées, on retrouve là l'essence des images des soldats américains de la Delta Force, traînés nus et morts, dans les rues de Mogascio : choquantes oui, mais encore une fois
révélatrices de ce qu'on affronte... nécessairement.
L'intervention supposée de Nicolas Sarkozy pour faire muter le responsable de la sécurité en Corse à la suite de l'investissement de la maison
de son ami Christian Clavier fait scandale. Comment est-ce possible qu'en République, en démocratie, en France quoi, le chef de l'Etat puisse confondre charge publique et relations privées ?
Ce qui est surprenant c'est la coïncidence de cette agitation médiatique avec le voyage du président de la République en Syrie, mettant ainsi fin à l'ostracisme dans lequel la France avait placé
ce pays.
Pourquoi cette mise à l'écart ? Parce ce que le régime de Damas était soupçonné par le président de la République d'alors - Jacques Chirac - d'avoir commandité et/ou fait réaliser l'attentat qui
a coûté la vie à Rafic Hariri, alors premier ministre du Liban.
Or, M. Hariri était un ami personnel de Jacques Chirac et ce dernier, contre toute logique diplomatique, a fait passé ses sentiments personnels avant les intérêts du pays qu'il dirigeait. La
question est autrement plus lourde que le limogeage du premier flic de Corse puisque la Syrie est fortement soupçonnée d'être à l'instigation de certains des attentats qui ont frappé Paris dans
le milieu des années 1980... période durant laquelle Jacques Chirac était premier ministre.
La confusion entre mission publique et intérêts privés est toujours de mise s'agissant de l'ancien président, qui demeure dans un appartement mis à sa disposition par la famille Hariri depuis la
fin de son mandat.
Un site internet(http://dev.igenea.com/index.php)propose de découvrir ses
origines par le biais d'une analyse ADN. L'en-tête du site est ainsi rédigé : "Voulez-vous savoir d’où vous venez?
Peut-être avez-vous des racines celtes, vikings ou juives ? Un échantillon de salive suffit pour
déterminer votre origine du côté maternel et paternel. Après analyse de votre ADN, vous obtiendrez un résultat détaillé vous donnant votre peuple d’origine, votre pays d’origine et votre
haplogroupe. Le résultat contient des cartes et des explications précises."
Ne reste plus qu'à se procurer un peu de salive de telle ou telle personne pour connaître ses "vraies" origines... on se croirait dans le film Bienvenue à Gattaca dans lequel les gens
sont estimés à partir de leur patrimoine génétique...
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