Les enseignants ont parfaitement le droit d'exprimer leur opposition à des mesures gouvernementales qui les concernent, et ce de la façon qui
leur semble la plus appropriée.
Là où le bât blesse, c'est quand ils contribuent à la mobilisation des lycéens à l'appui de leur mouvement : sans même parler d'instrumentalisation, force est de constater que les enseignants
viennent en renfort du mouvement actuel des lycéens.
La connivence ainsi introduite entre enseignants et enseignés, titulaires d'une autorité et population censée respecter cette autorité, ne peut qu'envenimer encore les relations au sein des
collèges et des lycées.
Comment les enseignants du secondaire pourront venir se plaindre d'un effacement de la frontière entre leurs élèves et eux-mêmes alors qu'ils auront joint leur voix au sein des manifestations de
ces derniers ? Quelle démonstration plus flagrante pourraient-ils apporter d'un nivellement entre eux et ceux qu'ils sont chargés d'encadrer ?
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Mardi 15 avril 2008
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12:32
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L'attention portée - à juste titre - sur la situation au Tibet appelle un certain nombre de remarques centrée sur les médias et
le travail journalistique.
Ce qui se passe au Tibet forme exactement la réalité de la description journalistique des faits censés se dérouler dans les Territoires occupés palestiniens : génocide culturel ; massacres
; répression aveugle ; destruction de lieux de prières... Pourtant, cette description ne correspond pas à la réalité du terrain des Territoires occupés, mais est présenté comme tel ; à l'inverse,
c'est ce qui se produit au Tibet mais bizarrement n'a jamais fait l'objet de la couverture médiatique accordée au sort des Palestiniens. Rappelons que l'engagement de Richard Gere pour la cause
tibétaine faisait encore l'objet d'ironie en France il n'y a pas si longtemps.
C'est la raison pour laquelle le rôle joué par l'association "Reporters ans frontières" ne manque d'interroger. Au lieu d'aller en Grèce troubler la cérémonie d'allumage de la flamme
olympique, pourquoi les membres de cette association ne se rendent-ils pas depuis des années au Tibet, sinon pour nous en ramener des images mais tout au moins y accomplir leur travail de
journalistes ? Dans le même sens, que font tous les correspondants permanents étrangers en poste en Chine ? Pourquoi leur employeurs, journaux et chaînes télévisées, ne leur commandent-ils pas
des enquêtes fouillées sur le sujet ?
Comment se fait-il que l'attention des médias soit à ce point focalisée sur Israël et les territoires occupés, grands comme un département français, et laisse de coté la Chine ?
Les grands moyens d'information sont en effet prompts à illustrer l'accusation d'impérialisme, d'hégémonie et de conquête de territoire des Israéliens. Mais quel pays en réalité pratique une
politique d'intimidation et de conquête de ses voisins ? La Chine... et pas Israël. Quel pays a absorbé Hong Kong ? La Mongolie ? Le Tibet ? Quel pays menace Taïwan de représailles militaires et
l'aurait sans aucun doute déjà envahi sans la dissuasion militaire américaine ?
Dit autrement, le travail journalistique a laissé à désirer durant de nombreuses années quant à la situation du Tibet et, plus généralement, à propos de la politique territoriale
agressive de la Chine. Il faut dire qu'il est plus facile d'entrer en Israël, demeurer dans les grands hôtels de Tel Aviv et de partir pour la journée faire un reportage larmoyant dans les
territoires occupés, que de se rendre en Chine, affronter la censure, l'immensité du territoire, la rigueur des conditions de vie, afin de montrer ce que les tibétains endurent .
Nul doute que les journalistes occidentaux - avec "Reporters sans frontières" à leur tête - vont se rattraper et profiter de l'ouverture des jeux olympiques pour se
faire envoyer au Tibet et produire reportages et enquêtes de fond sur le sujet. S'il le faut, qu'il y aille secrètement : où sont donc passés les journalistes français qui refusaient
l'embrigadement au sein de l'armée américaine durant la seconde guerre d'Irak pour mener leur travail en toute indépendance ?
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Mardi 25 mars 2008
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/2008
10:22
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La cote de popularité de Nicolas Sarkozy a à ce point chuté que l'ensemble des commentaires actuels portent sur la maladresse du président nouvellement élu, dont
les errements des prises de positions et l'étalage de sa vie privée ont finit par brouiller le message politique.
Le décalage entre l'habilité du candidat et la maladresse de l'élu est tel qu'on est droit de se demander si - à rebours d'une quelconque malhabilité - le style de présidence de Nicolas Sarkozy
ne relèverait pas d'une suprême habilité tactique.
En dépit du battage médiatique dont il s'est entouré, force est de constater que le corps de réformes engagés par son gouvernement est sans précédent, dans sa portée et dans la brièveté de sa
mise en oeuvre. Or, à part la grève des services de transport consécutive à la réforme des retraites des régimes spéciaux, ces profondes réformes ne suscitent que peu de remous eu égard à ce
qu'on pouvait en attendre.
Peut-être que cette absence de réaction est la résultante de la focalisation sur la privée du chef de l'Etat. Et si le "bruit" médiatique que s'applique à mettre en oeuvre le président de la
République n'était là que pour faire écran au train de réformes qu'il fait mettre en oeuvre par son gouvernement ? Et si Nicolas Sarkozy était à ce point habile de focaliser sur sa personne le
gisement de ressentiment que les médias peuvent véhiculer, ou répercuter ? Peut-être au fond qu'il considèrait que c'était le seul moyen de faire passer des réformes qui, dans un autre contexte,
aurait mobiliser le ban et l'arrière ban du battage médiatique habituel.
L'avenir proche nous dira si Nicolas Sarkozy n'est pas encore plus habile qu'on ne pouvait le supposer.
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Lundi 10 mars 2008
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13:38
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La vague d'enthousiasme qui saisit les élites françaises à l'égard de Barak Obama, candidat à la candidature du parti démocrate américain pour la prochaine élection
présidentielle, conduit certains commentateurs à le comparer à John Kennedy.
Cette comparaison - summum des compliments sous la plume de certains journalistes français - tient pour acquis que Kennedy aurait été un grand président, un modèle pour ses successeurs
américains, et bien au-delà dans le monde, tant son action demeure exemplaire. A bien y regarder, on s'aperçoit que la crise des missiles de Cuba a l'occasion d'un défaite stratégique importante
des Etats-Unis, contraint de retirer leurs missiles du territoire turc. Quant aux réformes sociales que Kennedy s'était engagé à mener, sa maladresse et son manque d'habilité politique (et non
pas l'interruption dramatique de sa présidence) qui a fait que c'est son successeur, Lyndon Johnson, qui s'est chargé de les mettre en oeuvre. Seul l'enthousiasme suscité, donc, unit les deux
hommes.
Ce qui est à craindre, c'est que par delà le succès d'estime rencontré par le sénateur Obama dans la course à la Maison-Blanche, le catalogue de bons sentiments - qui semble lui tenir lieu de
programme politique - ne soit qu'une redite des errements de Jimmy Carter, dont le passage à la présidence des Etats-Unis aura été concomitant d'un recul de l'influence américaine : prise d'otage
à l'ambassade américaine à Téhéran ; envahissement de l'Aghanistan par l'URSS.
La situation internationale extrêmement tendue réclame à la tête de la première puissance mondiale, un(e) leader expérimenté(e), à même de faire prévaloir force et diplomatie. Ce serait faire
courir un bien grand risque à notre civilisation et à notre mode de vie que de passer de huit ans de présidence Bush, président faible, à une présidence américaine déclamatoire et
impuissante.
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Mercredi 27 février 2008
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/2008
16:00
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Les insultes proférées par Nicolas Sarkozy, le président de la République, à l'encontre d'un passant au salon de l'agriculture, ont soulevé un tollé. On peut en effet
s'interroger sur la compatibilité d'un langage de charretier avec la fonction présidentielle, a fortiori quand le titulaire actuelle fonde une partie de son discours sur un retour aux valeurs, à
la morale, au respect.
Certains commentaires ont toutefois frisé la malhonnêteté intellectuelle. Affirmer, comme certains l'ont fait, qu'un tel excès de langage n'avait jamais été constaté à ce niveau de l'Etat relève
soit de la mauvaise foi, soit de l'incompétence historique - deux défauts problématiques chez les journalistes.
Sans même parler du langage ordurier que Dominique de Villepin semble (selon certains commentaires, certes) affectionner, faut-il rappeller les propos de Jacques Chirac, alors premier ministre, à
l'encontre de Margaret Thatcher ? A la fin d'un "marathon" européen à Bruxelles, alors que cette dernière avait arraché nombre de concessions à ses partenaires européens tout en demeurant
exigeante, Jacques Chirac s'était écrié : "Et qu'est-ce qu'elle veut en plus ? Mes couilles sur un plateau ?", provoquant un scandale outre-manche.
Mais, s'agissant de Chirac, ces écarts de langage sont considérés avec bonhomie, presque affection ; chez Sarkozy, ils seraient la marque d'un profond déséquilibre psychologique. Cette différence
de traitement devrait appeller une réflexion profonde de la part de cet homme politique d'expérience quant à son image.
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Mercredi 27 février 2008
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27
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/2008
15:46
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Commentaires