Lundi 2 juin 2008 1 02 /06 /Juin /2008 19:19
L'annulation par le Tribunal de grande instance de Lille d'un mariage provient, nous dit-on, d'un article du code civil exigeant que les "qualités essentielles" du mariage soit respectées. Sauf à nous prendre pour des imbéciles, tout le monde avait bien compris que le problème venait bien que la virginité était considérée comme une "qualité essentielle" du mariage.

L'argument de Rachida Dati, ministre de la Justice, soutenant que c'était là une échappatoire offerte aux jeunes filles concernées par des mariages arrangés ne tient pas. Non seulement ce serait leur faire porter là une pression terrible avant le mariage : dans les communautés concernées, le poids familial est extrêmement fort en la matière. Surtout, accepter cette condition excessive ouvrirait la porte à d'autres "qualités essentielles" tout aussi incongrues eu égard à notre droit et à nos valeurs.

Ainsi la répudiation pour stérilité pourrait faire son entrée dans les rapports hommes/femmes dans notre pays ; le port ou l'interdiction du port de certains vêtements ; le maquillage ; les épaules et les bras dénudés... les exemples sont abondants.

En retour, pourquoi ne pas imaginer des contrats pré-mariages qui, en échange des conditions sus-mentionnées, prévoieraient au bénéfice de la femme un engagement de taille de zizi par le futur marié, avec annulation du mariage en cas d'erreur au-delà d'un certain pourcentage : une sorte de "loi-Carrez" de l'équipement anatomique en quelque sorte.

 
Par Robert H.
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Samedi 19 avril 2008 6 19 /04 /Avr /2008 15:31

A la suite de la remise du rapport de la commission de concertation sur les missions de l'hôpital, présidée par Gérard Larcher (http://www.elysee.fr/documents/index.php?mode=view&lang=fr&cat_id=8&press_id=1276), le président de la République a repris les propositions qui sont contenus dans ce dernier et lancé ainsi la énième réforme de l'hôpital.

Après la tarification l'activité, la nouvelle gouvernance articulée autour des pôles d'activité et la création d'une nouvelle instance - le conseil exécutif -, le nouveau régime budgétaire (l'EPRD, état des prévisions de recettes et de dépense), voilà que l'hôpital public doit affronter un nouveau train de réforme.

Le problème du rapport Larcher est qu'il ne traite pas non plus le handicap principal des hôpitaux publics - le volume incompressible de leurs dépenses - pour focaliser une nouvelle fois sur la question de la gouvernance, largement surestimée.

S'il suffisait de placer d'autres catégories de personnels à la tête des hôpitaux pour résoudre leur problème, ce serait une merveilleuse nouvelle et les réformes en cours auraient toute chance d'aboutir. Malheureusement la réalité est toute autre : quelle que soit la composition des équipes dirigeantes des hôpitaux, ils devront affronter la même question centrale : comment contenir les dépenses, ou mieux les affecter, quand 70 % d'entres elles sont constituées de frais de personnels ? Et que ses frais de personnels relèvent dans leur immense majorité de la rémunération de fonctionnaires hospitaliers bénéficiant d'un emploi à vie ?

Tous les efforts de productivité consentis par les établissements de santé se heurteront à cette réalité :
les personnels économisés dans telle ou telle activité de l'hôpital continueront d'être payé par lui.

Remplacer le conseil d'administration par un conseil de surveillance et le conseil exécutif par un directoire risque de n'avoir qu'un effet cosmétique. Quant au directeur, la question n'est pas de savoir si on le déclare "patron" de son établissement mais bien de lui en donner les moyens. Pour l'heure, il ne nommera toujours par les médecins permanents travaillant dans son établissement, autrement dit les "producteurs" de soins.

On trouvera cette approche détaillée dans un article rédigé par Robert Holcman, et publié dans le numéro 146 (septembre-octobre 2007, pages 148-156) de la revue Le Débat, sous le titre : "L'hôpital public en péril".

Par Robert H.
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Mardi 15 avril 2008 2 15 /04 /Avr /2008 12:32

Les enseignants ont parfaitement le droit d'exprimer leur opposition à des mesures gouvernementales qui les concernent, et ce de la façon qui leur semble la plus appropriée.

Là où le bât blesse, c'est quand ils contribuent à la mobilisation des lycéens à l'appui de leur mouvement : sans même parler d'instrumentalisation, force est de constater que les enseignants viennent en renfort du mouvement actuel des lycéens.

La connivence ainsi introduite entre enseignants et enseignés, titulaires d'une autorité et population censée respecter cette autorité, ne peut qu'envenimer encore les relations au sein des collèges et des lycées.

Comment les enseignants du secondaire pourront venir se plaindre d'un effacement de la frontière entre leurs élèves et eux-mêmes alors qu'ils auront joint leur voix au sein des manifestations de ces derniers ? Quelle démonstration plus flagrante pourraient-ils apporter d'un nivellement entre eux et ceux qu'ils sont chargés d'encadrer ?

Par Robert H.
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Mardi 25 mars 2008 2 25 /03 /Mars /2008 10:22

L'attention portée - à juste titre - sur la situation au Tibet appelle un certain nombre de remarques centrée sur les médias et le travail journalistique.

Ce qui se passe au Tibet forme exactement la réalité de la description journalistique des faits censés se dérouler dans les Territoires occupés palestiniens  : génocide culturel ; massacres ; répression aveugle ; destruction de lieux de prières... Pourtant, cette description ne correspond pas à la réalité du terrain des Territoires occupés, mais est présenté comme tel ; à l'inverse, c'est ce qui se produit au Tibet mais bizarrement n'a jamais fait l'objet de la couverture médiatique accordée au sort des Palestiniens. Rappelons que l'engagement de Richard Gere pour la cause tibétaine faisait encore l'objet d'ironie en France il n'y a pas si longtemps.

C'est la raison pour laquelle le rôle joué par l'association "Reporters ans frontières" ne manque d'interroger. Au lieu d'aller en Grèce troubler la cérémonie d'allumage de la flamme olympique, pourquoi les membres de cette association ne se rendent-ils pas depuis des années au Tibet, sinon pour nous en ramener des images mais tout au moins y accomplir leur travail de journalistes ? Dans le même sens, que font tous les correspondants permanents étrangers en poste en Chine ? Pourquoi leur employeurs, journaux et chaînes télévisées, ne leur commandent-ils pas des enquêtes fouillées sur le sujet ?

Comment se fait-il que l'attention des médias soit à ce point focalisée sur Israël et les territoires occupés, grands comme un département français, et laisse de coté la Chine ?

Les grands moyens d'information sont en effet prompts à illustrer l'accusation d'impérialisme, d'hégémonie et de conquête de territoire des Israéliens. Mais quel pays en réalité pratique une politique d'intimidation et de conquête de ses voisins ? La Chine... et pas Israël. Quel pays a absorbé Hong Kong ? La Mongolie ? Le Tibet ? Quel pays menace Taïwan de représailles militaires et l'aurait sans aucun doute déjà envahi sans la dissuasion militaire américaine ?

Dit autrement, le travail journalistique a laissé à désirer durant de nombreuses années quant à la situation du Tibet et, plus généralement, à propos de la politique territoriale agressive de la Chine. Il faut dire qu'il est plus facile d'entrer en Israël, demeurer dans les grands hôtels de Tel Aviv et de partir pour la journée faire un reportage larmoyant dans les territoires occupés, que de se rendre en Chine, affronter la censure, l'immensité du territoire, la rigueur des conditions de vie, afin de montrer ce que les tibétains endurent .

Nul doute que les journalistes occidentaux -  avec "Reporters sans frontières" à leur tête - vont se rattraper et profiter de l'ouverture des jeux olympiques pour se faire envoyer au Tibet et produire reportages et enquêtes de fond sur le sujet. S'il le faut, qu'il y aille secrètement : où sont donc passés les journalistes français qui refusaient l'embrigadement au sein de l'armée américaine durant la seconde guerre d'Irak pour mener leur travail en toute indépendance ?

Par Robert H.
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Lundi 10 mars 2008 1 10 /03 /Mars /2008 13:38

La cote de popularité de Nicolas Sarkozy a à ce point chuté que l'ensemble des commentaires actuels portent sur la maladresse du président nouvellement élu, dont les errements des prises de positions et l'étalage de sa vie privée ont finit par brouiller le message politique.

Le décalage entre l'habilité du candidat et la maladresse de l'élu est tel qu'on est droit de se demander si - à rebours d'une quelconque malhabilité - le style de présidence de Nicolas Sarkozy ne relèverait pas d'une suprême habilité tactique.

En dépit du battage médiatique dont il s'est entouré, force est de constater que le corps de réformes engagés par son gouvernement est sans précédent, dans sa portée et dans la brièveté de sa mise en oeuvre. Or, à part la grève des services de transport consécutive à la réforme des retraites des régimes spéciaux, ces profondes réformes ne suscitent que peu de remous eu égard à ce qu'on pouvait en attendre.

Peut-être que cette absence de réaction est la résultante de la focalisation sur la privée du chef de l'Etat. Et si le "bruit" médiatique que s'applique à mettre en oeuvre le président de la République n'était là que pour faire écran au train de réformes qu'il fait mettre en oeuvre par son gouvernement ? Et si Nicolas Sarkozy était à ce point habile de focaliser sur sa personne le gisement de ressentiment que les médias peuvent véhiculer, ou répercuter ? Peut-être au fond qu'il considèrait que c'était le seul moyen de faire passer des réformes qui, dans un autre contexte, aurait mobiliser le ban et l'arrière ban du battage médiatique habituel.

L'avenir proche nous dira si Nicolas Sarkozy n'est pas encore plus habile qu'on ne pouvait le supposer.

Par Robert H.
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