Jeudi 4 octobre 2007 4 04 /10 /Oct /2007 13:51
La vie politique et sociale française n'en finit pas de démontrer le poids du passé Vichissois du pays dans les débats actuels. La France ne sent pas terriblement coupable de la période de collaboration, mais elle en est mortifiée, en particulier eu égard au rôle d'exemple que notre pays entend asséner au monde entier.

Alors que la France s'applique à se poser en exemple dans presque tous les domaines, la période noire de la collaboration l'oblige à se comparer aux pays qui se sont le plus mal comporté à cette époque. Alors qu'en 1940 la France était avec l'Angleterre l'une des puissances mondiales, elle a participé à la déportation de dizaines de milliers de Juifs, quand le Danemark - minuscule pays - sauvait la quasi totalité de ses ressortissants israélites.

Depuis lors, la France semble s'appliquer à exorciser ce passé en le revisitant à tout propos. Une loi sur l'immigration ? Et voilà que des gens se promènent en uniforme de déportés dans les rues de Paris. Des expulsion de sans-papiers ? Et c'est le terme "rafle" qui nous est assené, comme si la destination des malheureux expulsés du territoire national était la chambre à gaz et les fours crématoires. Un test ADN proposé aux familles réclamant le regroupement familial ? Et voilà que le nazisme est convoqué à l'appui des refus.

A l'instar de la prise de position courageuse de Jacques Chirac concernant la rafle du Vel-d'Hiv, la France devrait une bonne fois pour toute affronter son passé plutôt que de tenter de l'exorciser dans des comparaisons outrancières et abjectes.
Par Robert H.
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Mardi 2 octobre 2007 2 02 /10 /Oct /2007 13:43
Téodor Limann (un pseudonyme) vient de publier aux Empêcheurs de Penser en Rond, un ouvrage intitulé "Morts de peur, la vie de bureau". Ce monsieur, diplômé de l'école polytechnique, décrit une vie professionnelle terne, sans pression, où lui et ses collègues dissipent leur ennui entre leur surf sur internet et les sessions autour de la machine à café. Il en conclut que la vie au travail n'est pas si éprouvante qu'on veut bien l'avancer parfois.

Pour quiconque à déjà travaillé en entreprise, a pu mesurer l'accroissement de l'intensité du travail, cette description ne peut qu'apparaître hors de propos. Mais ce qui pourrait n'être qu'une analyse erronée relève en fait de propos indignes et immatures.

La description du travail de ce monsieur, ne veut pas dire que le monde de l'entreprise est articulé autour d'horaires souples qui laissent les salariés morfondus d'ennui. Ce que démontre son livre, c'est que dans notre pays, il suffit d'obtenir (au bout d'efforts méritoires) le diplôme idoine pour être libéré de toute pression jusqu'à la fin de sa carrière professionnelle. Ce que démontre Téodor Limann c'est le statut de brahmane acquis par quelques privilégiés du monde du travail.
Par Robert H.
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Mercredi 26 septembre 2007 3 26 /09 /Sep /2007 16:20
Les agents des hôpitaux seraient prétendument mal payés, certains commentaires frisent même la caricature, tant on parfois est enclin à nous décrire la situation de quasi-bénévoles se donnant corps et biens à leur institution. Or c’est l’inverse : les personnels des hôpitaux publics sont bien payés et, pour certaines catégories, bien mieux qu’ils ne le seraient dans les cliniques privées – qu’elles soient commerciales ou à but non lucratif. 

A l’hôpital public, un médecin hospitalier à temps plein au 1er échelon perçoit une rémunération statutaire de 3 900 euros par mois ; arrivé au 13ème échelon de son corps, ce même praticien hospitalier percevra 7 000 euros par mois. S’il devient professeur agrégé, sa rémunération s’élèvera à 6 000 euros au 1er échelon et à 10 700 euros au 13ème échelon. Il n’est pas question ici porter un jugement de valeur quant à un excès ou une insuffisance de rémunération des médecins hospitaliers, mais de constater que ces sommes sont tout sauf ridicules et qu’on ne peut parler ici de personnels sous-payés. A fortiori quand on précise qu’au traitement mensuel viennent s’ajouter : une indemnité éventuelle de 465 euros en cas d’engagement à ne pas pratiquer d’activité privée dans l’établissement qui l’emploie ; des indemnités de sujétion qui se montent à 255 euros pour une nuit, un dimanche ou un jour férié ; des indemnités forfaitaires pour toute période de travail accomplie en journée au-delà des obligations de service hebdomadaires – 360 euros par période en semaine et 460 euros la nuit, le dimanche ou un jour férié.
 

L’affirmation de personnels non médicaux sous-payés n’est pas davantage recevable. En 2002, la rémunération nette moyenne d’un employé administratif travaillant dans le secteur public était de 1 560 euros par mois. A la même date, les personnels intermédiaires soignants et sociaux (Infirmiers, sages-femmes, personnels de rééducation, techniciens médicaux, assistantes sociales, éducateurs spécialisés) bénéficiaient d’une rémunération nette moyenne de 2 130 euros par mois – 3 220 euros pour les cadres de direction.

On gagne donc très correctement sa vie dans les établissements de santé et, pour certaines catégories, on est mieux payé à l’hôpital public que dans les cliniques, qu’elles soient commerciales ou à but non lucratif. Il en est ainsi des ouvriers, des personnels soignants, sociaux, administratifs, techniques, et des agents des services. La rémunération nette moyenne d’un ouvrier se monte à 1 560 euros dans le secteur public contre 1 300 euros dans le secteur privé à but non lucratif, et 1 220 euros dans le secteur privé commercial. Les personnels soignants et sociaux, qui perçoivent 2 130 euros dans le public, ont une rémunération de 1 900 euros dans le secteur privé non lucratif, et de 1 800 euros dans le secteur commercial.
Par Robert H.
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Mardi 25 septembre 2007 2 25 /09 /Sep /2007 13:45
On vient d'apprendre (lui dit qu'il a rendu cette nouvelle publique) que Jean-François Coppé vient d'être engagé deux jours par semaine comme avocat collaborateur d'un grand cabinet d'avocats d'affaire. S'il s'agissait d'un demandeur d'emploi de retour sur le marché du travail, on ne pourrait que se réjouir. Le problème est que Jean-François Coppé est déjà député, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, maire de Meaux et président du syndicat d'agglomérations.

En d'autres termes, le volume de travail requis par ces différentes fonctions dépasse manifestement celui d'un seul homme, fût-il très "organisé" pour reprendre les mots de Coppé. C'est qu'en effet le travail d'un député est personnel. Il ne s'agit pas ici d'une activité de maire ou de président d'un syndicat de commune, ou d'avocat, pour lesquelles la délégation est tout à fait envisageable et défendable. Si un député est débordé par d'autres activités prenantes, il va assumer "professionnellement" sa fonction, c'est-à-dire la fonder sur la délégation et le recours aux collaborateurs.

Quels sont les "collaborateurs" d'un député ? Son ou ses assistants parlementaires, d'une part, et les représentants des différents lobbies représentés au Parlement ou bien agissant en coulisses, d'autre part. Le problème, donc, soulevé par le cas de Jean-François Coppé ,est qu'un député surchargé de travail et de fonctions est la proie rêvée des groupes de pression de tout poil.

Malheureusement, son cas est loin d'être isolé. Les exemples les plus significatifs sont ceux des chefs de service de soins dans les hôpitaux qui assument en même temps des fonctions de députés...  On peut se demander comment ces professeurs de médecine, enseignants, praticiens hospitaliers, chefs de service, qui déclarent volontiers travailler 70 ou 80 heures par semaine à l'hôpital, arrivent encore à faire campagne, à se faire élire, et à assumer leur tâche de député... Ils doivent être aussi très "organisés".

Par Robert H.
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Jeudi 20 septembre 2007 4 20 /09 /Sep /2007 15:15
En portant sur le devant de la scène médiatique le débat quant aux modalités de recrutement dans la fonction publique, Nicolas Sarkozy a déclenché en retour un choeur de vierges effarouchées à l'idée que cette question soit évoquée..

Or pour s'indigner de la possibilité de recourir au contrat pour recruter des servants de l'Etat, il faut être soit totalement ignorant de la réalité de la gestion des ressources humaines dans les fonctions publiques, soit étonnamment gonflé.

Tout fonctionnaire sait parfaitement que l'Etat, via ses trois fonctions publiques (Etats, hôpitaux, collectivités territoriales), recourt aux CDD d'une façon qui mènerait au tribunal n'importe quel employeur privé. Il est fréquent que les DRH du secteur public signent des dizaines de CDD au même employé, parfois pendant plusieurs années... ou plusieurs décennies ; la plupart des informaticiens sont recrutés en CDI sous droit privé ; l'Etat a même récemment crée les contrats privés de droit public...

Plus fondamentalement, il n'est pas illégitime de s'interroger sur le lien entre service public et statut de la fonction publique. Dit autrement, seuls les fonctionnaires sont-ils à même de défendre au mieux l'intérêt général ? L'exemple des régies de transport, d'acheminement d'énergie, d'exploitation de certains sites sont là pour démontrer que le service public peut-être assuré par des opérateurs privés : les étudiants de Sciences po et de droit public sont capable de régurgiter à la demande les fameux arrêts du Conseil d'Etat sur le sujet.

Face aux coups de boutoir du marché (dont chacun bénéfice en termes de baisse des coûts), s'interroger sur le volume et le champ d'action du secteur public est certainement le meilleur moyen d'assurer la pérennité du service public.
Par Robert H.
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