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8 octobre 2007 1 08 /10 /octobre /2007 18:12
La défense de la cause des animaux connaît des excès, soit ; la critique de ces excès est elle-même tout autant excessive.

Le plus souvent, les défenseurs des animaux sont présentés comme de doux toqués, un peu beaufs, des mamies roquets et artistes en mal de leur renommé passée. C'est à la fois faux et injuste... d'autant plus injuste que dans le même temps, leurs critiques poussent des cris d'orfraie à l'idée d'une élévation des températures ou de la déforestation. Oui, l'émission 30 millions d'amis est peut-être un peu cul-cul, mais ses concepteurs appelaient - certes à leur façon - à la vigilance quant à la protection du vivant sur notre planète à une époque où cette posture n'était pas "tendance".

Plus préoccupante, en revanche, est l'insinuation idéologique derrière la critique de plus en plus virulente à l'égard des défenseurs de la cause animale. A force d'insister pour faire des animaux des sujets de droit, nous dit-on, c'est à une animalisation de l'être humain qu'on procède. Et pour encore plus de clarté, on nous rappelle que Jean-Marie Le Pen aime les animaux, et même que Hitler s'attelait à leur protection (par exemple Bertrand le Gendre, Le Monde, édition datée du 6 octobre 2007,
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-963783,0.html).

Et oui, l'allusion n'est pas loin... Encore une fois, Auschwitz est convoqué. Les dérapages verbaux indignes de quelques défenseurs des animaux comparant les élevages de volailles en batterie aux camps d'extermination sont invoqués pour délégitimer la cause animale. Ce n'est pas parce cette comparaison est odieuse que la destruction des espèces vivantes non humaines n'atteint pas des proportions terribles. L'homme arrivera toujours à gérer une augmentation des températures, il ne reviendra jamais sur l'élimination d'une espèce.

Et allant plus loin, au nom de quel argument tuer un animal n'est pas pénalisé alors que tuer un être humain l'est ? Dit autrement, la vie d'un grand singe, d'un éléphant ou de tout autre mammifère évolué vaut-elle moins que celle d'un être humain ? Actuellement le seul "argument" valide est celui de la légalité. Or la loi est l'expression de la volonté générale : il suffit que nous tous, en tant que groupe social, décidions que tuer un chimpanzé est tout aussi pénalisable que tuer un être humain pour que cela soit.

S'agissant de la comparaison avec Auschwitz, elle est non seulement abjecte mais erronée. Nul part, jamais, l'être humain à envisagé ni mis en oeuvre quelque chose de comparable à la Solution finale. Les élevages de volaille en batterie ne sont pas destinés à détruire les espèces concernées mais bien au contraire à les faire proliférer afin d'engranger les bénéfices les plus élevés en les vendant. Idem pour les espèces de poissons, c'est une exploitation excessive qui compromet leur survie. La destruction des lapins en Australie n'était pas destinée à effacer cette espèce de la surface de la terre mais à prévenir sa démultiplication sans limite sur le continent austral. Les chasses aux requins tueurs d'hommes n'ont jamais concerné toutes les espèces de requins ni fait l'objet d'une campagne généralisée d'un Etat.

Le seul exemple comparable est celui des microbes : par les campagne de vaccinations, l'élimination des vecteurs de propagation, l'Homme a essayé d'éliminer certains microbes comme trace de vie. La tentative d'éradication des Juifs ne peut donc en aucun cas servir de comparaison, même ignoble, aux traitements les plus infâmants que l'on fait subir à certains animaux. C'est à certain égard encore pire : les nazis n'ont pas cherché à éradiquer les Juifs au titre d'une espèce animale nuisible (ne parlons pas de groupe humain) mais comme une maladie souillant le genre humain. A ce titre, le débat sur la cause animale gagnerait - c'est un euphémisme - à éviter ces comparaisons ou ces critiques indignes.

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Published by Robert H.
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