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17 octobre 2007 3 17 /10 /octobre /2007 12:31

Bertrand Cantat, à la moitié de sa peine de prison, vient de bénéficier d'une mesure de libération conditionnelle. Cette disposition est conforme aux textes régissant la privation de liberté, et l'on ne voit pas pourquoi il n'en aurait pas profité.

Au bout du compte, il n'en reste pas moins qu'une peine de 4 ans de prison pour avoir tué une femme ne semble pas chère payée, notamment en comparaison de certaines peines infligées pour des délits qui n'ont pas entraîné la mort d'un être humain.Par delà cette réflexion, qui n'est pas propre à l'affaire Cantat/Trintignant, la libération de Bertrand Cantat trouble, et les commentaires qui en sont parfois faits dépassent l'obscénité.

La libération de Cantat trouble parce que la mort de Nadine Trintignant ne résulte pas d'un coup malheureux qui aurait provoqué une mort instantanée, mais suit une longue agonie d'une nuit entière durant laquelle l'ex-chanteur de Noir-Désir a passé plusieurs coups de fil et a tenté de se forger des circontances atténuantes, par exemple en buvant beaucoup. Sa personnalité, de plus, suscite la controverse : voilà un homme qui a donné des leçons à la terre entière, s'est étalé en jugements portés sur les comportements individuels et collectifs de ses contemporains, a critiqué, interpellé, invectivé... pour au bout du compte cogner et tuer la femme qu'il fréquentait. Derniers coups d'une longue liste.

Plus insupportable encore, la thèse esquissée au moment des faits consistant à dire que la justice ordinaire des hommes ne peut comprendre ni juger des actes de ces êtres extraordinaires touchés par la grâce de la création... les artistes de variété. Aujourd'hui encore, les images télévisées nous montrent un archange déchu, blessé, comme si la victime la plus affligée au fond était bien Bertrand Cantat. Victime de son art, victime de son talent, victime d'une société de médiocres incapables de se porter au niveau de conscience d'un tel génie, une sorte de Jim Morrison contemporain qui au lieu de se suicider, aurait suicidé autrui, ce qui - bien évidemment - n'ôterait rien à la poésie et au romantisme de l'acte... Certains même se sont demandés s'il n'était pas cruel de lui interdire d'évoquer son affaire en chansons, en livres ou en interviews, tant la créativité d'un artiste se nourrit de ses difficultés existentielles !

Oui - faut-il le rappeller ? -, si Bertrand Cantat a des difficultés existentielles c'est parce qu'il est encore vivant ; Nadine Trintignant n'en a plus, parce qu'elle est morte, et c'est Bertrand Cantat qui l'a tuée.

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Published by Robert H.
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commentaires

Pivoine 17/10/2007 17:13

On ne peut rester indifférent à ce qu'il s'est passé, loin de là. Maintenant cela arrive chez Monsieur et madame tout le monde tous les jours et cela passe à la trappe. Cela amène une autre question faut-il être connu pour que notre cause soit défendue et entendue???Cela me choque beaucoup plus, un com pour les anonymes qui ne sont plus là et sont partis dans des conditions assez similaires!Bonne journée à toi!!!(o:

Robert H. 17/10/2007 17:47

Tu as raison, j'aurais dû ajouter que ce cas était emblématique de nombreuses autres situations passées sous silence.Amicalement,Robert H.