Les déboires de l'association L'Arche de Zoé au Tchad sont malheureusement riches d'enseignements. La réaction très marquée du gouvernement français
fait l'objet de beaucoup de commentaires, alors que celle - tout aussi réprobatrice - de nombreuses associations et membres éminents du monde des ONG passe davantage inaperçu.
Or la posture reprochée à l'Arche de Zoé - l'intime conviction d'être dans le vrai, qui autorise tous les débordements - n'est pas propre à cette organisation caritative, ni spécifique
d'ailleurs à l'action hors de France.
Si les membres de l'Arche de Zoé se sont sentis à ce point investis d'une mission salvatrice, admise à outrepasser les règles pour faire avancer une juste cause en dépit de son caractère -
provisoirement - illégal, c'est bien que depuis plusieurs mois, plusieurs années, de nombreuses associations font de même en France, en étant cette fois soutenue par une partie du monde
médiatique.
Agir dans l'illégalité pour une cause jugée juste : c'est exactement ce que font les associations d'aide aux sans-papiers. Qui a été vérifier que les bénéficiaires de leurs actions
étaient tous dans la situation qu'elles décrivent ? Combien de médias ont attiré l'attention sur le caractére éminemment idéologique de telle ou telle action ?
Les membres de l'Arche de Zoé ont sans nul doute commis des actes répréhensibles, dont ils devront rendre des comptes. Ce n'est pas une raison pour que tout un chacun se refasse une
virginité à bon compte en les accablant, comme pour montrer par contraste le caractère responsable des autres campagnes.
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Mardi 30 octobre 2007
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