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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 10:55

Honneur aux perdants tout d'abord. Contrairement à ce qu'on aurait pu imaginer, François Bayrou a maintenu sa position au premier tour. On a beau considérer stérile son projet politique, et oiseux son positionnement idéologique, il est difficile toutefois de s'empêcher d'être admiratif devant l'exploit électoral. A partir de peu (un parti à l'audience confidentielle, un appareil réduit, des soutiens improbables), il a réussi par sa seule personnalité, son discours, à sortir de l'anonymat relatif de la campagne. Ses diatribes contre les médias ont porté, et lui ont valu un traitement de faveur. Chapeau donc.

Il ne s'en trouve pas moins dans une impasse. Les élections législatives se tiennent immédiatement après la présidentielle et les candidats sortants de l'UDF sont tous issus de la droite parlementaire. Si François Bayrou soutient Ségolène Royal (plus ou moins officiellement), l'UDF ne pourra pas, durant les législatives, compter sur des accords de désistement avec l'UMP qui lui ferait payer sa trahison, ce qui signifierait une défaite probable pour une part importante des quarante députés de l'UDF. Or les hommes politiques n'ont pas le sens du sacrifice : dès lors que leur champion n'a pas passé le 1er tour, les députés UDF ne songent désormais plus qu'à leur réélection... qui passe par des accords de désistement avec l'UMP. Si - au contraire - il soutient Nicolas Sarkozy, il tourne alors le dos à toute l'argumentation martelée durant la campagne électorale : comment justifier de soutenir Sarkozy quand, quelques jours auparavant, on annonçait prendre un premier ministre de gauche une fois élu ? Selon toutes probabilités, François Bayrou devrait se rabattre sur le tropisme habituel du centrisme : les prises de positions à géométrie variable, soutenant sans soutenir, changeant d'avis sans se renier...

L'autre grand perdant du 1er tour de l'élection présidentielle de 2007, il ne faut pas l'oublier, c'est Lionel Jospin. Comment ne pas l'imaginer amer et sombre devant la présence de Ségolène Royal au 2ème tour. Ce n'est pas là une question idéologique, mais déontologique, presque morale. Lui qui a fondé sa vie sur le combat politique, l'opposition des idées, la rigueur intellectuelle, la probité, le devoir de vérité asséné jusqu'à la grisaille, voit l'exact opposé de tout ce en quoi il croît purger son échec de 2002... C'est précisément son incapacité à rassembler la gauche, son échec donc, qui a permis que la candidature de Ségolène Royal - fondée sur l'image, l'empathie, l'instinct, la réactivité émotionnelle - soit portée par les électeurs qui lui ont fait tant défaut... par crainte justement de voir se rééditer le séisme de 2002.

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Published by Robert H. - dans robert.holcman
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commentaires

Pivoine 23/04/2007 12:56

Euh Robert....Ma fête c'est le 20 juillet!!!lol
Notes que je n'ai rien dis sur Laguiller et Besancenot(-;
Notre première engeulade bloggueste???Chouette, attention je suis dure en affaireslol
Te fâche pas comme calolAller je vais te faire un bon café et des tits fondants au chocolat histoire de calmer tout le monde aprés on discute, ca te vas comme armistice???mdr
On s'est mal compris, il est évident qu'il a de quoi être content le sarko, mais je suis trés instinctive et la il y a vraiment quelquechose qui me dérange...
Je peux me tromper ca arrive à tout le monde....On verra ce qu'il se passe par la suite
Passes une bonne journée,
Amicalement

Robert H. 23/04/2007 13:57

Rires... si tu répliques avec des fondants au chocolat, je rends immédiatement les armes, c'est trop bon !
Non, pas d'engueulade, je trouve qu'internet est l'agora idéale : un lieu virtuel où l'on peut confronter ses sentiments, ses émotions et ses idées, à condition de partager quelque chose d'impalpable... peut être tout bonnement le respect de l'autre - ce qui nous réunit à l'évidence.
C'était comme ça chez moi : discussions politiques enflammées pendant les repas, cris, pleurs... et puis tout le monde réconcilié sur les fondants au chocolat !
A bientôt
PS : bien noté pour la fête (ah... les femmes)

Pivoine 23/04/2007 11:35

Bonjour,
Nous avons été nombreux à voter pour éviter que le pire se reproduise et non pas parceque les programmes correspondaient à nos idées politiques, hésitants jusque dans la cabine de vote.....
Nous avons parlé aprés et nous sommes tous ressortis avec un noeud à l'estomac, un grande insatisfaction, nous avions voté certes, mais pas par choix...
"Une fausse campagne" est un terme plus que réccurent, tout comme le fait qu'il n'y ai pas eu de débats....
En regardant les résultats, j'ai été frappé par le sourire de Sarkosy, qui donnait cette désagréable impression de ne pas avoir gagné le premier tour mais les présidentielles, je ne te parles même pas de son discours....Si faux....Comment un homme avec ses idées ose t'il reprendre une partie du texte de Martin Luther King adapté à sa sauce : "J'ai un rêve...."
A vomir....Il représente tellement le contraire.....Si Malaïka passe te lire elle sera consternée!!!!
Passes une bonne journée, à bientôt via les blogs(-;

Robert H. 23/04/2007 12:10

Hello Pivoine,
Je suis encore et toujours surpris par ces ressorts de guerre civile qui traversent la société française : dire que Sarkozy  est une menace pour la France relève du même réflexe que celui qui a conduit certains à prévoir les chars russes à Paris en cas d'élection de Mitterrand à la présidence.
Le centre de gravité politique de la France est tellement tiré à gauche par le poids du marxisme, qu'on en vient à considérer Sarkozy comme un homme très à droite. La réalité - peut-être dure à accepter pour certains, ça je le comprend, mais la réalité quand même - est que son positionnement idéologique est celui du parti travailliste britannique ou des démocrates américains.
Quant au sourire de Sarkozy... rires... il vient de faire 31 % au premier tour, 11 millions de voix, et il devrait être déçu ? 11 millions de voix, Chirac et Jospin n'ont pas réuni à eux deux autant de voix en 2002. C'est bien que le discours de cet homme, en dépit de tout ce qu'on dit sur lui, parle à une grande partie du corps électoral.
Nous avons tous nos opinions politiques et le droit de les défendre. Mais comment peut-on trouver Sarkozy effrayant et juger Laguiller et Besancenot sympathiques ? Ce sont les idées qui comptent : celles des deux derniers ont offert son armature idéologique à l'un des totalitarismes les plus ravageurs de l'Histoire. Je n'arrive pas à comprendre.
Amicalement,
Robert