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8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 18:34

Bien qu'il soit toujours difficile de comparer une élection présidentielle avec une autre, les commentaires vont bon train quant à la "qualité" de l'élection de Nicolas Sarkozy. Le problème est qu'on ne voit pas toujours très bien à partir de quels critères les jugements sont formulés.

Huit élections présidentielles ont eu lieu depuis 1965, date à laquelle le général De Gaulle a fait modifier la constitution de la Vème République pour introduire l'élection du président au suffrage universel direct. Sur ces huit élections (de Gaulle, 1965 ; Pompidou, 1969 ; Giscard d'Estaing, 1974 ; Mitterrand, 1981 ; Mitterrand, 1988 ; Chirac, 1995 ; Chirac, 2002 ; Sarkozy, 2007), Nicolas Sarkozy arrive en seconde position en nombre de voix (18,9 millions), derrière Jacques Chirac qui a obtenu 25,5 millions de suffrages contre Jean-Marie Le Pen. Le résultat de Jacques Chirac en 2002 ne peut pas être intégré dans une comparaison compte tenu du contexte très particulier du second tour, caractérisé par une mobilisation républicaine pour faire barrage au président du Front national. En nombre de voix, on peut donc dire que Nicolas Sarkozy arrive en tête.

Le nombre de voix, pour intéressant qu'il soit, n'est pourtant pas un instrument de comparaison probant, dans la mesure où il doit être rapporté au nombre d'électeurs inscrits (sur les listes électorales), votants (ayant participé au vote) et exprimés (ayant glissé un bulletin dans l'urne).

La plupart des commentaires se fondent sur le rapport entre les suffrages obtenus par le candidat et le nombre de suffrages exprimés. A titre indicatif, en termes de suffrages exprimés, les 53 % obtenus par Sarkozy sont dans la moyenne des présidents, situés entre le maximum de Pompidou (58,2 %) et le minimum de Giscard d'Estaing (50,8 %). Or les suffrages exprimés ne reflètent que très imparfaitement l'attitude du corps électoral. En premier lieu, les bulletins blancs ne sont pas comptabilisés - ce qui explique en grande partie (hors bulletins annulés) l'écart entre le nombre de votants et le nombre de suffrages exprimés. En second lieu, l'abstention n'est pas prise en compte - ce qui explique dans ce cas l'écart entre le nombre d'électeurs inscrits sur les listes électorales et le nombre de ceux qui ont pris part au vote.

C'est la raison pour laquelle, pour estimer la légitimité, la "qualité" de l'élection d'un candidat, il convient de rapporter le nombre de voix obtenues au nombre d'électeurs inscrits et au nombre d'électeurs votants.

Le nombre de voix obtenues par Sarkozy représente 42,7 % des électeurs inscrits sur les listes électorales au moment de son élection. C'est un score moyen : il est dépassé par Mitterrand (1988) avec 52 %, De Gaulle (45,3 %), Giscard d'Estaing (43,8 %), et Mitterrand (1981) avec 43,1 %. Seuls Chirac (1995), avec 39,4 %, et Pompidou (37,5 %) ont un pourcentage inférieur.

Si l'on rapporte le nombre de voix obtenues au nombre de votants, cette fois Sarkozy est très bien placé : avec 50,83 %, il n'est dépassé que par Pompidou (54,5 %) et De Gaulle (53,7 %).

En d'autres termes, si le score total de Nicolas Sarkozy ne doit pas conduire à conclure qu'il est le président le mieux élu de la Vème République, son score rapporté au nombre d'inscrits et, surtout, de votants, le place parmi les présidents bien élus et disposant d'un vrai socle de légitimité.

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Published by Robert H. - dans robert.holcman
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commentaires

Pivoine 09/05/2007 14:31

Les fondants au chocolat ca se mérite petit scarabé!!!!!rires
Qui est ce qui m'a dit que je savais bien brouiller les pistes, concernant mes idées politiques??Tu te débrouilles plus que bien sur ce coup là, des années de new york section criminelle, d'experts de tout horizons sans parler d'hercule poirot, miss marple et jessica fletcher (ils ont pas de bol ces gens là ou ils qu'ils aillent pifpoufpaf un meurtre....A ne pas inviter..lol), n'auront pas résolut l'énigme....."Mais pour qui à voté Robert....ballons rouges ou ballons bleus???ah ah alors alors????"
Pour les fondant au choco si cela te dis, On fait mon anniv le 15 juin et le reste du welol Viens donc rejoindres la bande de loufdingues avec ta dulcinée (gîte et couverts assuré!!!(-;), les fondants n'ont jamais volés au travers de la pièce ca pourrait être l'occasion d'innoverlol
Passes une bonne journée
Amicalement

Pivoine 08/05/2007 23:28

T'as pas pu te retenir....Il fallait que tu nous fasses un de tes articles qu'on relit plusieurs fois pour tout intégrerlol
Tu n'ébranleras pas mon talent journalisitique avec cet article, totale neutralité, pire que les suisses!!!Je plaisantes bien sûr!!!!
Tu vas hurler si je te dis pour qui j'ai voté....Aller je te fais hurler, ca compensera mon début de céssité oculairelol
J'ai voté Ségolène....Deux fois!!!Bah voui premier et second tour....
je te l'ai dit dans l'un de tes articles précédents et t'étais déjà pas content(-; j'arrives pas du tout a accrocher avec les idées de Sarkosy, Ségolène avait une campagne faiblarde, mais elle correspondait plus a mes idées.....La Piv  elle de gauche gauche...
Y va en falloir des fondants pour pas que tu boudes....lol
Bonne soirée et merci pour ton com, je t'ai répondu, je te préviens j'étais en pleine formelol
Bon pont(-;
Biz, amicalement
 

Robert H. 09/05/2007 13:01

Oui, j'avoue que j'aime bien faire dense ! En tout cas, pas besoin de fondants au chocolat pour compenser ton coming out électoral... rires... D'abord c'est une candidate républicaine ; ensuite, j'aurais préféré voter pour un réformateur de gauche, mais il me semble au fond plus important de voter pour un réformateur - quelque soit son étiquette politique (républicaine bien sûr). Le PS va longtemps regretter de ne pas avoir choisi DSK.
Sarkozy est un homme de droite, c'est une évidence, mais c'est avant tout un réaliste : sa campagne et son programme ne sont pas de droite, même si des éléments relèvent de ce camp - notamment sur la fiscalité et le droit du travail. De plus, et c'est un immigré de la deuxième génération qui te le dit, dans quelle équipe de campagne a-t-on vu un brassage des origines ? Celle de Ségolène ? Où Malek Boutih, ancien président de SOS Racisme, pourtant secrétaire national au PS, ne figurait pas... Ou bien celle de Sarkozy, assumant ouvertement ses origines, géographique et religieuse, rassemblant à ses cotés un panel de la société française.
Rires... envoie les fondants !!!
Amicalement,
Robert