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30 août 2007 4 30 /08 /août /2007 15:56
La critique des excès de la réglementation quant à la durée du travail, abondamment décriés ces temps-ci, est en partie justifiée. Ainsi, si la loi sur les 35 heures pouvait en partie se justifier par l'intensification du travail dans le secteur privé, son application dans le secteur public relève de la simple démagogie électoraliste. Ce qui est encore plus difficile à admettre, c'est que la durée hebdomadaire du travail à 35 heures a été en grande partie vidée de son sens dans le secteur privé alors qu'elle s'est pérennisée dans le secteur public.
Il n'en reste pas moins que la réglementation sur le travail, aussi pesante soit-elle devenue en France, s'ancre historiquement dans un rapport de force inégal entre employeur et employé : le droit du travail est fait bien évidemment pour protéger les salariés des abus dans le lien de subordination qui les unit à leur employeur.
Dans ces conditions, la proclamation du droit de tout un chacun de travailler plus quand il le souhaite n'est pas dénuée d'ambiguité. Cela a déjà été abondamment souligné s'agissant de la durée hebdomadaire du travail ; il en est également ainsi concernant la durée totale des carrières professionnelles.
Il est certain que de nombreux salariés souhaitent poursuivre une activité professionnelle alors même qu'ils sont en situation de faire valoir leur droit à la retraite ; il est tout aussi avéré que nombre d'entre eux le font en raison d'une insuffisance anticipée de leur pension de retraite. Lever excessivement les règles encadrant la cessation d'activité, risque de mettre les salariés sous une pression - pression sociale, vis-à-vis de ceux qui poursuivraient leur activité ; pression économique, de nombeux employeurs pouvant soudain discerner l'intérêt d'employeur des retraités à bon compte.
Le repos doit souvent être imposé aux travailleurs : faut-il rappeller que les congés annuels sont une obligation imposée par le Code du travail ? Qu'il est strictement interdit de travailler durant cette période ? Autrement, rien n'interdirait (c'est en partie le cas déjà) à tel ou telle d'occuper un emploi durant ses vacances.
Alléger les contraintes - excessives - pesant sur la durée du travail ne revient pas à exposer les personnes employées à des sujétions d'un autre temps.
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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 16:41

Les compliments qui accompagnent le décès de Monseigneur Lustiger s'expliquent sans nul doute par sa personnalité exceptionnelle et son rang dans l'Eglise catholique. Ils viennent aussi pour beaucoup du fait qu'il est né juif et s'est toujours déclaré comme tel, y compris au faîte de sa carrière ecclésiastique.

Ce dernier point fait de lui non pas une exception singulière au regard du dogme catholique mais l'accomplissement du parcours recommandé à chaque Juif par l'Eglise. Le christianisme est issu du judaïsme, à l'origine il n'en est qu'une composante. En plein essor, cette nouvelle religion a voulu s'affranchir de cette tutelle en proclamant que le judaïsme n'avait plus de raison d'être puisque désormais transformé en christianisme. C'est ce que Léon Poliakov décrivait dans son aphorisme : "L'origine de la haine, c'est la haine de l'origine." La haine envers les Juifs provient moins de l'accusation de déicide que du désir d'effacer l'origine juive du catholicisme.

Le prosélytisme catholique s'adressa donc prioritairement aux Juifs, par la force le plus souvent : la conversion ou la mort, comme pour effacer le péché originel du catholicisme. D'où l'ambiguité de la phrase de Jean-Paul II à l'adresse des Juifs : "Vous êtes nos frères ainés, nos frères aimés." Cette filiation pourrait tout aussi bien signifier que le judaïsme est une branche morte du catholicisme.

C'est à cette aune qu'il faut juger le positionnement de Jean-Marie Lustiger, son action pour le rapprochement entre judaïsme et catholicisme, l'hommage quasi national qui lui est rendu. Devenir catholique sans cesser d'être juif c'est au fond l'incitation séculière de l'Eglise à l'endroit des Juifs : abjurez votre foi puisqu'elle n'a plus de raison d'être. Le messie dont vous attendiez l'arrivée est enfin venu : c'est le Christ. Ce qu'on reproche religieusement aux Juifs, c'est justement de maintenir que le messie n'est pas arrivé, de refuser de voir en Jésus le messie des Juifs.

Jean-Marie Lustiger demeure un homme exceptionnel ; l'ambiguité de son positionnement religieux ne se dément pas pour autant.

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26 juin 2007 2 26 /06 /juin /2007 09:40

Le traitement médiatique différencié entre la situation d'Ingrid Bétancourt et celle de Gilad Shalit est saisissant. L'une a droit à une couverture médiatique exceptionnelle - rappels incessant de sa situation sur les grands médias, colloques, concerts, parainages de chanteurs, visites de la famille à l'Elysée ; l'autre demeure dans l'anonymat, à l'exception du rappel du premier anniversaire de sa détention.

Pourtant la similarité de leur condition saute aux yeux. Tous deux ont la double nationalité - franco-colombienne pour elle, franco-israélienne pour lui : en d'autres termes, Gilad Shalit est tout aussi Français que l'est Ingrid Bétancourt. On pourrait imaginer que le fait qu'il soit soldat dans l'armée israélienne introduise une distance fonctionnelle qui lui donnerait un statut particulier. Mais faut-il rappeler qu'Ingrid Bétancourt était candidate à l'élection présidentielle colombienne ? Difficile d'imaginer plus grand distance avec la France. Serait-ce alors parce qu'en tant que soldat Gilad Shalit prendrait des risques qui amodieraient son statut d'otage ? Mais Ingrid Bétancourt a pris des risques démesurés (pour ne pas dire démagogiques) en s'aventurant dans une zone totalement contrôlée à l'époque par les guérilleros du FARC, dans le but de donner un écho médiatique à sa campagne électorale.

Non, Ingrid Bétancourt et Gilad Shalit sont dans une situation quasi identique, mais ne bénéficient pas du même soutien. Rares sont les commentateurs à parler du soldat "franco-israélien" ; imagine-t-on décrire Ingrid Bétancourt comme une "otage colombienne" ? La différence fondamentale entre les deux otages est que l'un est israélien et juif. Cela suffit sans doute aux yeux de beaucoup à dévaloriser sa condition d'otage.

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25 juin 2007 1 25 /06 /juin /2007 15:06

La séquence électorale, qui vient de s'achever avec le second tour des élections législatives, a été l'occasion de voir se répandre la crainte de l'élimination de tout contre-pouvoirs en France si une trop forte majorité UMP se dégageait à la chambre basse.

Cet argument à de quoi surprendre dans la mesure où le problème de la France semble être davantage l'excès que la carence de contre-pouvoirs. La presse, certes, n'en fait pas ou peu office dans notre pays. Contrairement à la plupart des pays développés comparables, les médias français sont pro-cycliques, s'inscrivant dans une communauté de gestion avec le pouvoir en place - attitude sans doute expliquée par la promiscuité entretenue entre les deux mondes.

En revanche, d'autres contre-pouvoirs, puissants et organisés, existent en France alors qu'on n'observe pas une telle configuration ailleurs. Les organisations syndicales - "ouvrières" ou étudiantes - forment ainsi une force qu'aucun gouvernement ne peut mésestimer : pour avoir voulu le faire, Dominique de Villepin à obéré toutes ses chances dans la course présidentielle. Si la presse est ordinairement qualifiée de "4ème pouvoir", pour faire pendant aux trois premiers (législatif, exécutif, judiciaire), alors les syndicats forment un 5ème pouvoir en France.

En 1995, à peine nommé par le président nouvellement élu, le gouvernement Juppé s'est fracassé sur les grandes grèves de l'automne, lui interdisant de faire adopter la réforme des régimes spéciaux de retraite. Nul doute que, dans une situation comparable - pour ne pas dire identique - Nicolas Sarkozy fasse preuve de la plus extrême prudence avant que d'exciper de sa légitimité fraîchement acquise pour faire adopter des réformes qui heurteraient le 5ème pouvoir. Après sa campagne tonitruante, la prudence - la pusillanimité presque - avec laquelle il tente de convaincre du bien-fondé de ses propositions de réformes atteste de l'existence d'un contre-pouvoir puissant, bien au-delà des chiffres d'affiliation syndicale : le 5ème pouvoir.

Autre contre-pouvoir, le pouvoir économique, le 6ème pouvoir. L'insuffisance de titres de journaux, d'actionnaires de presse, la consanguinité des conseils d'administration, la porosité entre monde économique et monde administratif (l'ENA est considérée par beaucoup comme une Business School à l'anglo-saxonne), tout concourt à donner aux grands dirigeants économiques français une maîtrise des médias sans doute sans équivalent dans le monde occidental.

L'existence de contre-pouvoirs est consubstantielle de la démocratie. Pour reprendre l'aphorisme célèbre de Montesquieu : "Seul le pouvoir arrête le pouvoir." Dit autrement, il est stérile de compter sur les vertus personnelles pour dissuader d'abuser d'un pouvoir, tant l'attrait est grand de le faire. A l'inverse, une présence omnipotente des contre-pouvoirs finit par vider de sens le processus démocratique : à quoi bon désigner des représentants à la majorité si des minorités agissantes peuvent faire en sorte que le programme sur lequel l'équipe nouvellement élue s'est fait désigner est inapplicable ? Il en va ainsi de la réforme Juppé sur les régimes spéciaux de retraite, de la réforme de la gouvernance des universités du gouvernement Fillon, comme de la réforme de l'Ecole libre du gouvernement Mauroy.

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22 juin 2007 5 22 /06 /juin /2007 10:56

Les échos journalistiques qui entourent le film Lady Chatterley forment l'illustration saisissante des dérives du pouvoir médiatique. Voilà un film d'un manque d'intérêt qui stupéfie le spectateur : longue, vide, anachronique, la version passée dans les salles a barbé tous les gogos qui se sont laissés attrapés par les critiques élogieuses.

Car voilà le mystère, ce film a été encensée par la critique. Cette régurgitation de fantasmes d 'adolescent des années 1960 a séduit les professionnels du commentaire pour les mêmes raisons qui ont pétrifié ceux qui acquittent leur place : la lenteur et l'ennui.

C'est la raison pour laquelle, apprendre l'existence d'une version longue ne peut que frapper de stupeur ceux qui ont déjà enduré la version "courte". Il faudrait faire une enquête par sondage après la projection des deux  parties sur Arte : qui, honnêtement... franchement... oui, vraiment, qui a réellement pu assister au pensum jusqu'au bout ?

Le plus incroyable encore, est que la réalisatrice - Pascale Ferran - s'est indignée lors de la dernière cérémonie des Césars de l'absence de soutien et de subventions dont souffrent les films comme le sien. C'est soit faire preuve d'un culot monstre, soit d'aveuglement. Le cinéma français est justement affligé de ces productions cinématographiques qui n'ont pas besoin de spectateurs, ayant atteint leur équilibre financier avant même que d'être sorti. Avec les subventions publiques et le soutien des chaînes de télévision, la présence du spectateur dans les salles de cinéma devient superfétatoire. Sans un battage médiatique éhonté, Lady Chatterley n'aurait fait que quelques milliers d'entrée payantes ; Pascale Ferran devrait plutôt s'en féliciter que de se plaindre encore du manque de soutien qu'elle aurait prétendument subi.

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21 juin 2007 4 21 /06 /juin /2007 11:15

L'avantage du mode de scrutin à l'oeuvre pour les élections législatives en France est que - contrairement à ce qui est souvent avancé - il n'est pas brutal mais qu'il contraint aux alliances et aux compromis. Le Parti communiste a ainsi longtemps pu obtenir un nombre de députés largement supérieur à ce que ses résultats électoraux lui promettaient grâce à son alliance électorale avec le Parti socialiste. Les accords réciproques de désistement lui permettaient ainsi de "surnager" électoralement.

Le corollaire de ce principe est qu'il faut négocier, s'inscrire dans une logique d'alliance, et pas dans une positionnement de superbe isolement, arquebouté sur des principes ou sur des ambitions. C'est ainsi que les parti gauchistes n'obtiennent aucun député en dépit de résultats électoraux conséquents ; c'est également l'absence d'alliés qui fait que le Front national n'en a pas non plus. C'est donc l'extrêmisme des prises de positions qui exclut, et pas le mode de scrutin.

On peut voir une preuve de cette logique dans les résultats de l'UDF aux élections législatives récentes : l'absence de stratégie d'alliances a fait que ce parti doit obtenir sans cesse plus d'électeurs par député élu.

En 1993, avec 5 188 196 voix au premier tour, soit 4,7 % des suffrages exprimés, il a obtenu 213 députés - soit 24 358 voix par députés. En 1997, avec 8 323 177 voix (20,77 % des suffrages exprimés), il a obtenu 113 députés - soit 47 108 voix par députés. En 2002, les 1 226 462 voix recueillies (4,85 %) on permis à l'UDF d'avoir 23 députés à l'Assemblée nationale - soit 53 324 voix par député. En 2007, enfin, les 2 011 845 voix obtenues par le MoDem (7,73 % des suffrages exprimés au premier tour) ne lui ont permis d'obtenir que 4 députés, soit 502 961 voix par députés !

C'est bien l'incapacité de François Bayrou à nouer des alliances qui a conduit le parti qu'il dirige à cette extraordinairement médiocre "rentabilité" des voix obtenues. Avec seulement 1 point de plus obtenu en termes de voix, le Parti communiste dispose de presque 4 fois plus de députés que le MoDem.

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20 juin 2007 3 20 /06 /juin /2007 14:09

La femme du juge Borel, décédé à Djibouti dans des conditions douteuses, est l'exemple éclatant et admirable de la volonté personnelle. En dépit des obstacles judiciaires (les autorités juridiques françaises s'arqueboutaient sur la thèse du suicide) et politiques (le président Chirac aurait fait en sorte que Djibouti recoive le dossier d'instruction), et du risque potentiel de sa démarche pour sa propre personne, elle n'a jamais baissé les bras.

Et elle a obtenu gain de cause : le parquet vient de considérer que le juge Borel est mort assassiné, ce qu'elle proclamait depuis son décès. Qui d'entre nous pourrait raisonnablement affirmer qu'il poursuivrait pendant plus de quinze ans un combat manifestement aussi disproportionné ? Belle leçon à retenir, chapeau bas !

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15 juin 2007 5 15 /06 /juin /2007 18:04

Une fois de plus, le peuple palestinien est affranchi de toute responsabilité dans ce qu'il lui arrive. Les commentaires actuels sur le coup d'Etat islamiste dans la bande de Gaza vont - presque - tous dans le même sens : on aurait là la conséquence de la conjonction de l'impéritie américaine et du machiavélisme, pour ne pas dire de la perversité, israélienne.

Pourtant, ce qui se passe aujourd'hui à Gaza est bien le résultat d'un choix stratégique opéré par Arafat après la signature des accords d'Oslo, prélude à la reconnaissance mutuelle d'Israël et de l'OLP. Alors que les israéliens, et au premier chef leurs intellectuels, se sont exaltés à l'idée d'une paix prochaine, l'Autorité palestinienne nouvellement érigée s'est appliquée à endoctriner les plus jeunes dans la perspective de la pérenité de la lutte palestinienne. A tel point que de nombreuses voix se sont élevées face à la propagande véhiculée par les manuel scolaires palestiniens.

Les extrêmistes d'aujourd'hui sont les enfants palestiniens scolarisés au milieu des années 1990, chauffés à blanc contre l'ennemi juif, à chasser par tous les moyens de la terre sacrée. Alors que les mentalités israéliennes évoluait, Arafat ne traitait la paix que comme une trève. Le peuple palestinien en paye le prix aujourd'hui. Qui pourrait raisonnablement exiger d'Israël de passer des compromis avec les dirigeants palestiniens ? Et quels dirigeants ? De quelle partie du peuple palestinien ? Reconnu sur quelle portion de territoire ?

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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 16:38

Les développements récents de l'histoire soulignent à quel point les erreurs et les errements de dirigeants peuvent coûter cher au peuple qu'ils sont chargés de conduire. A cette aune, Slobodan Milosevic et Yasser Arafat sont respectivement les fossoyeurs du projet national serbe et du projet national palestinien.

C'est bien la sauvagerie, la barbarie dans certaines circonstances, des nationalistes serbes qui a conduit la communauté internationale à intervenir dans l'ex-Yougoslavie. La constellation de communautés dispersées sur le territoire de l'ancienne fédération rendait impossible une scission apaisée entre les différentes Républiques la composant. La communauté internationale aurait très certainement fermé les yeux sur une guerre qu'elle jugeait inévitable : on peut en voir la preuve dans l'extrême réticence qu'elle a mis à intervenir. Mais la façon dont cette guerre a été menée, le siège de Sarajevo, les massacres de Srebrenica, la politique de viols systématiques, l'épuration ethnique au Kosovo, l'horreur aux portes de l'Europe réconciliée, ont monté l'ensemble du monde civilisé contre le régime serbe.

Slobodan Milosevic tient une part prépondérante dans cette politique du pire qui, outre soulever le coeur, a conduit la Serbie à perdre jusqu'au Kosovo - berçeau de l'identité serbe. Les erreurs et les errements de Milosevic ont conduit la Serbie à se réduire à elle-même, dépouillée du Kosovo et bientôt du Monténégro.

Quant à Yasser Arafat, comment ne pas songer à son refus de la proposition d'Ehoud Barak, alors premier ministre d'Israël ? A Camp David, réunis à l'initiative de Bill Clinton en fin de mandat, Ehoud Barak a tenté le tout pour le tout pour obtenir un accord de paix - et ainsi gagner l'élection législative dans son pays. Israël et les communautés juives de par le monde se sont pétrifiées à l'énoncé des concessions envisagées par Barak en échange d'un traité de paix : restitutions croisées de territoires ; Jérusalem comme capitale de l'Etat palestinien ; souveraineté palestinienne sur les Lieux saints de Jérusalem. Mais visiblement ce n'était pas suffisant pour Arafat. Son incompréhension, réelle ou feinte, du fait israélien et du fait juif a été lourde de conséquences... pour le peuple palestinien.

Comment ne pas être stupéfait quand, dans une interview réalisée juste après Camp David, il déclare - hilare - refuser la souveraineté d'Israël sur le Mur des Lamentations, alors qu'on vient de lui offrir la souveraineté sur l'Esplanade des Mosquées, au motif que personne n'accepterait de concéder les fondations de sa maison... Aujourd'hui, quand on voit l'état du projet national palestinien miné par les dissensions, la société palestinienne s'engager inéluctablement dans la guerre civile, il est difficile de ne pas être frappé par le manque de clairvoyance du leader historique de la cause palestinienne, et des conséquences de son aveuglement.

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6 juin 2007 3 06 /06 /juin /2007 18:34

Dans son édition datée du 6 juin 2007, le journal Le Monde a publié un long portrait du cinéaste Raphaël Nadjari, signé par Jacques Mandelbaum, critique cinématographique qui s'était déjà distingué en considérant sur quatre colonnes Lady Chatterley comme un chef d'oeuvre...

On ne peut mettre en doute sa cohérence puisque, selon lui, la présentation du dernier film de Raphaël Nadjari dans la compétition officielle du festival de Cannes 2007 : "... couronne un cheminement et une manière de travailler qui sortent très largement du modèle courant." En effet, s'agissant de ce film, il précise un peu plus loin : "Tourné en vingt-deux jours selon une méthode chère au cinéaste (absence de scénario, absence de casting, improvisation des acteurs, fil ténu de l'intrigue)..."

On est rassuré, il existe toujours en France de vrais défenseurs d'une certaine approche de la culture... On peut toutefois se demander, à la lecture de cette description, si Raphaël Nadjari est si original que veut bien le dire Jacques Mandelbaum : on pourrait penser qu'il s'inscrit plutôt dans un vaste courant de créateurs, notamment cinématographiques, dont le festival de Cannes s'est fait le promoteur depuis quelques années.

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