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15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 13:10

Les pronostics quant au nombre de députés que le nouveau parti de François Bayrou - le Mouvement démocrate - pourrait obtenir dans la nouvelle assemblée élue au soir du 17 juin font rétrospectivement froid dans le dos.

Voilà un candidat, auquel plusieurs sondages effectués durant la campagne présidentielle donnaient la possibilité d'être élu président de la République, qui se serait trouvé en situation d'obtenir de 0 à 8 députés. Il est probable qu'élu, un mouvement aurait conduit à ce qu'il en obtienne davantage, mais rien n'aurait été en mesure de faire passer son soutien parlementaire de 29 à 239 députés, la majorité à l'Assemblée nationale. L'élection de François Bayrou, c'est désormais confirmé, aurait conduit à une crise de régime avec un président élu ne disposant pas d'une majorité parlementaire pour faire passer ses textes de loi.

Il serait facile d'ironiser sur les économies que le Mouvement démocrate va faire en termes de location d'espaces pour réunir ses membres et le fair play doit interdire toute allusion aux cabines téléphoniques. On peut toutefois s'interroger sur le sens de l'abréviation du nom du nouveau parti : le Modem, comme MOuvement DEMocrate. En informatique, le Modem est l'acronyme de modulateur/démodulateur, c'est-à-dire un dispositif de codage et décodage destiné à relier des dispositifs fonctionnant en analogique et d'autres en numérique. Un Modem n'est donc qu'un dispositif de traduction des données. Est-ce donc cela l'objectif du nouveau parti de François Bayrou ? Traduire les mêmes idées en des langages différents pour faire croire à une évolution ?

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14 mai 2007 1 14 /05 /mai /2007 17:17

L'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République fait remonter à la surface médiatique cette tumeur particulière de la vie politique française, les rapports entre pouvoir politique et média. Les craintes, les soupçons, les rumeurs même, sur une éventuelle collusion entre le nouveau pouvoir politique et les grands patrons de presse sont une excellente chose : le combat pour la liberté de la presse doit être vigoureux et sans relâche.

Les arguments des nouveaux zélotes de la liberté d'opinion seraient d'autant plus percutants s'il ne dataient pas que de quelques semaines. Il a fallu quatorze ans pour apprendre que François Mitterrand avait été un membre éminent du régime de Vichy, presque dix pour qu'on révèle au grand public l'existence de sa fille Mazarine. Et pendant toutes ces longues années, qu'on fait les défenseurs actuels de la liberté de la presse ? Quels articles a-t-on lu sur le sujet ? Bien au contraire, on nous abreuvait de reportages sur le couple - officiel - entre François et Danièle Mitterrand, de comptes rendus annuels sur l'ascension de la roche de Solutré...

Les médias vivent une proximité inquiétante avec le pouvoir politique en France ? Quel scoop ! Quelle découverte ! Qui ne s'est pas interrogé un jour ou l'autre sur le reportage consacré à un voiture, un produit, les performances de telle ou telle entreprise ? Qui n'a pas eu des soupçons de connivence lors d'une interview de complaisance ? Journalistes et hommes politiques se fréquentent, partent en vacances ensemble, vivent ensemble, se marient, c'est ainsi depuis des lustres et toujours aussi préoccupant. La dénonciation - légitime et salutaire - de cet état de fait serait bien plus crédible si elle ne s'apparentait pas à un petit coup de pouce donné aux copains flagellés par le suffrage universel.

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13 mai 2007 7 13 /05 /mai /2007 15:56

La presse rapporte qu'Hubert Védrine aurait été approché pour occuper le poste de ministre des Affaires étrangères du cabinet Sarkozy (l'effacement probable du premier ministre au profit d'un président gouvernant incite à utiliser la terminologie anglo-saxonne).

Cette proposition est pour le moins surprenante de la part d'un ex-candidat qui promettait la rupture et déclarait au soir de son élection : "Je ne vous trahirai pas, je ne vous mentirai pas, je ne vous décevrai pas." En effet, Hubert Védrine a été conseiller diplomatique de François Mitterrand en 1981, porte parole de l'Elysée en 1988, puis secrétaire général de l'Elysée en 1991. Il incarne par surcroît l'orthodoxie dans la ligne suivie par le Quai d'Orsay depuis des décennies. Comment imaginer que cet homme pourrait incarner un changement d'approche dans le positionnement international de la France ? Donner une image "moins arrogante" de notre pays  à l'étranger, pour reprendre une nouvelle fois les propos de campagne de Nicolas Sarkozy ?

 

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11 mai 2007 5 11 /05 /mai /2007 14:23

La permanence du gauchisme dans le paysage poliltique français est une source permanente d'étonnement. Si l'on peut comprendre l'aspiration à la justice, la propension à l'indignation des plus jeunes d'entre nous, même s'en féliciter et s'en émouvoir, on reste tout de même pantois face à la permanence d'un discours archaïque et pourtant omniprésent.

Mai 68 d'abord. A écouter ses défenseurs, on pourrait imaginer le reste du monde occidental encore affligé des moeurs des années 1960, avec une sexualité brimée, un accès barré aux contraceptifs, une hiérarchie sociale figée, cependant que la  France voguerait dans l'avant-gardisme culturel et sociétal. Or si l'on regarde autour de nous, l'ouverture des sociétés est - au moins - aussi marquée qu'en France. Comme souvent, la société française a fait le choix d'un évolution révolutionnaire ; cela ne veut pas dire pour autant que les changements qu'elle a connu n'aura pas pu intervenir sans mai 1968.

L'influence du marxisme-léninisme demeure à un niveau très élevé en France, tel qu'attesté par les scores électoraux des candidats s'en réclamant, et - surtout - par la tolérance attendrie des Français pour le méli-mélo idéologique brassant faucheurs d'OGM, écologistes, gauchistes, anti-nucléaires, anti-tout...

Par delà le folklore, c'est toujours une profonde remise en cause du principe démocratique qui est à l'oeuvre. Les slogans lancés par les anti-sarkozystes virulents d'aujourd'hui renvoient à ceux entendus quarante ans plus tôt. Affirmer que les gens n'ont pas bien compris les conséquences de leur vote majoritaire pour le candidat de l'UMP c'est reprendre l'affirmation : "Elections piège à cons" ; c'est aussi continuer de professer un mépris souverain pour le peuple (dont par ailleurs tout le monde se réclame), soi-disant trop bête pour savoir ce qu'il fait, sujet à toutes les manipulations, aux bons mots des grands de ce monde, comme cent ans en arrière on critiquait le suffrage universel au motif qu'il remettait le pouvoir de décider aux masses abâtardies par le vin.

Remettre en cause le résultat de l'élection présidentielle en opposant le "pays légal" au "pays réel" va dans le même sens : la masse a voté mais mal voté, ignorante qu'elle est du complot ourdi contre ses intérêts. Seul, l'élite éclairée et agissante, représentante autoproclamée du pays réel peut lever le voile et révéler au peuple ébahi la réalité de son oppression.

Tout cela relèverait du sourire si, il y a peu, les mêmes arguments n'avaient pas servi de fondement à l'asservissement d'une partie de l'Europe (sans même parler des empires russes et chinois). Nos jeunes enflammés devraient aller demander aux habitants des pays de l'Est s'ils pensent que les élections sont des "pièges à cons" ou s'ils sont enclins à privilégier le pays réel au détriment du pays légal. Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie, Pays baltes, ont payé au prix fort la mise en oeuvre de ces slogans d'un autre temps.

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10 mai 2007 4 10 /05 /mai /2007 13:09

Les quelques jours de villégiature passés par Nicolas Sarkozy à Malte juste après son élection, ainsi que la polémique qu'ils ont suscitée, sont très singuliers. Il est incontestablement troublant qu'un candidat qui s'est fait le chantre du travail, de l'effort, de son lien presque charnel avec le peuple laborieux, inaugure son mandat par des vacances de magnat du pétrole.

On pourrait avancer que c'est une bourde, que le nouveau président refuse d'admettre une fois revenu. D'un autre coté, ce président a fait preuve d'une telle maestria dans la conduite de sa campagne électorale qu'il est difficile de croire qu'une fois élu son attitude et ses propos relèvent du hasard. Peut-être s'agit-il d'un message qu'il entend délivrer, comme une préfiguration de son mandat. On peut imaginer qu'il cherche à bâtir une image de lui à l'instar des légendes passées, comme une sorte de Kennedy européen à qui tout réussit... On peut tout aussi bien avancer qu'il délivre un message politique aux Français : "Enrichissez-vous !" Faites comme moi, comme ceux que je fréquente : travaillez dur et vous serez récompensés.

"Enrichissez-vous !" est le mot prêté à Guizot, chef du gouvernement français au milieu du XIXème siècle, reprenant à son compte l'antienne de la  bourgeoisie de l'époque, aspirant à une richesse qui tourne le dos à la spéculation, le vol ou les trafics, pour être exclusivement bâtie sur l'effort. L'expression ne peut que faire penser à la phrase de Max Weber : " Si Dieu vous désigne tel chemin dans lequel vous puissiez légalement gagner plus que dans tel autre (cela sans dommage pour votre âme ni pour celle d'autrui) et que vous refusiez le plus profitable pour choisir le chemin qui l'est moins, vous contrecarrez l'une des fins de votre vocation, vous refusez de vous faire l'intendant de Dieu et d'accepter ses dons, et de les employer à son service s'il vient à l'exiger. Travaillez donc à être riches pour Dieu, non pour la chair et le pêché."

Le problème est que ce message-là est celui du protestantisme : Guizot était protestant et la citation de Max Weber est tirée de son ouvrage L'Ethique protestante et l'esprit du capitalisme. On retrouve bien ici la relation libérée des anglo-saxons à l'argent, qui contraste singulièrement avec l'hypocrisie catholique sur le sujet. C'est d'autant plus étonnant venant de la part d'un candidat élu par une nation longtemps considérée comme la fille aînée de l'Eglise.

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9 mai 2007 3 09 /05 /mai /2007 17:00

Le changement climatique est devenu le sujet à la mode. Les mêmes ingénieurs météorologistes qui nous expliquaient, quinze ans auparavant, que la fin des saisons n'avaient rien à voir avec un quelconque déréglement du climat, agitent désormais le tocsin en nous promettant l'Apocalypse si l'on continue à se servir de l'électricité et à voyager en avion. Incapables de nous donner le temps qu'il fera dans quatre jours, ils nous décrivent au dixième de degré près le climat dans cent ans.

Le plus probable est que la température moyenne du globe va s'élever et que l'Homme, dans son génie, va trouver les solutions techniques et organisationnelles pour y faire face. Mieux encore, on peut imaginer que les défis technologiques soulevés seront source de richesse et d'emplois : les travaux publics rendus nécessaires par l'élévation des océans, à eux seuls, susciteront une activité sans pareil dans l'histoire de l'Humanité.

A se focaliser sur ce qui n'est pas un vrai problème, on se détourne de la catastrophe à l'oeuvre : la destruction du vivant sur notre planète. Ce n'est pas du réchauffement climatique que les espèces vivantes souffrent, c'est de la prédation humaine. L'exploitation dévastatrice des animaux par l'être humain laisse sans voix. A la souffrance sans limites infligée aux autres espèces vivantes, l'Homme surajoute la destruction programmée d'un part importante de la biodiversité. Cette tendance à l'oeuvre est sans retour : autant on pourra lutter contre l'élévation des températures, autant rien ne fera revenir des espèces disparues. La faune sauvage disparaît de la surface de la terre ; nous avons transformé les animaux en matière première ; seuls les animaux domestiques ont un sort enviable... en tout cas généralement.

L'Homme est prétendument à la recherche de la vie dans l'univers, mais pour quoi faire ? Si, demain, on découvrait une planète peuplée de chiens, de chats, ou de perroquets, ce serait une découverte tonitruante pour la science, mais que ferait-on ? Comment communiquerait-on ? Nous sommes tellement habitués à asservir le vivant que nous n'envisageons même pas d'imaginer les moyens de communiquer avec lui. Les tentatives de dialogue avec les grands singes sont une caricature de cette incapacité : apprendre le langage de signes ou habituer des chimpanzés à appuyer sur des touches marquées de représentation de fruits, peut-on raisonnablement dénommer cela de la communication ? Toutes les explications avancées depuis des siècles vont dans le même sens : les animaux ne cherchent pas à communiquer (quand ils sont considérés comme des êtres vivants), ils sont territoriaux, agraires, en meutes, solitaires... tout ce qu'on veut mais pas sujet d'une communication possible. Mais a-t-on jamais cherché à réellement communiquer avec eux ? Qui a dit que " Se mettre en relation avec " (définition du terme communiquer) devait passer par le langage articulé ? Avant que de se lancer à la recherche d'espèces vivantes dans le cosmos, l'Homme devrait s'entraîner à vivre, et à laisser vivre, celles de la terre. Sauf à imaginer que la conquête spatiale n'a d'autres visées que l'exploitation de l'univers à l'image de l'exploitation dévastatrice de notre planète.

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8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 18:34

Bien qu'il soit toujours difficile de comparer une élection présidentielle avec une autre, les commentaires vont bon train quant à la "qualité" de l'élection de Nicolas Sarkozy. Le problème est qu'on ne voit pas toujours très bien à partir de quels critères les jugements sont formulés.

Huit élections présidentielles ont eu lieu depuis 1965, date à laquelle le général De Gaulle a fait modifier la constitution de la Vème République pour introduire l'élection du président au suffrage universel direct. Sur ces huit élections (de Gaulle, 1965 ; Pompidou, 1969 ; Giscard d'Estaing, 1974 ; Mitterrand, 1981 ; Mitterrand, 1988 ; Chirac, 1995 ; Chirac, 2002 ; Sarkozy, 2007), Nicolas Sarkozy arrive en seconde position en nombre de voix (18,9 millions), derrière Jacques Chirac qui a obtenu 25,5 millions de suffrages contre Jean-Marie Le Pen. Le résultat de Jacques Chirac en 2002 ne peut pas être intégré dans une comparaison compte tenu du contexte très particulier du second tour, caractérisé par une mobilisation républicaine pour faire barrage au président du Front national. En nombre de voix, on peut donc dire que Nicolas Sarkozy arrive en tête.

Le nombre de voix, pour intéressant qu'il soit, n'est pourtant pas un instrument de comparaison probant, dans la mesure où il doit être rapporté au nombre d'électeurs inscrits (sur les listes électorales), votants (ayant participé au vote) et exprimés (ayant glissé un bulletin dans l'urne).

La plupart des commentaires se fondent sur le rapport entre les suffrages obtenus par le candidat et le nombre de suffrages exprimés. A titre indicatif, en termes de suffrages exprimés, les 53 % obtenus par Sarkozy sont dans la moyenne des présidents, situés entre le maximum de Pompidou (58,2 %) et le minimum de Giscard d'Estaing (50,8 %). Or les suffrages exprimés ne reflètent que très imparfaitement l'attitude du corps électoral. En premier lieu, les bulletins blancs ne sont pas comptabilisés - ce qui explique en grande partie (hors bulletins annulés) l'écart entre le nombre de votants et le nombre de suffrages exprimés. En second lieu, l'abstention n'est pas prise en compte - ce qui explique dans ce cas l'écart entre le nombre d'électeurs inscrits sur les listes électorales et le nombre de ceux qui ont pris part au vote.

C'est la raison pour laquelle, pour estimer la légitimité, la "qualité" de l'élection d'un candidat, il convient de rapporter le nombre de voix obtenues au nombre d'électeurs inscrits et au nombre d'électeurs votants.

Le nombre de voix obtenues par Sarkozy représente 42,7 % des électeurs inscrits sur les listes électorales au moment de son élection. C'est un score moyen : il est dépassé par Mitterrand (1988) avec 52 %, De Gaulle (45,3 %), Giscard d'Estaing (43,8 %), et Mitterrand (1981) avec 43,1 %. Seuls Chirac (1995), avec 39,4 %, et Pompidou (37,5 %) ont un pourcentage inférieur.

Si l'on rapporte le nombre de voix obtenues au nombre de votants, cette fois Sarkozy est très bien placé : avec 50,83 %, il n'est dépassé que par Pompidou (54,5 %) et De Gaulle (53,7 %).

En d'autres termes, si le score total de Nicolas Sarkozy ne doit pas conduire à conclure qu'il est le président le mieux élu de la Vème République, son score rapporté au nombre d'inscrits et, surtout, de votants, le place parmi les présidents bien élus et disposant d'un vrai socle de légitimité.

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6 mai 2007 7 06 /05 /mai /2007 12:31

Le changement de formule du journal "LE MONDE" semble s'accompagner d'une dégradation de la qualité éditoriale. L'utilisation de la photographie à des fins éditoriales appelle de nombreuses réserves ; c'est désormais sur le fond de la ligne éditoriale qu'il faut s'interroger.

Que la rédaction de ce journal soutienne Ségolène Royal, c'est après tout son droit - même si on peut rappeler qu'en 1995, Le Monde avait soutenu Edouard Balladur au premier tour contre Lionel Jospin... mais enfin... Il y a problème quand ce soutien passe par une orientation militante des articles au détriment de leur pertinence.

Dans son édition du 2 mai, et contre toute évidence, Le Monde affirmait : "Le suspense durera donc jusqu'au bout dans l'élection présidentielle". Dans son édition du 6-7 mais, il titrait :"Mme Royal en panne de réserves de voix pour le second tour", rappelant ainsi ce que tout observateur lucide avait pu constater à l'énoncé des résultats du premier tour : le réservoir de voix de la candidate socialiste était inférieur de près de 3 millions de voix à celui du candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy.

Ces chiffres étaient connus dès le lundi 23 avril ; pourquoi dès lors avancer le 2 mai que rien n'était joué ?

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4 mai 2007 5 04 /05 /mai /2007 12:52

Le départ des époux Chirac de l'Elysée est l'occasion de saluer le parcours impressionnant d'une femme politique pourtant passée à coté d'une carrière au sommet. Bernadette Chirac est une femme politique dotée d'un tempérament et d'une vision stratégique hors du commun, dont son mari a largement profité.

Nul doute que la longévité de Jacques Chirac, ses coups d'audace, sa stratégie politique, ont été inspirés par sa femme. L'époque et, peut-être, les mentalités l'ont conduit à ne pas faire la carrière politique qu'elle pouvait accomplir. A l'instar de Simone Weil, qui reconnaît avoir laissé passer sa chance, Bernadette Chirac n'a peut-être pas cru suffisamment en elle, ou bien a craint de se retrouver en concurrence avec son mari. L'histoire est souvent ironique : s'affranchir de ce complexe n'est pas un gage de compétence et de capacité à exercer les plus hautes fonctions.

 

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2 mai 2007 3 02 /05 /mai /2007 16:53

Patrick Poivre d'Arvor, qu'on ne présente plus, porte ostensiblement une cravate rose vif pour présenter le journal télévisé de 20h00 sur TF1, dès qu'il s'agit pour lui d'interroger des acteurs majeurs de la campagne électorale pour l'élection présidentielle - au premier rang desquels Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.

PPDA a bien le droit de soutenir politiquement qui il veut - ouvertement, ou bien subliminalement comme il le fait en l'occurrence. La question est que son positionnement politique a toujours été au centre droit : giscardien il y a quelques décennies ; ami intime de Pierre Botton, le gendre de Michel Noir, ex-maire de Lyon - amitié qui lui coûta quelques désagréments judiciaires.

Comme PPDA est, par ailleurs, un séducteur invétéré, on est en droit de se demander si cette soudaine passion pour le centre gauche n'aurait pas comme fondement principal (si l'on ose dire) la beauté et le charme incontestables de Ségolène Royal. L'intérêt ainsi manifesté à la candidate durant sa dernière interview télévisée au 20h00 de TF1 étaient si pesant qu'elle en fût visiblement gênée, préférant adresser prioritairement ses réponses à François Bachy, journaliste également présent sur le plateau.

On peut difficilement imaginer pire service à rendre à la cause des femmes (parce qu'il y a effectivement une cause à défendre) que celle de donner son suffrage à une femme au motif qu'elle est une femme. C'est une injure faite à toutes celles qui, partout dans le monde, combattent pour faire admettre leurs compétences, leurs capacités, leur jugement. Golda Meïr ou Indira Gandhi ont respectivement dirigé Israël et l'Inde parce qu'elles étaient les personnalités politiques les plus marquantes de leur pays à leur époque, et pas parce qu'elles appartenaient au genre féminin.

Rappelons que Benazir Bhutto a dirigé, comme premier ministre, le Pakistan : l'un des Etats au monde où le sort de la femme est le moins enviable. A l'instar de ces prestigieuses devancières, elle a été élue à ce poste ni parce que ni en dépit du fait qu'elle est était une femme. C'est là un des marqueurs indéniables de la compétence.

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