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4 mars 2007 7 04 /03 /mars /2007 19:37

On s'imagine que les comportements des hommes politiques - tout particulièrement au plus haut niveau des responsabilités - relèvent de la grande politique, de la stratégie de haut vol, d'un jeu d'échec machiavélique, sans se douter que sont souvent à l'oeuvre les sentiments ordinaires éprouvés par tout un chacun.

Un exemple ? Le parcours politiques de Jacques ces douze dernières années. L'aspiration à imiter son prédécesseur, François Mitterrrand, est flagrante : nombre de mandats, référendum, trace dans l'histoire, tout est bon pour se rapprocher de son modèle, y compris choisir le même biographe. Jusqu'à l'élimination d'un pseudo dauphin - la différence venant cette fois des personnalités respectives de Michel Rocard et de Nicolas Sarkozy : le second n'hésitant pas comme le premier à "tuer le père".

La ressemblance entre les deux présidents dépasse de loin la volonté d'imitation du successeur. Ces deux présidents-là se seront distingués par l'absence de volontarisme. A cette aune, Chirac est le digne successeur de Mitterrand : tout deux ont accompagné les événements inéluctables de la société ; tous deux ont oeuvré sans cesse pour faire croire à leur activisme. Espérons que le prochain titulaire de la charge suprème se détournera d'une attitude politique consistant à se dire qu'on ne peut pas faire évoluer les sociétés, et tant qu'à ne rien faire, ou presque, autant être soi-même au commande plutôt que les autres.

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2 mars 2007 5 02 /03 /mars /2007 10:19

La mondialisation est parfois tenue en France pour le nouvel épouvantail. Ses dimensions sont pourtant multiples : économique (la grande menace), mais aussi culturelle (l'arrivée de la "World music" qui nous permet d'apprécier Ali Farka Touré, Nusrat Fateh Ali Khan ou Toumani Diabaté), gustative (mangues, longans, kakis... et autres délices exotiques en vente sur nos marchés).

S'agissant de l'économie, on notera trois points qui nous concernent plus particulièrement en France. En premier lieu, si la mondialisation des marchés du travail provoque sans nul doute une remise en cause des normes du travail dans les pays occidentaux, dans un mouvement inverse, elle conduit à l'imprégnation du droit du travail occidental dans les pays en développement - en particulier en ce qui concerne la prohibition du travail des enfants.

En second lieu, il peut paraître contradictoire de promouvoir l'aide au développement à coup de grands discours, en insistant sur l'émergence d'une autosuffisance économique dans des pays longtemps stigmatisés pour leur attentisme et - dans le même souffle - pousser des hauts cris quand ces mêmes pays, devenus compétitifs, vendent sur nos marchés domestiques des produits moins chers que ceux que nous produisons.

Le problème, et c'est le troisième point, ce n'est pas que tel ou tel pays nous vende, par exemple, des vêtements à bas coûts ; le problème c'est qu'aujourd'hui, en France, on fabrique encore des vêtements à la chaîne. Il y a belle lurette qu'Alfred Sauvy a postulé la théorie du déversement : les emplois perdus dans les secteurs en perte de vitesse doivent se déverser dans les secteurs les plus compétitifs. Encore faut-il pour cela que le système de formation - initiale et continue - s'ajuste aux évolutions de la connaissance : technologique, scientifique, sociale.

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1 mars 2007 4 01 /03 /mars /2007 16:44

L'un des des leitmotivs des personnes publiques en France, le passage obligé de toute prise de position, est qu'il manquerait de personnels dans les hôpitaux. Le problème est qu'on nous ne dit jamais de quel type de personnel il s'agit : personnels de soins ? administratifs ? techniques ?

La Cour des Comptes vient de rappeler que sur les 743 471 agents composant la fonction publique hospitalière, 80 % appartiennent au personnel soignant (dont 53 340 au personnel médical), les 20 % restant se répartissant entre les personnels administratifs, socio-éducatifs, ouvriers et techniques. Elle a également rapporté que le personnel non soignant se compose à 38 % de personnels administratifs (y compris les secrétaires médicales, dont les 22 000 membres exercent en majeure partie leur activité dans les services de soins), de 6 % de personnels socio-éducatifs et de 56 % d’agents des services ouvriers et techniques.

C’est ce dernier chiffre qui pose particulièrement problème : plus de 87 000 personnes travaillent dans les services ouvriers et techniques alors que 35 000 agents appartiennent au personnel médico-technique. Les personnels des services ouvriers et techniques sont affectés dans les services support des hôpitaux qui, longtemps, ont tendu vers l’autonomie, pour ne pas dire l’autarcie, en internalisant l’ensemble des activités nécessaires à leur fonctionnement : bâtiment, restauration, automobile, blanchisserie, entretien, etc. La filière médico-technique, quant à elle, est composée des personnels chargés de faire fonctionner les plateaux techniques des hôpitaux : imagerie médicale (radiologie, scanner, IRM…), pharmacie, laboratoires, stérilisation, rééducation. On y trouve ainsi des manipulateurs en électroradiologie médicale, des laborantins, des techniciens de laboratoire, des kinésithérapeutes…

En d’autres termes, dans les hôpitaux publics français, il y a deux fois plus de salariés dédiés à l’entretien des voitures et des jardins, à la fabrication des repas, la blanchisserie et le ménage, que d’agents dont le rôle est d’assurer le fonctionnement des laboratoires, des scanners et des IRM, de préparer et de distribuer les médicaments. Ce constat est d’autant plus préoccupant que le recours des hôpitaux publics aux entreprises de travaux et de maintenance ne se dément pas… loin de là.

L'hôpital manque-t-il alors de personnels ? Ou bien en a-t-il trop dans certains domaines ? A l’heure où l’activité des hôpitaux est soumise à une pression financière sans précédent, on peut se demander s’il est bien raisonnable de continuer de faire prendre en charge toutes les activités support par des personnels des établissements de soins.

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28 février 2007 3 28 /02 /février /2007 09:41

La ligne 6 du métro parisien (Nation/Charles de Gaulle Etoile) devient aérienne au passage de la station Bercy. On peut apercevoir, admirer pour certains, le Palais omnisport Paris Bercy (POPB), à l'architecture caractérisée par des toits en pente couverts d'herbe.

Le lecteur attentif du Canard Enchaîné ne peut s'empêcher de se rémémorer les commentaires de ce redoutable journal d'investigation faits durant le chantier de construction : erreurs multiples, manque de centimètres empêchant l'homologation par les ligues sportives nationales et internationales, experts en horticulture (si, si, ça existe...) affirmant l'impossibilité pour l'herbe de pousser dans de telles conditions, supputations multiples sur le gouffre financier qu'allait constituer ce nouveau projet pharaonique...

Or le succès du POPB ne s'est pas démenti : spectacles, concerts, tournois divers, de la neige, de l'eau, du ski, de la planche à voile... la liste est longue des activités accueillies, des salles combles. Qui pourrait aujourd'hui argumenter sérieusement sur l'échec du POPB ? A l'extérieur, le spectacle est original et tout aussi heureux : des pans entiers de gazons poussant dans des conditions extrêmes, comme une préfiguration des murs végétaux de Patrick Blanc, une revanche de la nature sur le béton.

Morale de l'anecdocte ? On aimerait voir dans le Canard Enchaîné un véritable hebdomadaire d'investigation, plutôt que le croisement surprenant entre l'émission Combien ça coûte animée par Jean-Pierre Pernaud et une feuille de choux d'extrême droite dénonçant à longueur de colonnes gachis éhontés, prévarication des élites, et pourriture du régime démocratique.

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 16:59

Ce matin, sur France Inter, une chronique de Bernard Guetta encore plus ébouriffante qu'à l'ordinaire. Il ne s'agit pas cette fois de nous décrypter les arcanes de telle ou telle dictature et de nous expliquer en quoi l'immobilisme est la solution la plus subtile et la plus pertinente. Non, ce matin, il attirait notre attention sur un arrêt de la Cour de Justice internationale de La Haye ayant qualifié de génocide le massacre de Srebrenica.

Pour bien nous faire comprendre que l'usage de ce mot est erroné (ce en quoi il a raison au passage), il nous dit que : "...un génocide est le meurtre d’un peuple, comme cela s'est produit au XXème siècle contre les Arméniens, les Juifs, les Tsiganes et les Hutus." Oui, les hutus... victimes d'un génocide. Vérification faite sur le site internet de France Inter (http://www.radiofrance.fr/franceinter/chro/geopolitique/), c'est bien des Hutus qu'a parlé Guetta.

Faut-il rappeler qu'au Rwanda, il y a un peu plus de dix ans, plus de 800 000 personnes - la quasi-totalité appartenant à l'ethnie des Tutsis - ont été massacrées, les meurtriers appartenant dans leur quasi totalité à l'ethnie des Hutus ? Depuis ce matin, aucune rectification apportée à cette énormité. En est-ce bien une au fond ? Dans l'obsession de réhabiliter l'intervention française au Rwanda, n'y a-t-il pas une forme de glissement freudien manifesté par cette incongruité ?

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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 14:43

Ni gauche ni droite, voilà qui semble - provisoirement en tout cas - emballer une part non négligeable des français sondés : François Bayrou surfe sur ce slogan qui n'est pourtant pas vide de sens.

"Ni gauche ni droite, Français". C'était l'affirmation tonitruante de l'extrême-droite française il n'y a pas si longtemps. C'est aussi l'axiome du centrisme historique, celui de la quatrième république et de son instabilité institutionnelle. Pour paraphraser Winston Churchill, on pourrait dire que la Vème République est le pire des régimes pour la France à l'exception de tous les autres. C'est à elle qu'on doit la stabillité et l'alternance politiques. Les vieux démons du parlementarisme échevelé sont toujours présents en France : il n'est que de voir le nombre de candidats cherchant à se présenter à la prochaine échéance électorale.

Ni gauche ni droite, un slogan patelin et débonnaire ? Gentil comme tout et conciliant ? Sûrement pas. C'est l'honneur des politiques d'avancer découverts et d'assumer ce qu'ils sont. Depuis quelques années, on a semble-t-il perdu de vue que la démocratie c'est proposer un projet aux électeurs et, une fois élu, de le mettre en oeuvre. Pas de faire croire qu'on contentera tout le monde.

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21 février 2007 3 21 /02 /février /2007 15:04

On peut espérer que si Ségolène Royal était élue les contraintes de la vie politique et de l'environnement international la conduiraient à modifier son discours et sa pratique.

Pour l'heure, sa campagne glace le sang. Non pas en raison de son inexpérience (bien réelle), de ses bourdes (suprenantes à ce niveau) ou de ses propositions, mais des outils symboliques qu'elle instrumente.

Ségolène Royal utilise une partie du décorum et du discours fascistes. La couleur blanche, la présence solitaire du chef dans les meetings, l'introduction des termes de "propreté", de "pureté" même, dans le débat politique, ne peuvent manquer de résonner historiquement d'une façon malsaine. L'association de certaines termes contradictoires - "Ordre juste" par exemple - sonne comme des mots d'ordre de dictature sud-américaine des années 1960.

Pureté et politique ne font pas bon ménage, à l'aune des critères des démocrates en tout cas. Son positionnement est d'autant plus surprenant venant d'une personnalité politique classée à gauche, censée donc représenter le multiculturalisme, le cosmopolitisme... l'internationalisme, s'agissant du parti socialiste français encore pétri de marxisme. On préférera y opposer le "Plaidoyer pour la décadence" de Raymond Aron, le caractère incomplet, insatisfaisant, inachevé, des démocraties... le pire des régimes à l'exception de tous les autres pour reprendre l'aphorisme de Winston Churchill.

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5 février 2007 1 05 /02 /février /2007 18:06

Philippe Douste-Blazy, ministère des Affaires étrangères, vient de répercuter la forte parole présidentielle quant à l'innocuité de la future arme atomique iranienne. Comme à l'accoutumée, le génie français s'est niché dans la terminologie.

Utiliser le terme de "Nucléaire employé à des fins non militaires" pour qualifier la démarche de l'Iran qui serait acceptable par la communauté internationale, c'est à la fois prétendre ne pas avoir tergiversé sur les principes qui gouvernent la démarche de sanctions menées au Conseil de sécurité des Nations unies et à la fois accepter que l'Iran détienne l'arme atomique.

Il suffirait qu'ils y mettent un peu du leur, Chirac et Douste-Blazy viennent de leur montrer la voie : l'arme nucléaire française étant réputée être une arme de "non-emploi", elle peut donc être qualifiée de "Nucléaire employé à des fins non militaires". L'Iran n'aurait plus qu'à déclarer qu'à l'instar de la France, son armement atomique n'est qu'une arme de dissuasion censée prévenir les intérêts vitaux de l'Iran.

A ceci, de mauvais esprits (j'en suis !) objecteront que le concept de dissuasion du fort au faible de la France, sa doctrine de non-emploi, sont à ce point incompréhensibles par de potentiels ennemis, que la France s'est dotée d'armements nucléaires tactiques (employables sur un champ de bataille) et d'un corps de doctrine ("l'ultime avertissement") justifiant l'emploi éventuel de bombes atomiques de moindre puissance... Jacques Chirac est même allé plus loin encore. Dans son discours du 19 janvier 2006 aux forces aériennes et océanique stratégiques de Landivisiau/l'Ile Longue (Finistère), il a affirmé que : "...les dirigeants d'Etats qui auraient recours à des moyens terroristes contre nous, tout comme ceux qui envisageraient d'utiliser, d'une manière ou d'une autre, des armes de destruction massive, doivent comprendre qu'ils s'exposent à une réponse ferme et adaptée de notre part. Et cette réponse peut être conventionnelle. Elle peut aussi être d'une autre nature." En d'autres termes, la France pourrait utiliser ses armes atomiques contre des Etats envisageant de recourir à des armements non conventionnels pour s'en prendre à elle.  Pour une doctrine censée être de "non-emploi", du "Nucléaire employé à des fins non militaires", c'est bien guerrier...

Pour dissiper le doute, il suffirait que les autorités françaises utilisent la terminologie employée jusque là, en opposant le nucléaire civil (centrales fournissant de l'énergie) au nucléaire militaire (armement atomique, quel que soit son emploi). Mais le problème est que la France a envoyé 1 600 militaires au Liban et qu'elle craint les représailles de l'Iran via le Hezbollah (qui a déjà à son tableau de chasse un ambassadeur et plus d'une centaine de militaires français). En d'autres termes, Jacques Chirac a poussé des hauts cris durant la guerre au sud-Liban de l'été dernier, exigeant l'envoi de casques bleus ; maintenant qu'ils y sont, il se rend compte du piège dans lequel il a mis la France et flatte l'Iran pour obtenir sa mansuétude. Du beau boulot pour le "dirigeant le plus expérimenté au monde", comme l'affirment certains médias français.

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2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 18:50

Climatologues et météorologues sont des gens surprenants : incapables de prévoir le temps exact qu'il fera dans quelques jours, ils parviennent en revanche à nous dire la température que l'on supportera dans cent ans.

Il y a une quinzaine d'années, ils démentaient - chiffres à l'appui - le constat que tout un chacun pouvait faire de sa fenêtre : le temps se dérègle et il fait plus chaud. Quelle bêtise ce populo à ressasser qu'il n'y a plus de saisons et qu'avec leur bombe ils nous ont déréglé le climat... nous faisait-on comprendre.

Aujourd'hui, c'est l'inverse : c'est à celui qui aura les arguments les plus convaincants pour nous expliquer ce que - encore une fois - nous pouvons tous constater : il fait plus chaud et les événements climatiques violents s'accroissent. C'est à celui qui fera preuve du plus grand catastrophisme, sans toutefois convaincre sur l'essentiel : les bouleversements climatiques à l'oeuvre sont-ils le résultat exclusif de l'activité humaine ou bien y a-t-il d'autres facteurs explicatifs ?

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1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 19:28

Jacques Chirac vient de nous refaire une des bourdes dont il a le secret. En 1986, déjà, en pleine vague d'attentats à Paris, il avait affirmé que tout cela n'était que de la "petite bière" (!) en comparaison des ravages que l'islamisme était susceptible de provoquer.

Aujourd'hui, il fait savoir (et essayer de corriger) que le fait que l'Iran possède une bombe atomique n'a au fond que peu d'importance parce qu'à l'instar des pays qui l'ont actuellement elle n'oserait pas l'employer. A titre d'exemple, il signale qu'à partir du moment où une bombe atomique serait partie de son territoire vers Israël, il ne faudra que quelques minutes pour que Téhéran soit rasée. Bon... Mais la bombe atomique partie à destination d'Israël, que deviendrait-elle ? Elle irait exploser sur un territoire grand comme deux départements français et peuplé de huit millions d'habitants !

Quant à la certitude que l'Iran n'utiliserait pas une arme, dissuasive par essence (dans le corpus des militaires et des responsables politiques français), souvenons-nous que durant la guerre Iran/Irak, les deux pays ont utilisé la totalité de leur arsenal - gaz asphyxiants compris. Si l'Irak n'avait pas été privé de l'arme nucléaire par l'attaque israélienne sur le réacteur Osirak (livré par la France...), il est probable qu'il l'aurait utilisé ; si l'Iran avait possédé l'arme atomique, qui peut croire qu'elle ne l'aurait pas utilisée ?

Ce que tout cela signifie ? D'une part que le bilan international de Chirac a été outrageusement surestimé (quand, il faut le reconnaître, son bilan intérieur a été sous-estimé) et, d'autre part, que bon nombre de dirigeants occidentaux sont disposés à passer Israël par pertes et profits si nécessaire... et qu'Israël a bien raison de ne compter que sur lui-même.

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