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20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 15:15
En portant sur le devant de la scène médiatique le débat quant aux modalités de recrutement dans la fonction publique, Nicolas Sarkozy a déclenché en retour un choeur de vierges effarouchées à l'idée que cette question soit évoquée..

Or pour s'indigner de la possibilité de recourir au contrat pour recruter des servants de l'Etat, il faut être soit totalement ignorant de la réalité de la gestion des ressources humaines dans les fonctions publiques, soit étonnamment gonflé.

Tout fonctionnaire sait parfaitement que l'Etat, via ses trois fonctions publiques (Etats, hôpitaux, collectivités territoriales), recourt aux CDD d'une façon qui mènerait au tribunal n'importe quel employeur privé. Il est fréquent que les DRH du secteur public signent des dizaines de CDD au même employé, parfois pendant plusieurs années... ou plusieurs décennies ; la plupart des informaticiens sont recrutés en CDI sous droit privé ; l'Etat a même récemment crée les contrats privés de droit public...

Plus fondamentalement, il n'est pas illégitime de s'interroger sur le lien entre service public et statut de la fonction publique. Dit autrement, seuls les fonctionnaires sont-ils à même de défendre au mieux l'intérêt général ? L'exemple des régies de transport, d'acheminement d'énergie, d'exploitation de certains sites sont là pour démontrer que le service public peut-être assuré par des opérateurs privés : les étudiants de Sciences po et de droit public sont capable de régurgiter à la demande les fameux arrêts du Conseil d'Etat sur le sujet.

Face aux coups de boutoir du marché (dont chacun bénéfice en termes de baisse des coûts), s'interroger sur le volume et le champ d'action du secteur public est certainement le meilleur moyen d'assurer la pérennité du service public.
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19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 19:22

Le débat politique est traversé par un discours dominant à chaque époque. Deux exemples tirés du passé permettent de juger à quel point le phénomène médiatique finit par se suffir à lui-même.

Il y a 25 ans, la gauche au pouvoir a réduit la sidérurgie française à sa plus simple expression. La droite aux affaires aurait fait la même chose tant il était acquis que la sidérurgie européenne n'avait plus d'avenir, que l'acier serait moins utile à l'activité humaine, et les surcapacités françaises dans ce domaine trop coûteuses pour être maintenues. Pourtant, aujourd'hui, la demande d'acier explose ; Mittal a racheté Arcelor ; et l'on se demande comment on a pu laisser faire ce désastre industriel.

Autre exemple que celui de l'agriculture : la presse nous a rebattu les oreilles des surplus alimentaires stockés par l'Union européenne. Combien de fois ne nous a-t-on pas asséné ces hangars frigorifiques débordant de viande, de lait, de beurre ? Qui ne s'est pas indigné de cette agriculture européenne - surtout française - subventionnée pour produire des excédents ? Et aujourd'hui, voilà que l'on apprend que les surplus européens ont disparu, et que le prix des matières premières agricoles augmentent même sous l'effet d'un resserrement de leur offre.

L'expérience enseigne donc que les engouements idéologiques passagers pour tel ou tel discours doivent être pesés à l'aune de quelques décennies... et des enjeux fondamentaux d'un pays : disposer d'une industrie puissante et d'une agriculture autosuffisante a toujours été un atout, et le demeure - en dépit de la "virtualisation" croissante de l'économie mondiale.

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15 septembre 2007 6 15 /09 /septembre /2007 12:35
Jacques Martin est mort. Sans crainte de verser dans le sentimentalisme, pourquoi nier un pincement au coeur à l'annonce de la disparition d'un comique tonitruant et subtil, cacher les éclats de rire à pleurer provoqués à l'écoute des duos avec Jean Yanne aux Grosses têtes de RTL (eh oui...). Jacques Martin était diablement drôle et redoutablement intelligent.

Mais plus encore que ses qualités personnelles d'artiste et d'animateur d'équipe, il a su rencontrer l'une des évolutions les plus marquantes qu'a connues la société française - au moins depuis la seconde guerre mondiale. Il est de bon ton aujourd'hui de brocarder Valéry Giscard d'Estaing, son emphase et ses goûts aristocratiques. Il n'en reste pas moins qu'il a libéralisé la société française, jusque là encroûtée par le pompidolisme triomphant. 

Tirant les leçons de mai 1968, il a bataillé contre sa majorité pour faire légaliser l'avortement ; introduit la saisine parlementaire du Conseil constitutionnel ; abaissé la majorité à 18 ans (ce qui a contribué à sa défaite électorale de 1981) ; desserré la patte de l'Etat sur l'audio-visuel. C'est ce contexte qui a permis la révolution du Petit Rapporteur.

Cela n'ôte pas les mérites de Jacques Martin : il fallait talent, intelligence et culot pour s'engouffrer dans cette brêche. Difficile d'imaginer aujourd'hui - à l'ère de l'impertinence banalisée et commercialisée - le souffle de liberté, de joie, de rire, apporté par Jacques Martin et son équipe.
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10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 16:59
Les propos de François Fillon hier sur Canal + sont absolument stupéfiants. Les premiers mois de la nouvelle équipe au pouvoir ont beau nous avoir habitués à une transgression permanente des règles institutionnelles, écrites ou tacites, la position prise par le premier ministre à l'endroit du président est sans équivalent - en France et même (il faudrait vérifier à position institutionelle équivalente) dans les autres démocraties.

Voilà un premier ministre, qui ne tire sa légitimité gouvernementale que du fait d'avoir été désigné par le président de la République, qui met ce dernier en demeure de promouvoir une réforme extrêmement hasardeuse sur le plan social. Le terme utilisé par François Fillon ("déclencher" la réforme) ne laisse planer aucun doute quant aux conséquences que lui-même semble escompter d'un tel acte politique.

Faut-il que cet homme calme et pondéré soit ulcéré par le manque d'égards qui lui est sans cesse manifesté pour ainsi sur-réagir. Il n'en reste pas moins que cette prise de position pourrait tout aussi bien esquisser les premiers signes annonciateurs d'une brouille sans précédent au sommet de l'Etat. Car c'est une manifestation d'indépendance unique sous la Vème Républiqlue dont vient de faire preuve François Fillon. Rappelons qu'hormis un vote de défiance à l'Assemblée nationale, légalement seule sa démission présentée au président peut mettre fin à ses fonctions. On dit que le général de Gaulle en était à ce point conscient qu'il exigeait de ses premiers ministres une lettre de démission non datée avant de rendre leur nomination publique.
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10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 16:49
"Nasser : rédemption d'une racaille". Voilà le titre d'un portrait que le journal Le Monde a consacré, dans son édition du 7 septembre 2007, à un loubard de banlieue revenu dans le droit chemin. Une "racaille"... on en frémit... Quoi donc ? Une racaille ? Ce qualificatif qui a ulcéré les bonnes âmes quand il a été repris par Nicolas Sarkozy en 2005 sur la dalle d' Argenteuil, et maintenant utilisé par le quotidien français de référence ? 

De deux choses l'une, soit on considère que l'usage du terme - en banlieue et ailleurs - s'était banalisé et qu'infamant il était devenu un moyen ordinaire de désigner les jeunes de banlieue siglé vestes de jogging, capuche sur la tête, fond de pantalon aux genoux et démarche de gorille, soit on continue à le considèrer comme une insulte particulièrement grave, et auquel cas on s'abstient de l'utiliser soi-même 24 mois plus tard.

Racaille... pour tout ceux qui boivent un verre ailleurs qu'au Flore et qu'Aux Deux Magots, boulevard Saint-Germain à Paris, il s'utilise sans connotation aucune depuis plusieurs années. Les intéressés l'utilisent eux-mêmes pour se désigner mutuellement. Il faut vraiment ne pas quitter les beaux quartiers, de Paris ou d'ailleurs, pour développer une crise d'urticaire comme celle qui a démangé les bonnes consciences du langage sur le sujet.
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8 septembre 2007 6 08 /09 /septembre /2007 18:39
La défaite de l'équipe de France de Rugby face à l'Argentine s'inscrit dans un contexte qui rappelle étrangement celui des défaites de l'équipe de France de football durant la coupe du monde de 2002 en Corée du sud et au Japon.

Publicités et contrats commerciaux en tout genre, assurance de l'entourage, joueurs sûrs de leur fait... tout semblait - et semble encore - indiquer que la préparation de l'équipe de France lui apparaissait telle qu'il lui suffisait de jouer pour que la logique doive s'imposer, y compris à ses adversaires. De même que pour l'équipe de France de football de 2002, le jeu de l'équipe de France de rugby est à ce point stéréotypé que ses adversaires n'ont aucune difficulté à s'y ajuster et à en tirer parti.

La seule différence - mais quelle différence ! - est qu'au mondial 2002, la France avait déjà remporté la coupe du monde et le championnat d'Europe des nations. Espérons que l'équipe de rugby saura tirer les leçons de ces errements passés ; encore faudrait-il que son sélectionneur, Bernard Laporte, mette sur le terrain les joueurs appropriés... L'omniprésence de ce futur ministre dans les écrans publicitaires, comme au détriment des - médiocres - résultats de l'équipe qu'il dirige, augurent mal de son action politique à venir. Avant de tirer les dividendes de la gloire, encore faut-il avoir préalablement gagné.
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7 septembre 2007 5 07 /09 /septembre /2007 11:56
Dans les débats consacrés aux enjeux concernant les entreprises et leurs salariés (réduction du temps de travail ; présence et action des syndicats ; aides à l'emploi ; coût du travail ; position du patronat ; etc.) les commentateurs semblent tenir pour acquis que la France économique est constituée d'un tissu de grandes et moyennes entreprises.

Or c'est tout l'inverse. Contrairement à ce que l'on peut observer chez nos principaux partenaires commerciaux, le tissu industriel et commercial de notre pays est formé d'une multitude de toutes petites et petites structures. Ainsi, on peut constater que 55 % des entreprises françaises n'emploient aucun salariés ; 37 % d'entre elles emploient de 1 à 9 salariés. Au total, donc, 92 % des entreprises françaises emploient moins de 9 salariés, et 98 % moins de 49 salariés.

A l'autre extrêmité, 1 % des entreprises françaises emploient plus de 50 salariés ; seules 0,2 % d'entre elles ont plus de 250 salariés.

En d'autres termes, l'immense majorité des entreprises françaises sont dépourvues de direction des ressources humaines, de financiers avertis et de juristes distingués pour les aider à démêler les arcanes des règles qui encadrent leur activité. C'est cette image qu'il convient de conserver à l'esprit quand on parle des entreprises françaises, ce qu'elles sont capables de faire, d'encaisser ou de supporter.
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6 septembre 2007 4 06 /09 /septembre /2007 13:37
La mode lexicale est aujourd'hui à la "diversité". Les commentateurs entendent par là éviter le terme sinistre de "minorités visibles" qui laisserait à entendre que les minorités qui ne le seraient pas n'auraient pas droit à l 'attention et à l'intérêt qu'elles méritent. On nous parle donc de candidats de la diversité, de représentants de la diversité dans le corps des journalistes de l'audio-visuel, chez les sportifs, etc.

Le problème est que cette diversité-là est bien peu diverse et est aussi réductrice que le concept de "minorités visibles", même si c'est d'une façon différente. Le nouveau concept de "diversité" réunit en réalité les personnes issues des anciennes colonies française de l'Afrique noir et du Maghreb.

Or la diversité française - même actuelle - a une diversité, si l'on ose dire, bien plus grande. L'immigration en provenance de la péninsule indochinoise, ancienne colonie française, ne semble pas exister aux yeux de défenseurs des immigrés ; il en est également ainsi des personnes venues du sous-continent indien. Le poids de cette immigration asiatique et orientale dans le débat public semble proportionnel aux problèmes qu'elle soulève... c'est-à-dire très faible.

On cherche à nous persuader que la France serait aujourd'hui moins accueillante qu'elle ne le fut par le passé ; or la parfaite intégration de l'immigration contemporaine "non visible" est là pour attester du contraire. Quant au caractère accueillant de la France à l'égard de ses immigrés par le passé, il relève du fantasme. De tout temps et partout, émigrer a été une souffrance qui appelle de l'immigrant un surcroît d'efforts d'adaptation à son nouvel environnement, la lutte contre les préjugés, la concurrence des immigrés plus anciens que lui.

On pourrait à l'inverse affirmer que la France n'a jamais été aussi accueillante qu'aujourd'hui.  La profusion d'associations d'aide aux immigrés et leur activisme juridique manifeste une différence certaine avec la situation des immigrés il y a quelques décennies, laissés à eux-mêmes. Il n'est que de consulter un recueil des décisions du Conseil d'Etat pour se rendre compte de l'omniprésence du GISTI (Groupe d'information et de soutien des immigrés) dans l'activité de la juridicition administrative. Il n'est pas question de le déplorer, mais bien de constater qu'en dépit de tous ces efforts, sans précédents dans l'histoire de notre pays, jamais la question de l'immigration n'a été aussi problématique.

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5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 18:02

Confirmant la position de l'Elysée (c'est déjà ça !), Cécilia Sarkozy a déclaré refuser de se présenter devant la commission d'enquête parlementaire qui va se pencher sur les conditions dans lesquelles la libération des infirmières bulgares a été obtenue. On peut s'étonner que quelqu'un à même de négocier 50 heures avec un chef d'Etat étranger (selon ses propres affirmations) ne soit pas en mesure de s'en expliquer devant quelques parlementaires de son propre pays.

On pourrait même se demander à quel titre elle s'est rendue en Libye. Faut-il le rappeler, nous sommes en République. Or en république, les fonctions sont électives ; dans la fonction publique, elles sont obtenues par concours. Ce sont là les seuls moyens de représenter la France, tout autre relève du népotisme qui originellement signifie : "Faveur et autorité accordées par certains papes à leurs neveux, leurs parents, dans l'administration de l'Eglise".

La règle est l'anonymat, de façon à privilégier la compétence des titulaires de fonctions, tournant le dos ainsi aux manières de l'Ancien régime sous lequel les charges étaient hériditaires ou cessibles. L'article 6 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen prescrit à cette fin que : "Tous les citoyens, étant égaux à ses yeux [la loi], sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents."

Pour paraphraser Arnaud de Montebourg qui trouvait que le seul défaut de Ségolène Royal était son compagnon, il semblerait que Cécilia soit la faiblesse de Nicolas Sarkozy. Si l'on se remémore que leur couple s'est reformé assez peu de temps avant l'élection présidentielle, on est en droit de subodorer que les revirements, les absences soudaines, les missions à l'étranger de Cécilia Sarkozy ne forment que le bruit de fond de leurs problèmes conjugaux qui perdurent. Dès lors que ces difficultés matrimoniales interfèrent avec l'action de l'Etat, on est en droit de soulever la question et de se demander dans quelle mesure cette situation inédite (parce qu'elle apparaît) peut durer.

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4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 15:28

Le sort fait aux animaux de par le monde est peu enviable et nombreuses sont les situations où la cruauté exercée et le risque d'extinction des espèces sont autrement plus marqués que dans notre pays.

Il n'en reste pas moins que les arguments des défenseurs de la corrida sont à ce point spécieux qu'ils suscitent une certaine indignation. On pourra s'arrêter sur la notion de tradition locale qui, appliquée en d'autres temps et d'autres lieux, ferait perdurer chez nous et à notre époque nombre de pratiques barbares.

Mais surtout, ce qui est difficilement acceptable c'est que la corrida soit présentée comme l'occasion de démontrer les qualités de virilité, de puissance et de courage de l'homme face à la brutalité et à l'agressivité de l'animal.

En premier lieu, si les portes de l'arène demeuraient ouvertes, il est plus que probable que le taureau fuirait. En second lieu, il est difficile de concevoir que l'opprobre soit souvent jeté sur l'accoutrement et l'excès des postures des drag queens et que les toreros soit considérés comme l'archétype de la virilité, presque du machisme, quand travestis et tueurs de taureaux sont habillés de façon presque identique. Fesses moulés, couleurs criardes, fanfreluches, béret de guingois... on n'ose imaginer le sort qui serait réservé à un torero ainsi accoutré s'il s'égarait la nuit tombé dans le bois de Boulogne à Paris.

Plus sérieusement, faire croire que les toreros entrent dans l'arène affronter une bête au sommet de sa puissance est une escroquerie. Avant que le coup de grâce soit donné, le taureau a été mutilé : des cavaliers, armés de lances, montés sur des chevaux armurés, ont transpercé les flancs de la bête, lui ont souvent crevé les poumons. Ainsi préalablement fatigué, ses artères ont été entaillés par des hommes à pied afin de lui faire perdre encore plus de sang. Au final, le torero se présente devant une bête agonisante... beau courage. Voudrait-il nous démontrer leur bravoure qu'ils entreraient en même temps que le taureau pour l'affronter en pleine santé.

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