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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 14:28

« Quand la loi réprime des actes que le sentiment public juge inoffensifs, c’est elle qui nous indigne, non l’acte qu’elle punit. » Le défi social posé par la question de la légalisation de l’euthanasie réside dans ce constat formulé par Émile Durkheim dans « Le suicide [1] », ouvrage fondateur de la sociologie. La loi étant l’expression de la volonté générale, il y a fort à parier qu’elle finira inéluctablement par s’ajuster aux convictions exprimées par l’opinion s’il n’est pas démontré que l’euthanasie recèle la pire des injustices, celle qui a trait à la pérennité même de l’existence suivant le statut social. Or le sentiment public s’oriente majoritairement en faveur de la légalisation de l’euthanasie. On observe ainsi qu’en cas de maladie grave et incurable s’accompagnant d’une souffrance insurmontable, les Français étaient 85 % en 1987 à s’être déclarés favorables à ce que soit reconnu au malade le droit d’être aidé à mourir à sa demande, 84 % en 1997, 86 % en 2001 ; ils étaient 76 % en 1987 à être favorables à la légalisation, 82 % en 1997, 77 % en 2001 et 86 % en 2006 [2].

Selon ses partisans, la légalisation apporterait non seulement une liberté nouvelle mais accroîtrait aussi l’égalité en étendant à tous le bénéfice d’un suicide digne : actuellement, seuls les plus favorisés pourraient profiter d’une assistance pour mourir avant l’heure, grâce à leur réseau et à leur influence ; les autres, les plus humbles particulièrement, seraient condamnés à poursuivre leur vie jusqu’à son terme naturel quelles que soient les circonstances, y compris les plus douloureuses et dégradantes. Il y aurait donc une injustice entre ceux – les plus favorisés – qui pourraient accéder à l’euthanasie, même si elle est actuellement interdite, et les autres qui seraient exclus de cette nouvelle conquête sociale en raison même de sa prohibition. Légaliser l’euthanasie reviendrait à placer ceux qui ne disposent pas du réseau relationnel permettant la fourniture des moyens requis pour accéder à une fin paisible à l’abri des moyens barbares auxquels ils sont pour l’heure renvoyés : armes à feu, poison, noyade, asphyxie, défenestration, pendaison.

C’est pourtant l’inverse qui est à craindre : que les nantis tirent avantage d’une vie plus longue et en meilleure santé, tandis que les plus modestes – déjà affectés d’une vie plus courte et marquée par la dégradation physique prématurée – soient exposés à une mort anticipée sous l’effet mécanique de la sociologie du vieillissement. Aux pauvres, l’injection mortelle ; aux riches, l’octroi jusqu’à la fin de leurs jours de soins palliatifs de plus en plus sophistiqués, autorisant une fin de vie paisible et prolongée.

L'accroissement de l'inégalité devant la mort


Le vieillissement de la population est de plus en plus un vieillissement en bonne santé, mais l’allongement spectaculaire de la durée de l’existence est inégalitaire. L’INSEE, qui recensait 20 000 centenaires en France en 2008, prévoit que leur nombre pourrait passer à 46 000 en 2030, et à 165 000 en 2050. La part des plus de 60 ans dans la population totale passerait de 20 % en 2000 à 32 % en 2050.


Mais, d’ores et déjà, les Français les plus diplômés peuvent escompter vivre 20 % plus longtemps que les non-diplômés. L’espérance de vie varie significativement suivant la catégorie professionnelle : l’INSEE a récemment rappelé que ce sont toujours les ouvriers qui décèdent le plus tôt, et les cadres et professions intellectuelles supérieures qui bénéficient de la vie la plus longue – cette tendance étant moins marquée chez les femmes [3] . La surmortalité des ouvriers comparativement aux cadres et aux professions intellectuelles supérieures ne commence à diminuer qu’à partir de 92 ans.


Ces inégalités s’accroissent encore en ce qui concerne la durée de vie sans incapacité : non seulement les catégories sociales défavorisées vivent moins vieilles mais elles vivent aussi moins longtemps en bonne santé. C’est ce qu’a démontré une étude de l’INED [4]  : les ouvriers ont une durée de vie plus réduite que les cadres et ils passent aussi plus de temps que ces derniers avec des incapacités et des handicaps. Les cadres vivent davantage sans incapacités que les ouvriers, surtout pour les formes les plus courantes de ces dernières comme les limitations fonctionnelles (5]  ; les différences sont moins marquées pour les incapacités les plus sévères, à ceci près que chez les ouvriers, les incapacités ont davantage tendance à s’aggraver. Comme les catégories sociales défavorisées vivent moins vieilles, qu’elles vivent moins longtemps en bonne santé, elles se verraient mécaniquement exposées davantage à la question de l’euthanasie que les franges les plus aisées du corps social.


Pire encore, cette propension à être confronté à l’euthanasie se transmettrait de génération en génération : une étude [6] atteste de l’influence de la profession des parents et de leur état de santé sur celui de leurs enfants à l’âge adulte. Avoir des parents dont le statut social les fait vivre moins vieux et en moins bonne santé que les catégories sociales les plus favorisées conduit à connaître le même sort. Il y aurait donc une forme « d’hérédité sociale » de la vie abrégée.


Aux inégalités sociales en termes de santé, d’espérance de vie et de durée de vie sans incapacités, viennent de plus se surajouter des inégalités territoriales. L’espérance de vie en France est de 76,8 ans pour les hommes et de 83,8 ans pour les femmes [7], mais cette moyenne masque des écarts importants suivant les régions. Ainsi, en Ile-de-France, les hommes gagnent presque deux années de vie (78,5 ans) par rapport à la moyenne nationale, et les femmes un peu moins d’un an (84,5 ans). À l’opposé, dans le Nord-Pas-de-Calais, les hommes perdent plus de trois ans (73,6 ans) par rapport à la moyenne nationale, et les femmes y ont une espérance de vie réduite de plus de deux ans (81,6 ans). En d’autres termes, en cas de légalisation, l’exposition à l’euthanasie serait plus élevée dans certaines parties du pays que dans d’autres : la vie y étant plus courte, l’apparition des incapacités et des maladies très invalidantes y serait plus précoce. Cette inégalité se conjugue avec les disparités dans les taux d’équipement en établissements d’accueil pour personnes âgées (de 56 lits à 269 lits pour 1 000 personnes âgées de 75 ans ou plus suivant les départements [8], comme dans les taux d’équipement en places de services de soins infirmiers à domicile. Par conséquent, l’insuffisante prise en charge des personnes âgées exposerait davantage ces dernières à l’euthanasie dans certains départements.


Inégalité sociale devant la mort, iniquité face au vieillissement en bonne santé, transmission familiale de la propension à vivre moins vieux, disparités territoriales dans l’offre de prise en charge des personnes âgées… la légalisation de l’euthanasie ne conduirait donc pas – comme c’est affirmé par ses défenseurs – à placer faibles et forts, riches et pauvres, sur un pied d’égalité devant la mort, mais l’inégalité devant la fin de l’existence – statistiquement démontrée – permettrait aux plus nantis d’échapper à une fin de vie prématurée alors que les plus vulnérables, ne disposant pas du réseau, de l’information, de l’entregent, nécessaires pour échapper à « l’évidence » d’un décès anticipé imposé par l’appréciation de la dégradation de leur état de santé, y seraient assujettis.

La séduction de la mort anticipée sur les plus vulnérables

 

L’euthanasie est présentée, par ses défenseurs, comme une liberté, un choix personnel relevant de la pleine autonomie de la personne. On peut en douter. Il est plus vraisemblable que, légalisée, le « choix » de l’euthanasie se transformerait en pression sociale qui se présenterait sous la forme d’une aspiration à l’exemplarité. Or, comme le rappelle Paul Ricot, « Le contraire exact de l’autonomie n’est pas la dépendance mais l’hétéronomie, c’est-à-dire la soumission à une autorité extérieuree [9]». De même que des gens modestes finissaient au bout d’une existence d’efforts acharnés à se faire ériger un monument funéraire les plaçant post-mortem au-dessus de leur condition, les titulaires d’une vie ordinaire, souvent les moins armés socialement pour prendre du recul vis-à-vis d’une imprégnation culturelle alimentée par des leaders d’opinion, pourraient être tentés de s’approprier l’aspiration à une fin d’existence exemplaire censée leur assurer le quart d’heure de célébrité promis par Andy Warhol à chacun d’entre nous au moins une fois dans sa vie. Mourir « avec du sens » reviendrait au final à élever sa condition pour assimiler sa vie à celle de ceux qui font l’histoire… ou l’air du temps.


Aussi éphémère, sujette à caution et critiquable que cette « notoriété » puisse être, elle pourrait devenir très attractive pour beaucoup d’entre nous, familiarisés à suivre le mouvement des idées et des comportements. Les plus modestes en viendraient à se persuader qu’en souscrivant à la nécessité de l’euthanasie – présentée comme un attrait – ils s’offriraient le suicide de Sénèque et s’élèveraient ainsi à la condition de ceux à qui ils aspirent à ressembler. L’envie suscitée par les pratiques supposées d’une classe, le désir de s’y assimiler en l’imitant, établiraient un nouveau marqueur de distinction sociale, le plus terrible d’entre tous puisque fondé sur l’interruption de la vie elle-même.


Pour que les plus nombreux s’approprient l’idée de l’euthanasie cependant qu’une élite y échapperait, encore faut-il que l’image de la mort se métamorphose dans l’esprit du plus grand nombre. C’est à la lumière de cet impératif qu’il faut observer la magnification de la mort actuellement à l’œuvre dans notre société. La mort idéale doit faire sens désormais. Puisqu’on ne peut dépasser notre mort, il faut que notre mort nous dépasse. Comme si une mort sans éclat entachait une vie du stigmate de la banalité et que l’empreinte laissée sur les autres, particulièrement les proches, dépendait de la façon dont l’existence s’achève. Au contraire, s’accorder une « bonne » mort – une mort choisie, militante, revendicative – donnerait l’accès à un club fermé, celui de ceux qui refusent le caractère socialement niveleur du décès : « Tous égaux devant la mort, par défi à l’ordre inégalitaire de la naissance, de la richesse, du pouvoir » notait Jean Baudrillard [10].


L’histoire a pourtant montré que ce ne sont pas ceux qui ont le plus parlé du suicide, ou posé publiquement la question de son opportunité, qui l’ont mis en pratique [11]. Les suicides « philosophiques » ont été et sont encore très rares, souvent les auteurs concernés tournent en tous sens une question dangereuse, qu’ils désamorcent par là pour leur propre compte en l’épuisant par le débroussaillage du champ infini des hésitations qui lui sont liées ; le problème est que leur réflexion a pu être fatale à d’autres, davantage portés à l’action qu’à la méditation. Il pourrait en être ainsi de l’euthanasie, la capacité de faire miroiter cette perspective dangereuse devenant le privilège d’une élite, cependant que le passage à l’acte échoirait à une majorité désireuse de s’identifier à cette dernière. Une éventuelle légalisation/dépénalisation de l’euthanasie risquerait donc de provoquer une régression collective, en soumettant les moins armés socialement à une pression à l’abrègement de leur existence cependant que les plus nantis s’offriraient une vie prolongée.

 

La mort, un phénomène social


C’est à ce titre qu’il faut considérer que la mort est aussi un phénomène social. La question de la légalisation de l’euthanasie renvoie directement au débat fondamental quant au caractère individuel ou collectif de la mort : cette dernière relève-t-elle exclusivement d’une décision individuelle ou bien concerne-t-elle aussi la communauté d’appartenance de la personne concernée ? Tout l’enjeu au fond se résume dans l’articulation, l’opposition souvent, entre « ma » mort et « la » mort, entre une appréhension strictement individuelle de la fin de l’existence et la dimension collective que recèlerait chaque décès individuel.


L’une des observations à l’origine de la sociologie a été de démontrer que le suicide est la preuve de l’existence d’un corps social, dont la fin prématurée de certains de ses membres est la manifestation de la propension collective au décès qui s’exprime par ces derniers. C’est l’argument avancé par Émile Durkheim, selon qui : « Chaque société est prédisposée à fournir un contingent déterminé de morts volontaires [12]. » Pour lui, la fin anticipée d’un être humain est le produit de causes individuelles et sociales. Il ne nie pas que les morts volontaires ressortissent aussi à des causes strictement individuelles, mais il démontre que – contrairement à ce qui est communément affirmé – ces causes n’en sont pas les déterminants mais des facteurs qui rendent plus sensibles les « suicidants » à une tendance sociale au suicide. Selon Durkheim, une personne ne met pas fin à ses jours en raison de son état psychologique mais cet état psychologique la rend plus réceptive aux facteurs sociaux favorisant le suicide : ce dernier est donc moins une affection individuelle qu’un symptôme social. Il existe donc une inclination collective au suicide dont procèdent les tendances individuelles et pas l’inverse : ce n’est pas l’agrégation des tendances individuelles qui détermine la tendance collective.


À la lumière des enseignements tirés par Durkheim de ses observations, on est en droit de se demander si l’exigence de légalisation de l’euthanasie relève bien d’une aspiration à l’exercice ultime de l’autonomie de la personne humaine – comme il l’est affirmé par ses promoteurs – ou si l’on ne peut pas plutôt y voir l’expression d’un positionnement collectif vis-à-vis de la mort qui s’exprimerait, notamment, par le biais des malades en fin de vie. Alors que ses partisans la présentent comme l’aboutissement ultime de la liberté de chacun sur lui-même, la revendication pour la légalisation de l’euthanasie ne serait au fond que l’expression d’une évolution du comportement social à l’égard de la mort volontaire. Ainsi que l’avait noté Durkheim : « Un des éléments constitutifs de tout tempérament national consiste dans une certaine façon d’estimer la valeur de l’existence [13].» Toute la différence avec l’époque à laquelle Émile Durkheim a écrit Le suicide tient dans l’extraordinaire développement des moyens de communication qui contribue à l’évolution rapide de l’opinion publique sur un sujet : la puissance, l’effet massif de la diffusion médiatique, peut faire basculer le consensus social à partir d’un de ces cas emblématiques et déchirants de demande d’euthanasie qui ponctuent la vie sociale.


Il faut noter que la vision contemporaine de la mort, la quête de sens qui sous-tend les demandes en faveur de la légalisation de l’euthanasie, ne sont pas détachables des aspirations et de la posture historique d’une génération qui s’est forgée dans la remise en cause de l’ordre établi. Arrivée à l’âge mûr, aux portes de la vieillesse, la génération du Baby boom, celle des leaders d’opinion actuels, dont le positionnement empreint fortement le discours ambiant, aspire à faire de la fin de l’existence davantage que ce qui a prévalu jusque-là : de la révolution jusqu’à la mort, on est ainsi passé à la révolution jusque dans la mort, au motif mille fois répété qu’il est « Interdit d’interdire ». La bonne mort, celle que célèbrent les partisans de l’euthanasie, est parvenue à s’imposer comme un marqueur du progrès social qui rejette ses opposants dans le camp du conservatisme. Les partisans de la légalisation inscrivent d’ailleurs explicitement leur démarche dans le droit fil de la revendication pour la légalisation de l’avortement, en l’adossant aux mêmes arguments : autonomie de la personne sur son propre corps ; pratique déjà entrée dans les mœurs et – illégalement – dans les faits ; inégalité sociale entre celles qui pouvaient avorter dans des conditions dignes et les plus nombreuses renvoyées à des conditions parfois barbares. Le débat sur l’euthanasie opposerait le camp du progrès à celui du conservatisme alors qu’on l’a vu, les tendances démographiques exposeraient davantage les plus modestes à une fin de vie prématurée.


La légitimité d’une tendance sociale, telle qu’elle se dessine par exemple dans l’opinion des Français à l’égard de l’euthanasie, doit s’interpréter à la lumière de l’influence de l’imitation sur les comportements individuels. Or, en raison d’un système médiatique développé et omniprésent, jamais sans doute l’opinion générale n’aura eu autant d’influence sur nous. Tocqueville avait déjà noté qu’en démocratie le rapprochement des situations sociales avait comme double effet d’amoindrir la confiance des individus les uns envers les autres et d’accroître d’autant la foi qu’ils ont dans le jugement collectif : « Dans les temps d'égalité, les hommes n'ont aucune foi les uns dans les autres, à cause de leur similitude ; mais cette même similitude leur donne une confiance presque illimitée dans le jugement du public ; car il ne leur paraît pas vraisemblable qu'ayant tous des lumières pareilles, la vérité ne se rencontre pas du côté du plus grand nombre [14]. »





La confrontation de chacun avec la mort ne relève pas exclusivement d’une destinée personnelle, d’un libre arbitre qui s’exercerait en dehors de tout contexte social. Le droit censément absolu de décider individuellement de sa vie et de sa mort, tel que revendiqué par les partisans de l’euthanasie, ne correspond en rien à une réalité. Notre droit et notre organisation sociale sont fortement structurés autour de la limitation de la capacité de chacun de disposer comme il l’entend de son corps, de sa vie : on n’a pas le droit de se battre en duel ; la liberté des femmes d’avorter est strictement encadrée ; on ne peut donner un de ses organes qu’après un long parcours administratif ; la participation à des essais thérapeutiques cliniques est drastiquement encadrée.


La procréation et la gestation pour autrui, quant à elles, sont également interdites depuis la loi de bioéthique de 1994, la femme ne disposant pas totalement de son corps, y compris dans une dimension aussi personnelle que celle de l’acte de porter un enfant. La liberté qu’a chacun de disposer de son corps est donc circonscrite, personne n’est en droit de se sacrifier au bénéfice d’autres, proches ou non, et encore moins en vertu d’une quelconque conception particulière du bien commun.


La légalisation de l’euthanasie instaurerait donc la plus terrible des injustices sociales. Alors que ses partisans la présentent comme une avancée sociale, l’ultime aboutissement de la maîtrise de l’homme sur son corps, sur sa destinée, qu’ils inscrivent leur revendication dans la lutte du camp du progrès contre celui du conservatisme, la réalité du vieillissement fait que ce serait les populations les moins favorisées socialement qui y seraient le plus exposées.


Loin d’être une conquête sociale, l’euthanasie serait plutôt la résurgence sous une forme moderne d’une pratique ancestrale caractéristique des économies de subsistance où la pénurie alimentaire appelait à la mort anticipée des moins productifs. Être soumis à l’impératif culturel de solliciter une euthanasie quand les conditions « objectives » seraient réunies conduirait à l’émergence d’une barbarie sociale au sein même des sociétés les plus avancées.

Notes de bas de page :

 

[1] Émile Durkheim, Le suicide, Paris, Presses universitaires de France, 1930.

[2] Sondages réalisés par la SOFRES pour le compte de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD).

[3] Christian Monteil, Isabelle Robert-Bobée, « Les différences sociales de mortalité : en augmentation chez les hommes et stables chez les femmes », INSEE Première, n° 1025, juin 2005.

[4] Emmanuelle Cambois, Caroline Laborde, Jean-Marie Robine, « La "double peine des ouvriers" : plus d’années d’incapacité au sein d’une vie plus courte », Population et Sociétés, n° 441, janvier 2008.

[5] Incapacités dites de type I : difficulté à voir de près, à entendre, à marcher, à se pencher ou à utiliser ses mains et ses doigts.

[6] Marion Devaux, Florence Jusot, Alain Trannoy, Sandy Tubeuf, « La santé des seniors selon leur origine sociale et la longévité de leurs parents », Économie et Statistique, n° 411, septembre 2008, p. 25-46.

[7] Catherine Beaumel, Mauricette Vatan, « La situation démographique en 2006 », INSEE Résultats, n° 84, série société, août 2008.

[8] Cour des comptes, Les personnes âgées dépendantes, Rapport public particulier, novembre 2005.

[9] Paul Ricot, Philosophie et fin de vie, Rennes, Éditions de l’École nationale de la santé publique, 2003, p. 39.

[10] Jean Baudrillard, L’échange symbolique et la mort, Paris, Gallimard, 1976, p. 223.

[11] Georges Minois, Histoire du suicide : la société occidentale face à la mort volontaire, Paris, Fayard, 1995.

[12] Émile Durkheim, Le suicide, Paris, Presses universitaires de France, 2007, p. 15.

[13] Émile Durkheim, Le suicide, Paris, Presses universitaires de France, 2007, p. 229.

[14] Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, tome II, Paris, Gallimard, 1961, p. 18.

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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 16:41

Les compliments qui accompagnent le décès de Monseigneur Lustiger s'expliquent sans nul doute par sa personnalité exceptionnelle et son rang dans l'Eglise catholique. Ils viennent aussi pour beaucoup du fait qu'il est né juif et s'est toujours déclaré comme tel, y compris au faîte de sa carrière ecclésiastique.

Ce dernier point fait de lui non pas une exception singulière au regard du dogme catholique mais l'accomplissement du parcours recommandé à chaque Juif par l'Eglise. Le christianisme est issu du judaïsme, à l'origine il n'en est qu'une composante. En plein essor, cette nouvelle religion a voulu s'affranchir de cette tutelle en proclamant que le judaïsme n'avait plus de raison d'être puisque désormais transformé en christianisme. C'est ce que Léon Poliakov décrivait dans son aphorisme : "L'origine de la haine, c'est la haine de l'origine." La haine envers les Juifs provient moins de l'accusation de déicide que du désir d'effacer l'origine juive du catholicisme.

Le prosélytisme catholique s'adressa donc prioritairement aux Juifs, par la force le plus souvent : la conversion ou la mort, comme pour effacer le péché originel du catholicisme. D'où l'ambiguité de la phrase de Jean-Paul II à l'adresse des Juifs : "Vous êtes nos frères ainés, nos frères aimés." Cette filiation pourrait tout aussi bien signifier que le judaïsme est une branche morte du catholicisme.

C'est à cette aune qu'il faut juger le positionnement de Jean-Marie Lustiger, son action pour le rapprochement entre judaïsme et catholicisme, l'hommage quasi national qui lui est rendu. Devenir catholique sans cesser d'être juif c'est au fond l'incitation séculière de l'Eglise à l'endroit des Juifs : abjurez votre foi puisqu'elle n'a plus de raison d'être. Le messie dont vous attendiez l'arrivée est enfin venu : c'est le Christ. Ce qu'on reproche religieusement aux Juifs, c'est justement de maintenir que le messie n'est pas arrivé, de refuser de voir en Jésus le messie des Juifs.

Jean-Marie Lustiger demeure un homme exceptionnel ; l'ambiguité de son positionnement religieux ne se dément pas pour autant.

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26 juin 2007 2 26 /06 /juin /2007 09:40

Le traitement médiatique différencié entre la situation d'Ingrid Bétancourt et celle de Gilad Shalit est saisissant. L'une a droit à une couverture médiatique exceptionnelle - rappels incessant de sa situation sur les grands médias, colloques, concerts, parainages de chanteurs, visites de la famille à l'Elysée ; l'autre demeure dans l'anonymat, à l'exception du rappel du premier anniversaire de sa détention.

Pourtant la similarité de leur condition saute aux yeux. Tous deux ont la double nationalité - franco-colombienne pour elle, franco-israélienne pour lui : en d'autres termes, Gilad Shalit est tout aussi Français que l'est Ingrid Bétancourt. On pourrait imaginer que le fait qu'il soit soldat dans l'armée israélienne introduise une distance fonctionnelle qui lui donnerait un statut particulier. Mais faut-il rappeler qu'Ingrid Bétancourt était candidate à l'élection présidentielle colombienne ? Difficile d'imaginer plus grand distance avec la France. Serait-ce alors parce qu'en tant que soldat Gilad Shalit prendrait des risques qui amodieraient son statut d'otage ? Mais Ingrid Bétancourt a pris des risques démesurés (pour ne pas dire démagogiques) en s'aventurant dans une zone totalement contrôlée à l'époque par les guérilleros du FARC, dans le but de donner un écho médiatique à sa campagne électorale.

Non, Ingrid Bétancourt et Gilad Shalit sont dans une situation quasi identique, mais ne bénéficient pas du même soutien. Rares sont les commentateurs à parler du soldat "franco-israélien" ; imagine-t-on décrire Ingrid Bétancourt comme une "otage colombienne" ? La différence fondamentale entre les deux otages est que l'un est israélien et juif. Cela suffit sans doute aux yeux de beaucoup à dévaloriser sa condition d'otage.

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25 juin 2007 1 25 /06 /juin /2007 15:06

La séquence électorale, qui vient de s'achever avec le second tour des élections législatives, a été l'occasion de voir se répandre la crainte de l'élimination de tout contre-pouvoirs en France si une trop forte majorité UMP se dégageait à la chambre basse.

Cet argument à de quoi surprendre dans la mesure où le problème de la France semble être davantage l'excès que la carence de contre-pouvoirs. La presse, certes, n'en fait pas ou peu office dans notre pays. Contrairement à la plupart des pays développés comparables, les médias français sont pro-cycliques, s'inscrivant dans une communauté de gestion avec le pouvoir en place - attitude sans doute expliquée par la promiscuité entretenue entre les deux mondes.

En revanche, d'autres contre-pouvoirs, puissants et organisés, existent en France alors qu'on n'observe pas une telle configuration ailleurs. Les organisations syndicales - "ouvrières" ou étudiantes - forment ainsi une force qu'aucun gouvernement ne peut mésestimer : pour avoir voulu le faire, Dominique de Villepin à obéré toutes ses chances dans la course présidentielle. Si la presse est ordinairement qualifiée de "4ème pouvoir", pour faire pendant aux trois premiers (législatif, exécutif, judiciaire), alors les syndicats forment un 5ème pouvoir en France.

En 1995, à peine nommé par le président nouvellement élu, le gouvernement Juppé s'est fracassé sur les grandes grèves de l'automne, lui interdisant de faire adopter la réforme des régimes spéciaux de retraite. Nul doute que, dans une situation comparable - pour ne pas dire identique - Nicolas Sarkozy fasse preuve de la plus extrême prudence avant que d'exciper de sa légitimité fraîchement acquise pour faire adopter des réformes qui heurteraient le 5ème pouvoir. Après sa campagne tonitruante, la prudence - la pusillanimité presque - avec laquelle il tente de convaincre du bien-fondé de ses propositions de réformes atteste de l'existence d'un contre-pouvoir puissant, bien au-delà des chiffres d'affiliation syndicale : le 5ème pouvoir.

Autre contre-pouvoir, le pouvoir économique, le 6ème pouvoir. L'insuffisance de titres de journaux, d'actionnaires de presse, la consanguinité des conseils d'administration, la porosité entre monde économique et monde administratif (l'ENA est considérée par beaucoup comme une Business School à l'anglo-saxonne), tout concourt à donner aux grands dirigeants économiques français une maîtrise des médias sans doute sans équivalent dans le monde occidental.

L'existence de contre-pouvoirs est consubstantielle de la démocratie. Pour reprendre l'aphorisme célèbre de Montesquieu : "Seul le pouvoir arrête le pouvoir." Dit autrement, il est stérile de compter sur les vertus personnelles pour dissuader d'abuser d'un pouvoir, tant l'attrait est grand de le faire. A l'inverse, une présence omnipotente des contre-pouvoirs finit par vider de sens le processus démocratique : à quoi bon désigner des représentants à la majorité si des minorités agissantes peuvent faire en sorte que le programme sur lequel l'équipe nouvellement élue s'est fait désigner est inapplicable ? Il en va ainsi de la réforme Juppé sur les régimes spéciaux de retraite, de la réforme de la gouvernance des universités du gouvernement Fillon, comme de la réforme de l'Ecole libre du gouvernement Mauroy.

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22 juin 2007 5 22 /06 /juin /2007 10:56

Les échos journalistiques qui entourent le film Lady Chatterley forment l'illustration saisissante des dérives du pouvoir médiatique. Voilà un film d'un manque d'intérêt qui stupéfie le spectateur : longue, vide, anachronique, la version passée dans les salles a barbé tous les gogos qui se sont laissés attrapés par les critiques élogieuses.

Car voilà le mystère, ce film a été encensée par la critique. Cette régurgitation de fantasmes d 'adolescent des années 1960 a séduit les professionnels du commentaire pour les mêmes raisons qui ont pétrifié ceux qui acquittent leur place : la lenteur et l'ennui.

C'est la raison pour laquelle, apprendre l'existence d'une version longue ne peut que frapper de stupeur ceux qui ont déjà enduré la version "courte". Il faudrait faire une enquête par sondage après la projection des deux  parties sur Arte : qui, honnêtement... franchement... oui, vraiment, qui a réellement pu assister au pensum jusqu'au bout ?

Le plus incroyable encore, est que la réalisatrice - Pascale Ferran - s'est indignée lors de la dernière cérémonie des Césars de l'absence de soutien et de subventions dont souffrent les films comme le sien. C'est soit faire preuve d'un culot monstre, soit d'aveuglement. Le cinéma français est justement affligé de ces productions cinématographiques qui n'ont pas besoin de spectateurs, ayant atteint leur équilibre financier avant même que d'être sorti. Avec les subventions publiques et le soutien des chaînes de télévision, la présence du spectateur dans les salles de cinéma devient superfétatoire. Sans un battage médiatique éhonté, Lady Chatterley n'aurait fait que quelques milliers d'entrée payantes ; Pascale Ferran devrait plutôt s'en féliciter que de se plaindre encore du manque de soutien qu'elle aurait prétendument subi.

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21 juin 2007 4 21 /06 /juin /2007 11:15

L'avantage du mode de scrutin à l'oeuvre pour les élections législatives en France est que - contrairement à ce qui est souvent avancé - il n'est pas brutal mais qu'il contraint aux alliances et aux compromis. Le Parti communiste a ainsi longtemps pu obtenir un nombre de députés largement supérieur à ce que ses résultats électoraux lui promettaient grâce à son alliance électorale avec le Parti socialiste. Les accords réciproques de désistement lui permettaient ainsi de "surnager" électoralement.

Le corollaire de ce principe est qu'il faut négocier, s'inscrire dans une logique d'alliance, et pas dans une positionnement de superbe isolement, arquebouté sur des principes ou sur des ambitions. C'est ainsi que les parti gauchistes n'obtiennent aucun député en dépit de résultats électoraux conséquents ; c'est également l'absence d'alliés qui fait que le Front national n'en a pas non plus. C'est donc l'extrêmisme des prises de positions qui exclut, et pas le mode de scrutin.

On peut voir une preuve de cette logique dans les résultats de l'UDF aux élections législatives récentes : l'absence de stratégie d'alliances a fait que ce parti doit obtenir sans cesse plus d'électeurs par député élu.

En 1993, avec 5 188 196 voix au premier tour, soit 4,7 % des suffrages exprimés, il a obtenu 213 députés - soit 24 358 voix par députés. En 1997, avec 8 323 177 voix (20,77 % des suffrages exprimés), il a obtenu 113 députés - soit 47 108 voix par députés. En 2002, les 1 226 462 voix recueillies (4,85 %) on permis à l'UDF d'avoir 23 députés à l'Assemblée nationale - soit 53 324 voix par député. En 2007, enfin, les 2 011 845 voix obtenues par le MoDem (7,73 % des suffrages exprimés au premier tour) ne lui ont permis d'obtenir que 4 députés, soit 502 961 voix par députés !

C'est bien l'incapacité de François Bayrou à nouer des alliances qui a conduit le parti qu'il dirige à cette extraordinairement médiocre "rentabilité" des voix obtenues. Avec seulement 1 point de plus obtenu en termes de voix, le Parti communiste dispose de presque 4 fois plus de députés que le MoDem.

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20 juin 2007 3 20 /06 /juin /2007 14:09

La femme du juge Borel, décédé à Djibouti dans des conditions douteuses, est l'exemple éclatant et admirable de la volonté personnelle. En dépit des obstacles judiciaires (les autorités juridiques françaises s'arqueboutaient sur la thèse du suicide) et politiques (le président Chirac aurait fait en sorte que Djibouti recoive le dossier d'instruction), et du risque potentiel de sa démarche pour sa propre personne, elle n'a jamais baissé les bras.

Et elle a obtenu gain de cause : le parquet vient de considérer que le juge Borel est mort assassiné, ce qu'elle proclamait depuis son décès. Qui d'entre nous pourrait raisonnablement affirmer qu'il poursuivrait pendant plus de quinze ans un combat manifestement aussi disproportionné ? Belle leçon à retenir, chapeau bas !

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15 juin 2007 5 15 /06 /juin /2007 18:04

Une fois de plus, le peuple palestinien est affranchi de toute responsabilité dans ce qu'il lui arrive. Les commentaires actuels sur le coup d'Etat islamiste dans la bande de Gaza vont - presque - tous dans le même sens : on aurait là la conséquence de la conjonction de l'impéritie américaine et du machiavélisme, pour ne pas dire de la perversité, israélienne.

Pourtant, ce qui se passe aujourd'hui à Gaza est bien le résultat d'un choix stratégique opéré par Arafat après la signature des accords d'Oslo, prélude à la reconnaissance mutuelle d'Israël et de l'OLP. Alors que les israéliens, et au premier chef leurs intellectuels, se sont exaltés à l'idée d'une paix prochaine, l'Autorité palestinienne nouvellement érigée s'est appliquée à endoctriner les plus jeunes dans la perspective de la pérenité de la lutte palestinienne. A tel point que de nombreuses voix se sont élevées face à la propagande véhiculée par les manuel scolaires palestiniens.

Les extrêmistes d'aujourd'hui sont les enfants palestiniens scolarisés au milieu des années 1990, chauffés à blanc contre l'ennemi juif, à chasser par tous les moyens de la terre sacrée. Alors que les mentalités israéliennes évoluait, Arafat ne traitait la paix que comme une trève. Le peuple palestinien en paye le prix aujourd'hui. Qui pourrait raisonnablement exiger d'Israël de passer des compromis avec les dirigeants palestiniens ? Et quels dirigeants ? De quelle partie du peuple palestinien ? Reconnu sur quelle portion de territoire ?

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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 16:38

Les développements récents de l'histoire soulignent à quel point les erreurs et les errements de dirigeants peuvent coûter cher au peuple qu'ils sont chargés de conduire. A cette aune, Slobodan Milosevic et Yasser Arafat sont respectivement les fossoyeurs du projet national serbe et du projet national palestinien.

C'est bien la sauvagerie, la barbarie dans certaines circonstances, des nationalistes serbes qui a conduit la communauté internationale à intervenir dans l'ex-Yougoslavie. La constellation de communautés dispersées sur le territoire de l'ancienne fédération rendait impossible une scission apaisée entre les différentes Républiques la composant. La communauté internationale aurait très certainement fermé les yeux sur une guerre qu'elle jugeait inévitable : on peut en voir la preuve dans l'extrême réticence qu'elle a mis à intervenir. Mais la façon dont cette guerre a été menée, le siège de Sarajevo, les massacres de Srebrenica, la politique de viols systématiques, l'épuration ethnique au Kosovo, l'horreur aux portes de l'Europe réconciliée, ont monté l'ensemble du monde civilisé contre le régime serbe.

Slobodan Milosevic tient une part prépondérante dans cette politique du pire qui, outre soulever le coeur, a conduit la Serbie à perdre jusqu'au Kosovo - berçeau de l'identité serbe. Les erreurs et les errements de Milosevic ont conduit la Serbie à se réduire à elle-même, dépouillée du Kosovo et bientôt du Monténégro.

Quant à Yasser Arafat, comment ne pas songer à son refus de la proposition d'Ehoud Barak, alors premier ministre d'Israël ? A Camp David, réunis à l'initiative de Bill Clinton en fin de mandat, Ehoud Barak a tenté le tout pour le tout pour obtenir un accord de paix - et ainsi gagner l'élection législative dans son pays. Israël et les communautés juives de par le monde se sont pétrifiées à l'énoncé des concessions envisagées par Barak en échange d'un traité de paix : restitutions croisées de territoires ; Jérusalem comme capitale de l'Etat palestinien ; souveraineté palestinienne sur les Lieux saints de Jérusalem. Mais visiblement ce n'était pas suffisant pour Arafat. Son incompréhension, réelle ou feinte, du fait israélien et du fait juif a été lourde de conséquences... pour le peuple palestinien.

Comment ne pas être stupéfait quand, dans une interview réalisée juste après Camp David, il déclare - hilare - refuser la souveraineté d'Israël sur le Mur des Lamentations, alors qu'on vient de lui offrir la souveraineté sur l'Esplanade des Mosquées, au motif que personne n'accepterait de concéder les fondations de sa maison... Aujourd'hui, quand on voit l'état du projet national palestinien miné par les dissensions, la société palestinienne s'engager inéluctablement dans la guerre civile, il est difficile de ne pas être frappé par le manque de clairvoyance du leader historique de la cause palestinienne, et des conséquences de son aveuglement.

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6 juin 2007 3 06 /06 /juin /2007 18:34

Dans son édition datée du 6 juin 2007, le journal Le Monde a publié un long portrait du cinéaste Raphaël Nadjari, signé par Jacques Mandelbaum, critique cinématographique qui s'était déjà distingué en considérant sur quatre colonnes Lady Chatterley comme un chef d'oeuvre...

On ne peut mettre en doute sa cohérence puisque, selon lui, la présentation du dernier film de Raphaël Nadjari dans la compétition officielle du festival de Cannes 2007 : "... couronne un cheminement et une manière de travailler qui sortent très largement du modèle courant." En effet, s'agissant de ce film, il précise un peu plus loin : "Tourné en vingt-deux jours selon une méthode chère au cinéaste (absence de scénario, absence de casting, improvisation des acteurs, fil ténu de l'intrigue)..."

On est rassuré, il existe toujours en France de vrais défenseurs d'une certaine approche de la culture... On peut toutefois se demander, à la lecture de cette description, si Raphaël Nadjari est si original que veut bien le dire Jacques Mandelbaum : on pourrait penser qu'il s'inscrit plutôt dans un vaste courant de créateurs, notamment cinématographiques, dont le festival de Cannes s'est fait le promoteur depuis quelques années.

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